Dépistage du cancer du col de l’utérus : le point sur les nouvelles modalités

26 novembre 2020

Les modalités de prise en charge en matière de dépistage du cancer du col de l’utérus ont récemment évolué afin de prendre en compte les dernières recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS). Le cancer du col de l’utérus concerne 3 000 nouvelles femmes en France et cause environ 1 100 décès par an. Ainsi, conformément aux recommandations de la HAS, publiées en juillet 2019 :

  • pour toutes les femmes âgées de 30 à 65 ans asymptomatiques, c’est désormais le test HPV qui doit être pratiqué en première intention. Ce test, qui détecte la présence du papillomavirus humain (HPV), est réalisé à partir d’un prélèvement au niveau du col de l’utérus. Il remplace l’examen cytologique comme test de dépistage primaire. Le rythme entre 2 dépistages par test HPV est de 5 ans, dès lors que le résultat du test est négatif ;
  • pour toutes les femmes âgées de 25 à 30 ans asymptomatiques : la stratégie ne change pas, et consiste en la réalisation de deux examens cytologiques à un an d’intervalle puis 3 ans après si le résultat des deux premiers est normal.

L’examen cytologique ainsi que le test HPV doivent, de préférence, être réalisés en milieu liquide afin d’éviter de reconvoquer la femme pour la réalisation d’un second prélèvement en cas de test de dépistage anormal ou positif.

Quelle est la raison de cette évolution ?

Selon les recommandations de la HAS, le test HPV est plus sensible que l’examen cytologique pour dépister les lésions précancéreuses chez les femmes de plus de 30 ans. En effet, il permet de détecter les infections à papillomavirus humains à haut risque qui sont à l’origine du cancer du col de l’utérus. L’infection HPV est l’infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente : 85 à 90 % des individus seraient en contact avec un HPV au cours de leur vie. Si la plupart du temps l’organisme élimine spontanément le virus, dans 10 % des cas, ce dernier persiste, risquant d’évoluer en cancer.

Dépistage organisé : prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie

Dans le cadre du programme national de dépistage organisé (PNDO), l’Assurance Maladie prend en charge les tests de dépistage à 100 %, sans avance de frais, sur présentation au professionnel de santé du courrier d’invitation adressé aux femmes n’ayant pas réalisé de dépistage dans les intervalles de temps recommandés : c’est le cas pour l’examen cytologique pour les femmes de 25 ans à 30 ans ainsi que pour le test de dépistage HPV pour les femmes à partir de 30 ans et jusqu’à 65 ans depuis le 1er avril 2020.

Dans le cadre d’une participation spontanée au dépistage du cancer du col de l’utérus, c’est-à-dire lorsque le professionnel de santé propose le test de dépistage lors d’une consultation, le test HPV-HR et l’examen cytologique de dépistage sont remboursés par l’Assurance Maladie dans les conditions de droit commun.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé à toutes les femmes, dès 25 ans et jusqu’à 65 ans, qu’elles soient vaccinées ou non contre le virus HPV, y compris après la ménopause. Il peut être effectué par différents professionnels de santé : gynécologues, médecins généralistes, sage-femme, laboratoire de biologie médicale sur présentation d’une ordonnance ou encore dans les centres de santé.

Les vaccins ne protégeant pas contre tous les HPV responsables des cancers du col de l’utérus, la stratégie de prévention globale de ce cancer s’appuie sur une complémentarité entre vaccination et dépistage par prélèvement cervico-utérin (frottis).

Un dépistage du cancer du col de l’utérus recommandé pour les plus de 25 ans

Le dépistage du cancer du col de l’utérus n’est pas recommandé avant 25 ans. En effet, le dépistage avant l’âge de 25 ans détectera une majorité de lésions qui n’évolueront pas jusqu’à à un stade de cancer entraînant souvent des traitements inutiles et susceptibles d’avoir des impacts négatifs sur des grossesses à venir ).

En savoir plus sur le dépistage du cancer du col de l'utérus sur le site de l'Institut national du cancer du sein (INCa) ainsi que sur le site de la HAS.