Accompagnement avec un psychologue conventionné : Mon soutien psy

Les patients de plus de 3 ans (enfants, adolescents et adultes) en souffrance psychique d’intensité légère à modérée peuvent bénéficier, dans le cadre du dispositif Mon soutien psy, de séances avec un psychologue conventionné, remboursées par l’Assurance Maladie, dans le cadre d’un parcours de soins sur adressage d'une sage-femme ou d'un médecin.

L’arrêté du 8 janvier 2024 ouvre aux sages-femmes la possibilité d’orienter vers un psychologue leurs patients. En cas d’interruption de grossesse, le ou la partenaire de la personne qui a consulté, peut également faire l'objet d'un adressage par la sage-femme (1).

En pratique, en fonction de l’état de santé de la personne, et en accord avec elle, la sage-femme peut lui proposer de suivre des séances d’accompagnement psychologique (8 au maximum) avec un psychologue conventionné. Ce dispositif peut notamment bénéficier aux publics qui ne pouvaient pas auparavant accéder à l’accompagnement psychologique pour des raisons financières.

Situations de prises en charge par une sage-femme

Le dispositif Mon soutien psy s’adresse aux patients en souffrance psychique d’intensité légère à modérée. Si la sage-femme repère une souffrance psychique chez l’un de ses patients elle peut lui proposer de bénéficier d’un accompagnement psychologique réalisé par un psychologue partenaire du dispositif tout en restant dans le cadre d’une coordination avec le médecin traitant si le patient en est d’accord.

Les situations de repérage dans le cadre de l’exercice de la sage-femme peuvent être :

  • les consultations dédiées à la santé sexuelle ;
  • les suites d’une interruption de grossesse (qu’elle soit spontanée ou provoquée, quel que soit le terme de la grossesse) pour la personne et son partenaire ;
  • le suivi de grossesse ;
  • le postpartum.

La prise en charge psychologique est préconisée comme solution de première intention pour les troubles d’intensité légère à modérée et représente une alternative aux traitements médicamenteux.

Actuellement, dans le cadre de ce dispositif, l’orientation par la sage-femme est obligatoire et un accès direct à l’accompagnement psychologique n’est pas possible.

Prévention du suicide

Les patients en situation d’urgence, présentant un risque suicidaire ou avec des critères de gravité) doivent être orientés sans délai vers le psychiatre ou des structures spécialisées.

Il est possible en tant que professionnel de santé de contacter le 31 14 numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7) pour un avis spécialisé pour un de ses patients. Les réponses sont assurées par des professionnels spécifiquement formés (infirmiers ou psychologues) et le Samu en cas de risque vital.

Enfants et adolescents jusqu'à 17 ans inclus

Les critères d’inclusion

Ce dispositif s’adresse notamment aux patients sexuellement actifs, qui présentent une situation de mal-être ou souffrance psychique d’intensité légère à modérée.

Les critères de non-inclusion

Ne sont pas concernés par le dispositif Mon soutien psy :

  • les enfants âgés de moins de 3 ans ;
  • les enfants ou adolescents nécessitant d’emblée un avis spécialisé (psychiatre ou pédopsychiatre) :
    • risques suicidaires ;
    • formes sévères de troubles anxieux ou dépressifs ;
    • troubles du comportement alimentaire avec signes de gravité (voir accordéon) ;
    • situations de retrait et d’inhibition majeures ;
    • troubles neuro-développementaux ;
    • toute situation de dépendance à des substances psychoactives ;
    • troubles externalisés sévères :
      • exclusions scolaires à répétition ;
      • retentissement majeur sur la scolarité et les apprentissages ou sur la vie familiale ;
      • trouble des conduites avec acte légal ou médico-légal (arrestation, condamnation, acte hétéro-agressif…).
  • les enfants et adolescents actuellement en cours de prise en charge en pédopsychiatrie ou psychiatrie ou en affection longue durée (ALD) pour motif psychiatrique (ou dans les 2 ans).

