Rougeole : les mesures pour éviter l’extension de l’épidémie

14 mai 2018

Une recrudescence de cas de rougeole touche actuellement plusieurs pays européens. En France, plus de 2 200 cas de rougeole ont été déclarés dans 83 départements depuis novembre 2017. Bien que déjà élevé, le nombre réel est probablement plus important, compte tenu d’une sous-déclaration estimée à 50 %.

Dans 87 % des cas de rougeole, les personnes n’étaient pas vaccinées ou avaient été vaccinées de manière incomplète (1 seule dose de vaccin).

Aucun département n’est à l’abri d’une extension de la circulation virale car la couverture vaccinale rougeole requise pour interrompre la circulation du virus (de 95 % à 2 ans pour les 2 doses de vaccin) n’est actuellement atteinte nulle part sur le territoire national.

 

Vérifier la vaccination des personnes nées à partir de 1980

Les autorités sanitaires rappellent la nécessité d’une couverture vaccinale très élevée dans la population. Une telle protection collective permettrait d’améliorer la couverture vaccinale, de limiter l’extension de l’épidémie et de protéger les personnes à risque de rougeole grave (les nourrissons de moins d’un an, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées ne pouvant être elles-mêmes vaccinées). Il est donc impératif – conformément au calendrier vaccinal – que toutes les personnes nées à partir de 1980 aient reçu 2 doses de vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR).

Dans ce contexte, la vérification systématique du statut vaccinal vis-à-vis de la rougeole de toute personne née à partir de 1980  et sa mise à jour sont essentielles. Ceci tout particulièrement pour :

  • les enfants de 1 à 4 ans ;
  • les adolescents ;
  • les jeunes parents ;
  • les femmes en âge de procréer (en dehors de toute grossesse).

Les professionnels de santé et les personnels en charge de la petite enfance doivent également être vaccinés, et en priorité ceux travaillant dans des services accueillant des sujets à risque de rougeole grave.

Les mesures de protection contre la rougeole

Devant tout patient suspecté de rougeole (association d’une fièvre supérieure ou égale à 38,5°C, d’une éruption maculo-papuleuse et d’au moins un des signes suivants : conjonctivite, coryza, toux, signe de Köplik), la mise en œuvre des mesures barrières est nécessaire.

Signalement des cas et vaccination post-exposition

Tout cas suspect de rougeole doit être signalé immédiatement sans attendre les résultats biologiques, par tout moyen approprié (téléphone, télécopie, courriel…) à l’agence régionale de santé (ARS) afin de suivre la dynamique de l’épidémie et d’assurer la gestion autour des cas. En situation de cas groupés ou dans une région épidémique, la vaccination post-exposition doit être réalisée sans attendre la confirmation biologique des cas dans les conditions prévues par l’avis du HCSP du 23 avril 2018.

Pour rappel, la vaccination contre la rougeole protège de la maladie dans près de 100 % des cas après 2 doses de vaccins. Le vaccin est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie jusqu’à 18 ans.

Focus sur la vaccination des femmes en âge de procréer
  • Comme pour toutes les personnes nées depuis 1980, il convient de vérifier le statut vaccinal des femmes en âge de procréer et de réaliser un rattrapage éventuel. Le vaccin ROR protège de la rougeole mais également des oreillons et de la rubéole, qui sont aussi des maladies potentiellement graves.
  • Une grossesse doit être évitée dans le mois suivant la vaccination.
  • La vaccination est contre-indiquée pendant la grossesse, mais une vaccination par inadvertance chez une femme enceinte ne doit pas être un motif d’interruption de grossesse.

 

En savoir plus sur la rougeole sur le site de vaccination-info-service.fr.

En savoir plus sur les données de surveillance sur le site de Santé publique France.

Consulter l'avis du Haut Conseil de la santé publique du 23 avril 2018 sur l'évolution de la stratégie de gestion en cas d'épidémie de rougeole importante sur le territoire national.