Troubles anxieux et TOC durant la grossesse

Les principaux troubles anxieux au cours de la période périnatale sont les troubles anxieux généralisés et les troubles paniques. Voici quelques éléments pour vous accompagner dans la prise en charge de vos patientes.

Présentation et détection

Les principaux troubles anxieux au cours de la période périnatale sont les troubles anxieux généralisés (TAG) et les troubles paniques (TP).

L’expression de ces troubles présente de nombreux points communs avec les troubles hors périnatalité (espace médecin) mais aussi des particularités.

En prénatal, les 7 consultations programmées du 3e au 9e mois, auxquelles s’ajoute à partir du 4e mois l’entretien prénatal précoce (EPP), sont des occasions de faire de la psychoéducation : rappeler les mesures hygiénodiététiques (voir plus loin) à visée préventive, expliquer à la femme et à son  partenaire les signes de dépression périnatale pour autodépistage et rechercher des facteurs de risque de développement de troubles anxieux.

Les visites de suivi postnatal (sage-femme en PMI ou en libéral, jusqu’au 12e jour du bébé), l’entretien postnatal précoce (EPNP) entre la 4e et la 8e semaine après l’accouchement, la consultation postnatale (6 à 8 semaines après l’accouchement) sont aussi des moments privilégiés pour rechercher les symptômes des troubles anxieux et de la dépression du post-partum qui sont souvent intriqués.

Voici quelques éléments pour vous accompagner dans la prise en charge de vos patientes.

Diagnostic et outils

Voici les facteurs de risque à rechercher dès le début de la grossesse notamment lors de l’entretien prénatal précoce :

  • antécédents de trouble psychiatrique, en particulier de troubles anxieux, de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou de dépression, au cours des grossesses précédentes ou en dehors ;
  • survenue d’événement particulièrement stressant ;
  • antécédents de traumatisme, en particulier d’abus sexuels ;
  • précarité, faible support social ;
  • problèmes médicaux du fœtus ou de la mère ;
  • tabac et café.

Les particularités des troubles anxieux dans le cadre de la périnatalité peuvent être :

  • anxiété excessive et anticipatoire autour de la grossesse, du fœtus, du bébé, de la capacité à être mère ;
  • état d’hypervigilance ;
  • troubles du sommeil et de la concentration ;
  • importance des symptômes physiques (douleurs, céphalées notamment) ;
  • tendance au repli sur soi ;
  • intrication forte avec la dépression périnatale ;
  • continuum entre le pré et le post-partum ;
  • risque d’abus d’alcool/substances illicites pour contrer les symptômes anxieux.

Il n’existe pas à ce jour de questionnaire validé pour la périnatalité mais les items 3 à 5 de l’autoquestionnaire Edinburgh depression post-partum scale (EDPS) permettent de coter un sous-score de l’anxiété avec une limite à 4 ou 6.

Les particularités des TOC dans le cadre de la périnatalité sont les suivantes :

  • durant la grossesse : crainte de contaminer son bébé avec compulsion de lavage et d’évitement ;
  • dans le post-partum : craintes de faire du mal à son bébé : phobie d’impulsion avec peur irrationnelle de commettre des actes violents ou irrémédiables ; compulsions mentales (répétition de mots, vérifications).

Une fois le diagnostic suspecté, une confirmation par un médecin est nécessaire, pouvant être basée sur les critères proposés par le DSM-5 (1).

Hygiène de vie

Les mesures hygiénodiététiques suivantes sont conseillées et peuvent être mises en place sans attendre la confirmation diagnostique :

  • préservation du sommeil : les troubles du sommeil durant la grossesse gagnent à faire l’objet d’une évaluation spécifique (avec l’agenda du sommeil par exemple téléchargeable sur le site reseau-morphee.fr) pour permettre de caractériser les troubles et de proposer des mesures hygiénodiététiques en première intention avant de prescrire toute molécule ;
  • lutte contre l’isolement ;
  • bon équilibre alimentaire et zéro alcool (espace assuré) ;
  • zéro tabac ;
  • pratique régulière d’une activité physique adaptée (espace assuré).

Accompagnement psychologique

La psychothérapie est recommandée, quelle que soit la sévérité des troubles anxieux.

Elle peut être la seule prise en charge dans des troubles anxieux légers à modérés. Elle peut être mise en place d’emblée également sans attendre la confirmation diagnostique par le médecin, le psychologue devant réaliser un bilan initial.

Depuis avril 2022, les patients en souffrance psychique d’intensité légère à modérée peuvent bénéficier du dispositif Mon soutien psy avec des séances auprès d’un psychologue conventionné. Ces séances sont remboursées par l’Assurance Maladie.
En accord avec la patiente, vous pouvez lui proposer de suivre des séances d’accompagnement psychologique (12 au maximum) avec un psychologue conventionné. Télécharger le courrier d’adressage (PDF) (en cours d’élaboration pour les sages-femmes).

Consulter l’annuaire des psychologues conventionnés sur monsoutienpsy.ameli.fr.
En savoir plus sur Mon soutien psy.

Le recours à des psychologues peut également se faire en libéral, annuaires nationaux disponibles sur sante.fr ou au sein de PMI, annuaire PMI accessible sur allopmi.fr.

Recours au médecin généraliste ou au psychiatre

En pratique, si des troubles anxieux sont mis en évidence, il faut parallèlement à la mise en place de la psychothérapie, adresser la patiente à un médecin pour confirmer le diagnostic, évaluer la sévérité et déterminer l’indication d’un traitement médicamenteux complémentaire.

Les coordonnées de médecins généralistes ou psychiatres en libéral ou au sein de CMP sont disponibles sur sante.fr.

Vous pouvez aussi consulter les professionnels et offres de soins près de chez vous, pour cela vous pouvez vous reporter à la rubrique « Près de chez vous ».

Traitements médicamenteux

Il est important d’attirer l’attention du médecin sur la grossesse ou l’allaitement en cours pour une adaptation optimale du traitement.

(1) Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5th.

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