Rappel : signes de gravité des troubles du comportement alimentaire

Les signes impliquant une prise en charge spécialisée d’emblée sont les suivants :

  • variation du poids de plus de 1 kg / semaine depuis quelques semaines ;
  • IMC bas (enfant adolescent : < 3e percentile ; adulte < 17) ;
  • crises de boulimie /hyperphagie ne permettant pas le maintien de l’activité scolaire /professionnelle ou retentissement somatique important ;
  • comorbidité psychiatrique sévère ou risque suicidaire ;
  • complications somatiques du surpoids.

Outils d’évaluation et échelles

Des échelles ou auto-questionnaires (BITTS, ADRS, SDQ) à destination des enfants sont proposés dans un afin de faciliter :

  • la caractérisation initiale ;
  • l’inclusion dans le dispositif ;
  • l’évolution du patient, le cas échéant.

Consentement des parents pour les patients mineurs

Le consentement des titulaires de l'autorité parentale (parents ou tuteur) est nécessaire pour engager un parcours de soins pour un mineur et permettre le partage, entre les acteurs de ce parcours, dans la mesure où ils ont vocation à en connaître, des informations relatives à sa prise en charge en santé mentale. Vous devez rechercher le consentement des 2 titulaires de l’autorité parentale en orientant votre patient mineur vers un accompagnement psychologique.

Si seul un titulaire de l’autorité parentale est présent, vous informez le parent présent qu’il lui incombe de recueillir l’accord de l’autre titulaire de l’autorité parentale. Si l’accord ne peut être obtenu, vous lui demandez d’attester par écrit que l’accord du second parent n’a pu être obtenu pour cause d’impossibilité manifeste pour ce dernier d’être informé et qu’il prend l’entière responsabilité d’accorder seul cette autorisation.

Adultes

Les critères d’inclusion

Le dispositif Mon soutien psy s’adresse aux patients adultes de 18 ans ou plus en souffrance psychique qui présentent :

  • un trouble anxieux d’intensité légère à modérée ;
  • un trouble dépressif d’intensité légère à modérée ;
  • un mésusage de tabac, d’alcool et/ou de cannabis (hors dépendance) ;
  • un trouble du comportement alimentaire sans critères de gravité.

Si votre patient est éligible, mais qu’il est dans une des situations suivantes :

  • traitement par antidépresseurs depuis plus de 3 mois ;
  • traitement par hypnotiques ou benzodiazépines depuis plus d’un mois ;
  • traitement par un autre psychotrope ;
  • patients bipolaires ou borderline sous antiépileptiques

Les critères de non-inclusion

Toutes les situations qui nécessitent d’emblée ou en cours de prise en charge un avis spécialisé par un psychiatre sont exclues du champ de ce dispositif.

Ne sont pas concernés par le dispositif Mon soutien psy :

  • les situations qui nécessitent d’emblée ou en cours de prise en charge un avis spécialisé par un psychiatre, notamment en cas de :
    • risques suicidaires ;
    • formes sévères de troubles dépressifs ou anxieux ;
    • troubles du comportement alimentaire avec signes de gravité (voir plus bas) ;
    • troubles neuro-développementaux sévères ;
    • antécédents psychiatriques sévères dans les 3 ans ;
    • toute situation de dépendance à des substances psychoactives ;
  • les patients actuellement en ALD ou en invalidité pour motif psychiatrique ou en arrêt de travail de plus de 6 mois pour un motif psychiatrique (ou dans les 2 ans).

Accompagnement psychologique pour les étudiants

Les étudiants peuvent également bénéficier de 8 séances gratuites avec un psychologue dans le cadre du dispositif Santé psy étudiant, cumulatives avec les séances de Mon soutien psy. En savoir plus sur le site santepsy.etudiant.gouv.fr.

Rappel : signes de gravité des troubles du comportement alimentaire

Les signes impliquant une prise en charge spécialisée d’emblée sont les suivants :

  • variation du poids de plus de 1 kg / semaine depuis quelques semaines ;
  • IMC bas (enfant adolescent : < 3e percentile ; adulte < 17) ;
  • crises de boulimie /hyperphagie ne permettant pas le maintien de l’activité scolaire /professionnelle ou retentissement somatique important ;
  • comorbidité psychiatrique sévère ou risque suicidaire ;
  • complications somatiques du surpoids.

