Parler des dépistages organisés de cancers avec ses patientes, c’est essentiel

22 septembre 2021

En France, la participation aux programmes de dépistage organisé des cancers du sein et du col de l’utérus reste toujours inférieure aux objectifs fixés dans la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 :

  • en 2018-2019, le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein était de 49,3 % (objectif de 65 %) et entre 10 et 15 % pour le dépistage individuel ;
  • en 2016-2018, le taux de participation au dépistage organisé du cancer du col de l’utérus était de 59,5 % (objectif de 70 %).

Des taux de participation impactés par la crise sanitaire

Le dépistage organisé de ces 2 cancers a été impacté par le premier confinement (de mars à mai 2020), avec une forte diminution des tests de dépistage pendant cette période, conduisant à un important retard cumulé en milieu d’année 2020.

En effet, sur l’ensemble de l’année 2020, le retard cumulé était notable, avec une diminution de 14 % pour les mammographies et de 8,5 % pour les frottis du col de l’utérus par rapport à 2019 (1). Face à ce constat, les sages-femmes jouent un rôle primordial pour rappeler à leurs patientes de se faire dépister régulièrement. Pour accompagner les sages-femmes et informer les populations concernées, l’Assurance Maladie a lancé une campagne ciblée d’incitation au dépistage envers les assurées qui n’ont pas réalisé leurs dépistages de cancer et les invitant à en discuter avec leur praticienne.

Porter une attention particulière aux populations vulnérables

Dans ce contexte, les sages-femmes sont invitées à accorder une attention particulière à leurs patientes, notamment celles socialement défavorisées, qui ne réalisent pas ou moins régulièrement leurs dépistages des cancers.

Pour preuve, une étude conduite par l’Institut national du cancer (INCa) en 2014 et 2015 a mis en évidence que les taux de non-participation au dépistage du cancer du col de l’utérus augmentaient à partir de l’âge de 50 ans, chez les femmes en affection de longue durée (ALD), en invalidité et présentant des caractéristiques socio-économiques défavorables. Toujours selon l’étude, près de 60 % des femmes non participantes au dépistage résidaient dans une commune identifiée comme défavorisée et 15 % étaient bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) (aujourd’hui nommée Complémentaire santé solidaire).

(1) Ces données proviennent du rapport intitulé « Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses, propositions de l’Assurance Maladie pour 2022 », juillet 2021.