La prise en charge du sevrage tabagique

20 décembre 2019

En France, la consommation de tabac pendant la grossesse reste toujours aussi élevée : en 2016, 16 % des femmes enceintes ont fumé au cours du 3e trimestre de leur grossesse. Et seules 46 % des femmes qui fumaient avant leur grossesse avaient arrêté avant le 3e trimestre (1). Le tabagisme gravidique expose la mère et le futur enfant à de nombreux risques : grossesse extra-utérine, fausse couche, pré-éclampsie, mort fœtale in utero, prématurité, faible poids à la naissance… À tout moment de la grossesse, arrêter de fumer est bénéfique pour la mère et l’enfant, et ces bénéfices sont d’autant plus importants que l’abstinence est précoce.

(1) Source :  « Évolution de la consommation de tabac à l’occasion d’une grossesse en France en 2016 », Santé publique France, BEH 2018, 35-36, 694-703.

L'accompagnement par un professionnel de santé

Les interventions par des professionnels de santé d'aide à l'arrêt de la consommation de tabac pendant la grossesse sont efficaces pour réduire la proportion de femmes qui continuent à fumer en fin de grossesse, les petits poids de naissance et les naissances avant terme.

Les professionnels de santé portent une certaine attention au tabagisme pendant la grossesse : en 2016, 8 femmes sur 10 déclarent avoir été interrogées sur leur consommation de tabac durant la grossesse. Cependant, plus de la moitié des femmes enceintes fumeuses disent n’avoir reçu aucun conseil durant leur grossesse pour diminuer leur consommation.

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de proposer des interventions soutenues d’aide au sevrage tabagique aux femmes fumeuses dès la première consultation prénatale ainsi que tout au long de la grossesse.

La prise en charge des substituts nicotiniques

Il est recommandé d’informer les femmes que l’utilisation médicalisée des traitements nicotiniques de substitution (TNS) durant la grossesse est moins nocive que de continuer à fumer (HAS, 2014) : les TNS aident à éviter le phénomène de compensation et augmentent les chances d’arrêt.

L'Assurance Maladie accompagne l'arrêt du tabac. Elle rembourse, sur prescription, les traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille...).

Comme annoncé par le plan « Priorité prévention » et le Programme national de lutte contre le tabagisme, la prise en charge des traitements de substitution nicotinique a évolué pour passer du forfait d’aide au sevrage de 150 € par an et par assuré à une prise en charge de droit commun.

Ainsi, depuis le 1er janvier 2019, ces traitements (1) sont remboursés sur prescription à 65 % par l’Assurance Maladie obligatoire, et le forfait d’aide au sevrage tabagique de 150 € par an n’existe plus.

Les officines peuvent désormais pratiquer la dispense d’avance de frais pour ces produits. De plus, cette prise en charge de droit commun n’est plus soumise à un plafonnement annuel de remboursement, et elle permet d’avoir le même prix pour ces produits sur tout le territoire. Enfin, il n’est plus nécessaire que ces traitements figurent sur une ordonnance dédiée comme auparavant.

Le recours à ces traitements est en forte augmentation depuis l’évolution de ces modalités de remboursement.

Consultez la Liste des substituts nicotiniques pris en charge par l'Assurance Maladie (PDF).

(1) Pour les traitements nicotiniques de substitution inscrits sur la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux

Qui peut prescrire les substituts nicotiniques ?

La loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (1) autorise, en plus des médecins et des sages-femmes, les médecins du travail, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers(ères) et les masseurs-kinésithérapeutes à prescrire les traitements nicotiniques de substitution.

Par ailleurs, les sages-femmes ont bénéficié d'un élargissement de leurs droits de prescription à l'entourage de la femme enceinte ou accouchée.

(1) Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, publiée au Journal officiel du 27 janvier 2016.

La Varénicline : un traitement de seconde intention contre-indiqué chez la femme enceinte

La Varénicline est médicament agoniste partiel des récepteurs nicotiniques cérébraux indiqué dans le sevrage tabagique, en seconde intention après échec des stratégies comprenant des substituts nicotiniques, et chez les adultes ayant une forte dépendance tabagique (score au test de Fagerström ≥ 7).

Dans ces indications, ce médicament est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie, et délivré uniquement sur prescription médicale.

La Varénicline est contre-indiquée chez les femmes enceintes et non recommandée chez les femmes qui allaitent.