Outils d’évaluation et d’échelle

Plusieurs échelles (PHQ9, GAD7, CUDIT, AUDIT, Fagerström) sont à votre disposition dans un livret (PDF) (pour l’instant dédié aux médecins et aux psychologues) pour aider à caractériser un trouble psychiatrique d’intensité légère et modérée et les états de souffrance psychique afin de repérer les situations qui ne sont pas inclues du dispositif. Leur utilisation n’est pas obligatoire.

Ces échelles peuvent faciliter les échanges, par un langage commun entre les différents professionnels (médecin, sage-femme, psychologue, psychiatre). Elles vous permettent de caractériser le niveau de trouble initial afin d’en informer le psychologue et pour le psychologue, d’évaluer l’évolution du trouble suite à la prise en charge psychologique.

Le parcours de prise en charge du dispositif Mon soutien psy

L’échange et la concertation entre vous et le psychologue permettent la réussite de la prise en charge de votre patient.

Important : le parcours de prise en charge est le même pour les enfants, les adolescents et les adultes.

Étape 1 : consultation chez la sage-femme et accompagnement du patient vers le dispositif

Vous évaluez l’état de votre patient lors de l’examen clinique.

Si votre patient répond aux critères d’inclusion, vous pouvez lui proposer de bénéficier d’un accompagnement psychologique dans le cadre de ce dispositif. Pour cela, vous lui transmettez :

  • un « courrier d’adressage » (en cours d’élaboration pour les sages-femmes). Ce courrier peut également être rédigé sur papier blanc ou dans le cadre d’une ordonnance. C'est un document administratif nécessaire au remboursement de votre patient par l’Assurance Maladie. Il ne doit contenir aucune information médicale. De plus :
    • le nombre de séances ne doit pas être indiqué sur le courrier d’adressage. C’est le psychologue conventionné qui, en accord avec le patient, propose le nombre de séances nécessaires ;
    • le courrier d’adressage est valable 6 mois.
  • un « courrier d’accompagnement » destiné au psychologue. Ce document a vocation à transmettre au psychologue les éléments du contexte, les éléments cliniques et les motifs de l’adressage et éventuellement les résultats des scores.

L’objectif consiste à concourir à l’amélioration de la prise en charge du patient, en fluidifiant les échanges entre les professionnels impliqués dans son parcours.

Étape 2 : adressage des patients vers les psychologues

Seuls les psychologues ayant signé une convention avec l’Assurance Maladie peuvent participer à ce dispositif.

Pour être éligibles, les psychologues doivent attester d’un parcours en psychologie clinique ou en psychopathologie et remplir les critères suivants :

  • être inscrits au registre ADELI ;
  • être titulaires d’un master en psychologie (ou d’un diplôme de niveau équivalent) ;
  • disposer d’une expérience professionnelle en psychologie clinique ou en psychopathologie de 3 ans minimum.

Les patients pourront trouver les coordonnées des psychologues partenaires dans l'annuaire. L’annuaire est régulièrement actualisé en fonction de l’entrée dans le dispositif de nouveaux psychologues.

Vous pouvez le cas échéant accompagner le patient (ou la famille) dans le choix du psychologue.

En cas de questions de votre patient sur le dispositif (modalités de remboursement, etc.), vous pouvez l’orienter vers la foire aux questions dédiée aux patients disponible dans l'espace assuré d'ameli.

Étape 3 : entretien d’évaluation

Suite à votre adressage, votre patient bénéficie d’une première séance permettant au psychologue d’évaluer la prise en charge nécessaire et les modalités d’accompagnement adaptées (nombre de séances prévisionnels dans la limite d’un entretien et de 7 séances de suivi).

Si le psychologue détecte des indicateurs de gravité ou au moindre doute, il vous en informe afin d’orienter le patient vers une prise en charge plus adaptée.

En pratique, la première séance d’entretien d’évaluation doit permettre de :

  • réaliser une première évaluation de la situation avec le patient ;
  • caractériser les difficultés (l’utilisation d’outils standardisés est encouragée) ;
  • présenter la démarche des séances de prise en charge psychologique au patient ;
  • préciser l’accord du patient.

À l’issue de cet entretien et avec l’accord du patient, un retour d’information écrit favorise la coordination avec la sage-femme, en précisant notamment la pertinence d’un accompagnement psychologique pour ce patient et les modalités de suivi proposées par le psychologue (en particulier, le nombre de séances envisagées).

À ce stade, le patient peut sortir du dispositif pour divers motifs : refus de la prise en charge, apparition de signes de non-inclusion (voir plus haut) ou nécessitant l’intervention d’emblée d’un psychiatre. Le patient bénéficie encore à ce moment du libre choix de son psychologue.

Étape 4 : les séances de suivi

En fonction de l’état de santé du patient et de ses besoins, le psychologue lui propose 1 à 7 séances de suivi. Le psychologue peut proposer au patient de réaliser les séances à distance.

Durant son parcours :

  • le patient peut changer de psychologue partenaire. En revanche, le nouveau psychologue ne pourra pas refaire un entretien d’évaluation, mais pourra réaliser les séances de suivi restantes dans le parcours du patient ;
  • en cas d’amélioration significative ou de disparition des troubles, la prise en charge se termine ;
  • en cas d’apparition de critères de gravité ou d’urgence ou de risque suicidaire, le patient doit être orienté sans délai vers le psychiatre ou des structures spécialisées.

Il est possible en tant que professionnel de santé de contacter le 31 14 numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7) pour un avis spécialisé pour un de ses patients. Les réponses sont assurées par des professionnels spécifiquement formés (infirmiers ou psychologues) et le Samu en cas de risque vital. Suite à la dernière séance de suivi, le psychologue vous adresse, un compte-rendu de fin de prise en charge (modèle en annexe 1) comprenant :

  • le rappel de l’évaluation initiale ;
  • l’état actuel du patient ;
  • l’évolution des scores (si pertinent) ;
  • le nombre total de séances réalisées ;
  • une éventuelle proposition de conduite à tenir en fonction de l’évolution des troubles.

Modalité d’intervention du psychologue

Dans les cas des troubles peu sévères, l’accompagnement psychologique de soutien est recommandé dans la littérature scientifique. L’accompagnement psychologique de soutien représente une forme de thérapie relationnelle basée sur l’empathie, la confiance et le soutien. Celle-ci comprend une dimension d’écoute, de compréhension, de conseil, d’information et d’explication.
Si le psychologue le juge pertinent et selon les souhaits et ressources psychologiques du patient, les séances peuvent prendre la forme d’une psychothérapie brève qui s’appuie sur des modèles de thérapie individuelle, de couple ou plus largement familiale.

Réalisation de séances à distance

Le psychologue peut proposer au patient de réaliser les séances de suivi par vidéotransmission.

La première séance d’entretien d’évaluation est forcément réalisée en présentiel.

Les séances de suivi en vidéotransmission sont réalisées dans des conditions d’équipement, d’accompagnement et d’organisation adaptées aux situations cliniques des patients permettant de garantir la réalisation d’un acte de qualité. Elles doivent également être réalisées :

  • dans des lieux permettant la confidentialité des échanges entre le psychologue et son patient ;
  • dans des conditions permettant de garantir la sécurisation des données transmises (confidentialité, protection des données personnelles, etc.).

Le recours à une séance à distance est à l’appréciation du psychologue, au cas par cas, et relève d’une décision partagée avec le patient.

Dernière étape : la fin de l’accompagnement

À la fin de l’accompagnement, sur la base du compte-rendu qui vous est transmis, vous échangez avec le psychologue. En cas de non-amélioration après les 8 séances, cette concertation intègre un psychiatre pour analyser et réévaluer la prise en charge du patient.

Suite à cet échange, différents cas peuvent se présenter :

  • la nécessité d’une consultation avec un psychiatre (en libéral ou à l’hôpital) pour une évaluation plus approfondie ;
  • la nécessité d’une prise en charge plus adaptée : centre médico-psychologique (CMP), CMP infanto-juvéniles, service de psychiatrie ou pédopsychiatrie, maison des adolescents…;
  • une évolution favorable ne nécessitant pas de nouvel accompagnement psychologique ;
  • un nouvel accompagnement psychologique.

Dans ce dernier cas, vous pouvez réadresser votre patient dans la limite de 8 séances remboursées par année civile.

Tout nouvel adressage, après la réalisation des 8 séances, est ainsi conditionné à l’évaluation des troubles de la personne, ce qui nécessite une concertation entre vous, le psychologue, et après avis psychiatrique formalisé (idéalement une consultation), pour adapter au mieux la prise en charge du patient, et le cas échéant avoir recours à une prise en charge plus spécialisée.
Un nouvel adressage ne peut donc pas être réalisé de façon automatique.
 La personne peut aussi décider de poursuivre avec le psychologue une prise en charge dans un cadre non remboursé. Si celle-ci n’en a pas les moyens, le patient peut être orienté vers une structure hospitalière de type centre médico-psychologique.

Dans quels cas et quand un psychiatre doit-il être sollicité ?

Un avis psychiatrique est sollicité dans les cas suivants :

  • évaluation initiale identifiant un critère de gravité ou de dépendance (voir les critères de non-inclusion décrits avant) ;
  • pour une patient sous traitement psychotrope (hors antidépresseurs depuis moins de 3 mois ou hypnotiques ou benzodiazépines depuis moins d’un mois) ;
  • aggravation en cours de suivi : apparition d’idées suicidaires, de dépendance... ;
  • doute sur la prise en charge thérapeutique ;
  • non-amélioration après 8 séances d’accompagnement psychologique.

Dispositif Mon soutien psy : remboursement des patients

Dans le cadre du dispositif Mon soutien psy, le patient rémunère directement le psychologue après chaque séance ou à la fin de plusieurs séances (selon le choix du psychologue).

Le patient est remboursé par son organisme d’assurance maladie obligatoire (60 % du tarif/séance) et 40 % par sa complémentaire/mutuelle.

Afin d’être remboursé, il transmet à son organisme d’assurance maladie la feuille de soins du psychologue accompagnée du courrier d’adressage de la sage-femme.

Dans quels cas le patient n’a pas besoin d’avancer de frais ?

Votre patient n’avance pas de frais s’il se situe dans une des situations suivantes :

  • bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire ;
  • bénéficiaire de l’Aide médicale d’État (AME) ;
  • soins en lien avec une maladie : affection de longue durée (ALD) ;
  • soins en lien avec une maternité (à partir du 6e mois de grossesse).

En tant que sage-femme, vous précisez sur le courrier d’adressage que votre patient est dans une des 2 dernières situations (des soins en lien avec une maladie, une maternité) et qu’il n’a donc pas à faire l’avance des frais.

Le patient apporte, lors de sa première séance chez le psychologue, son attestation de droits à jour et donne au psychologue le courrier d’adressage de sa sage-femme.

À la fin de chaque séance, le patient signe la feuille de soins.

Le psychologue est rémunéré directement par l’organisme d’assurance maladie du patient.

Tarifs des séances prises en charge par l’Assurance Maladie

Dans le cadre du dispositif Mon soutien psy, le psychologue facture les séances aux tarifs conventionnés et remboursés par l’Assurance Maladie. Aucun dépassement n’est possible.

Taris des séances avec un psychologue
  Nombre maximum de séances Tarifs Code acte pour les séances réalisées en présentiel Code acte pour les séances réalisées à distance
Entretien d'évaluation 1 séance unique 40 € EPP /
Séances de suivi psychologique De 1 à 7 séances (maximum) 30 € APS PSS

 

Une foire aux questions pour tout savoir sur Mon soutien psy

Vous cherchez une information relative à Mon soutien psy ? Consultez la foire aux questions (FAQ) dédiée aux professionnels de santé. Toutes les questions/réponses ne concernent pas directement les sages-femmes.

Orientation du patient

Mon soutien psy est un dispositif de première ligne pour les patients souffrant de troubles psychiques d’intensité légère à modérée (voir « critères d’inclusion »).

En fonction de son état de santé, vous pouvez proposer à votre patient de bénéficier d’un accompagnement psychologique remboursé. En particulier, vous vérifiez l’absence de risque suicidaire et de critères de gravité ou dépendance (voir « critères de non-inclusion »).

Pour adresser votre patient à un psychologue participant au dispositif, vous lui remettez un « courrier d’adressage » (document indispensable pour le remboursement des séances et dont la date doit être antérieure à l’entretien d’évaluation). Vous rédigez aussi un courrier d’accompagnement à destination du psychologue pour lui préciser le contexte, des éléments cliniques et le motif d’adressage. Les modèles de ces 2 courriers sont à votre disposition ou auprès de votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM).

Une brochure d'information est à remettre à votre patient. Ce document permet d'apporter des informations pratiques au patient sur le parcours de soins pris en charge par l'Assurance Maladie. Des exemplaires vous sont fournis par votre CPAM.

Votre patient est libre de choisir son psychologue sur la liste des psychologues conventionnés participants au dispositif Mon soutien psy. Muni du courrier d’adressage, il peut contacter ce psychologue partenaire directement.

Pour rappel, dans le cadre de ce dispositif, le patient ne peut pas bénéficier d’un remboursement par l’Assurance Maladie en cas d’accès direct au psychologue.

Pour ce dispositif de première ligne s’adressant aux patients souffrant de troubles psychiques d’intensité légère à modérée, les critères d’inclusion ont été concertés avec des représentants des psychologues, des psychiatres et des médecins généralistes.

Pour les adolescents : dès lors qu’elles présentent une situation de mal-être ou de souffrance psychique d’intensité légère à modérée pouvant susciter l’inquiétude de l’entourage (famille, amis, collègues, milieu scolaire, médecin, etc.).

Pour les adultes, âgés de 18 ans ou plus, en souffrance psychique ou trouble psychiatrique mineur dès lors qu’ils répondent à une des situations suivantes :

  • troubles anxieux d’intensité légère à modérée ;
  • troubles dépressifs d’intensité légère à modérée ;
  • mésusage de tabac, d’alcool ou de cannabis hors situation de dépendance ;
  • troubles du comportement alimentaire sans critères de gravité.

En cas de troubles plus sévères, de situations évoquant des troubles graves de l’humeur ou du comportement ou un risque suicidaire, votre patient doit être orienté sans délai, vers un psychiatre ou pédopsychiatre ou une structure spécialisée pour une consultation et une prise en charge adéquate (CMP, CMPP).

L’utilisation d’échelles n’est pas obligatoire, mais vous permet d’évaluer la situation d’un patient, notamment en cas de doute sur l’intensité des symptômes.

À noter également que la Nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) prévoit qu’en fonction des « besoins de la femme ou du couple, les séances d’entretien et de suivi postnatales ont pour objectifs de rechercher des difficultés et les facteurs de risques psychiques, en particulier de dépression du post-partum ».

S’agissant des patients éligibles sous traitement psychotrope, vous devez solliciter l’avis du médecin traitant ou d’un psychiatre avant de les orienter vers un accompagnement psychologique. Celui-ci réévalue la pertinence du traitement et, le cas échéant, confirme la nécessité d’un accompagnement psychologique ou propose une prise en charge plus adaptée.

S’agissant des adultes, ne sont pas inclus, dans le champ de ce dispositif :

  • toutes les situations qui nécessitent d’emblée ou en cours de prise en charge un avis spécialisé par un psychiatre, notamment en cas de:
    • risques suicidaires ;
    • formes sévères de troubles dépressifs ou anxieux ;
    • troubles du comportement alimentaire avec signes de gravité (voir plus bas) ;
    • troubles neurodéveloppementaux sévères ;
    • antécédents psychiatriques sévères dans les 3 ans ;
    • toute situation de dépendance à des substances psychoactives ;
  • les patients reconnus atteints d’une affection de longue durée (ALD) ou en invalidité pour motif psychiatrique ou en arrêt de travail de plus de 6 mois pour un motif psychiatrique ou s’étant retrouvés dans l’une de ces situations dans les 2 ans ne sont pas éligibles.

Des échelles sont proposées aux professionnels qui suivent les patients afin de faciliter la vérification des critères de non-inclusion à tout moment le parcours du patient :

  • pour les patients présentant des symptômes dépressifs : Score PHQ 9 < 5 et > 19 ;
  • pour les patients présentant des symptômes anxieux: Score GAD 7 < 5 et > 14 ;
  • pour les patients présentant une consommation de tabac: Score Fagerström > 6 ;
  • pour les patients présentant une consommation d’alcool: Score AUDIT > 12 hommes ou > 11 femmes ;
  • pour les patients présentant une consommation de cannabis : Score CUDIT > 8.

S’agissant des patients mineurs, ne sont pas concernés par le dispositif :

  • les enfants âgés de moins de 3 ans ;
  • certains enfants et adolescents nécessitant d’emblée ou en cours de prise en charge un avis spécialisé par un psychiatre, notamment en cas de :
    • risques suicidaires ;
    • formes sévères de troubles anxieux ou dépressifs ;
    • troubles du comportement alimentaire avec signes de gravité (voir plus bas) ;
    • situations de retrait et d’inhibition majeures ;
    • troubles neurodéveloppementaux ;
    • toute situation de dépendance à des substances psychoactives ;
    • troubles externalisés sévères :
      • exclusions scolaires à répétition ;
      • retentissement majeur sur la scolarité et les apprentissages ou sur la vie familiale ;
      • trouble des conduites avec acte légal ou médico-légal (arrestation, condamnation, acte hétéro-agressif…) ;
      • les enfants et adolescents pris en charge en pédopsychiatrie ou psychiatrie ou en ALD pour motif psychiatrique ou s’étant retrouvés dans l’une de ces situations dans les 2 ans ne sont pas éligibles.

À noter, les signes de gravité des troubles du comportement alimentaire sont les suivants :

  • variation du poids de plus de 1 kg /semaine depuis quelques semaines ;
  • IMC bas (enfant adolescent : < 3e percentile; adulte < 17) ;
  • crises de boulimie /hyperphagie ne permettant pas le maintien de l’activité scolaire /professionnelle ou retentissement somatique important ;
  • comorbidité psychiatrique sévère ou risque suicidaire ;
  • complications somatiques du surpoids.

Tous les patients présentant des symptômes sévères ou d’urgence, des signes de décompensation psychiatrique aigus ou un risque suicidaire doivent être orientés sans délai vers le psychiatre ou des structures spécialisées.

L’adressage se fait au moyen d’un courrier mentionnant le nom, numéro AM / PS de la sage-femme ou de la structure, sur papier blanc, en indiquant la nécessité de réaliser un accompagnement psychologique. Pour permettre un remboursement, le « courrier d’adressage » a une validité de 6 mois et il doit être antérieur à la date de réalisation de la première séance.

Le nombre de séances ne doit pas être indiqué sur le courrier d’adressage. C’est le psychologue conventionné qui, en accord avec le patient, propose le nombre de séances nécessaires (dans la limite de 8 séances remboursées : 1 entretien d’évaluation et au maximum 7 séances de suivi).

Pour permettre une prise en charge coordonnée, la sage-femme transmet également au patient un courrier d'accompagnement destiné au psychologue. Ce document, que le psychologue conserve, a vocation à l’informer du contexte, des éléments cliniques et des motifs de l’adressage, éventuellement des scores ou des échelles.

Ces courriers d’adressage et d’accompagnement permettent l'échange entre vous et le psychologue partenaire. Si vous le souhaitez, vous pouvez utiliser votre propre ordonnance pour rédiger les 2 courriers.

Dans le cadre du dispositif Mon soutien psy, le patient (ou le titulaire de l’autorité parentale) choisit le psychologue réalisant son accompagnement parmi les psychologues partenaires. L’annuaire est régulièrement actualisé en fonction de l’entrée dans le dispositif de nouveaux psychologues.

Ces psychologues sont inscrits au répertoire ADELI et conventionnés avec l’Assurance Maladie.

Si vous le souhaitez, ou s’il vous le demande, vous pouvez aider le patient (ou la famille) dans le choix du psychologue.

Le consentement des titulaires de l'autorité parentale (parents ou tuteurs) est nécessaire pour engager un parcours de soins pour un mineur et permettre le partage des informations relatives à sa prise en charge en santé mentale entre les acteurs du parcours, dans la mesure où ils ont vocation à en connaître.

Le consentement des 2 titulaires de l’autorité parentale doit être recherché par le médecin qui oriente vers une prise en charge psychologique.

Les psychologues du travail sont formés pour gérer ces situations.

Le rôle du médecin du travail étant exclusivement préventif, il n’a donc pas vocation à adresser directement les travailleuses en souffrance psychique. En effet, les services de santé au travail ont pour mission exclusive d'éviter toute altération de la santé des travailleuses du fait de leur travail.

Il est donc préférable, dans ce cas précis, que le médecin du travail propose au travailleur d’aller consulter soit le psychologue du travail, soit le médecin traitant.

Si, toutefois, la situation le nécessite (absence de psychologue du travail et situation nécessitant une réponse rapide : risques psychosociaux ou harcèlement), le médecin du travail peut, à titre exceptionnel, après évaluation de l’état de santé et vérification de l’éligibilité, orienter la personne vers le dispositif Mon soutien psy.

Bonnes pratiques

Non, l’utilisation d’échelles et de scores n’est pas obligatoire. Cette utilisation est recommandée notamment en cas de doute sur l’intensité de la souffrance psychique de votre patient. Elle vous permet par ailleurs d’échanger avec le psychologue sur des éléments partagés.

Échanges avec le psychologue et suite de la prise en charge

Pour permettre une prise en charge coordonnée, vous transmettez au patient, avec le courrier d’adressage, un courrier d'accompagnement destiné au psychologue. Ce document, que le psychologue conserve, a vocation à l’informer du contexte, des éléments cliniques et des motifs de l’adressage, éventuellement des scores ou d’échelles.

En retour, le psychologue vous informe du nombre de séances prévues avec le patient.

Pour permettre un parcours de soins coordonné et adapté aux besoins du patient, le psychologue vous transmet le compte-rendu de fin de prise en charge, en accord avec le patient (ou le titulaire de l’autorité parentale). Vos coordonnées sont fournies par le patient.

Ce document sera, le cas échéant, le support d’une concertation adaptant la prise en charge.

Vous pouvez à tout moment échanger avec le psychologue qui accompagne votre patient, si vous le jugez nécessaire. Le psychologue est membre de l’équipe de soins (1). À ce titre, il peut, en l’absence d’opposition du patient (ou du titulaire de l’autorité parentale), partager avec vous les informations strictement nécessaires à la coordination des soins.

(1) Au sens des articles L. 1110-4 et L. 1110-12 du code de la santé publique.

À la fin de l’accompagnement, vous vous concertez avec le psychologue partenaire pour réévaluer et adapter la prise en charge du patient. Vous associez à cette concertation un psychiatre en cas de non-amélioration de l’état initial après la réalisation des 8 séances prises en charge, d’aggravation de l’état initial ou de doute sur le diagnostic.

Différents cas peuvent se présenter :

  • la nécessité d’une consultation avec un psychiatre (en libéral ou à l’hôpital) pour une évaluation plus approfondie ;
  • la nécessité d’une prise en charge la plus adaptée: centre médico-psychologique (CMP), CMP infanto-juvéniles, service de psychiatrie ou pédopsychiatrie, maison des adolescents ;
  • une évolution favorable ne nécessitant pas nécessairement de nouvel accompagnement psychologique ;
  • un nouvel accompagnement psychologique.

Dans ce dernier cas, vous pouvez réadresser le patient dans la limite de 8 séances remboursées par année civile. Vous vérifiez donc avec elle le nombre de séances réalisées dans l’année.
Le patient peut aussi décider de poursuivre avec son psychologue dans un cadre non remboursé. Si celle-ci n’en a pas les moyens, vous pouvez l’orienter vers une structure hospitalière de type centre médicopsychologique.

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