Dépistage des cystites simples à l’officine

Le pharmacien d’officine en tant qu’acteur de santé publique et de proximité a un rôle à jouer aux côtés des prescripteurs, pour faciliter le parcours de la patiente présentant une pollakiurie ou des brûlures mictionnelles et favoriser la pertinence des prescriptions.

Dans quel cas proposer le dépistage d’une infection urinaire simple (cystite) ?

Dans le cadre du dépistage d’une infection urinaire simple (cystite) grâce à une bandelette urinaire, 2 situations peuvent se présenter.

  • La patiente se présente directement à l’officine sans avoir consulté son médecin :
    • en cas de test positif, le pharmacien oriente la patiente vers son médecin ou sa sage-femme et il lui dispense les conseils adaptés pour gérer au mieux les symptômes dans l’attente d’un rendez-vous médical ;
    • en cas de test négatif, le pharmacien exclut le diagnostic d’une infection urinaire : il permet d’éviter une prescription inutile d’antibiotiques.

Quelle que soit la situation, le pharmacien envoie les conclusions du dépistage (test positif ou négatif, éventuelles alertes…) au médecin traitant de la patiente en vue de sa consultation.

  • La patiente se présente à l’officine avec une ordonnance conditionnelle après avoir consulté son médecin traitant ou sa sage-femme :
    • en cas de test positif, le pharmacien dispense les antibiotiques prescrits sous réserve que l’ordonnance soit toujours valable ;
    • en cas de test négatif, le pharmacien a permis d’éviter une dispensation inutile d’antibiotiques.

Un logigramme (PDF) détaille les critères d'inéligibilité à la réalisation d’une bandelette urinaire et les modalités de prise en charge des patients.

Pour rappel : vous devez enregistrer dans le DMP les dépistages réalisés afin de faciliter la coordination entre les professionnels de santé prenant en charge le patient, pour cela vous pouvez compléter la note de dépistage (PDF).

Les modalités de rémunération et de facturation

Le paiement du pharmacien pour la remise et l’analyse du test se fait directement au comptoir avec la carte Vitale de la patiente en facturant le code acte PEE.

Cette mission est rémunérée : 6 € TTC (6,30 € TTC dans les départements et régions d’outre-mer (Drom).

Le dépistage de l’infection urinaire est pris en charge à 70 % par l’assurance maladie obligatoire.

En pratique, comment renseigner la facture ?

Le pharmacien doit renseigner dans la facture :

  • son numéro d’identification dans la zone prescripteur lorsque le patient se présente directement à l’officine et celui du médecin ou de la sage-femme lorsque la patiente a été orientée par ce dernier ;
  • son numéro d’identification dans la zone exécutant ;
  • la date de réalisation du test comme date d’exécution :
    • lorsque la patiente est orientée par un médecin ou une sage-femme, la date d’exécution peut être différente de la date de prescription qui doit correspondre à la date de l’ordonnance conditionnelle ;
    • dans le cas où la patiente se présente directement à l’officine, la date de réalisation correspond à la date de prescription.

Une formation à la remise et l’analyse de la bandelette urinaire est obligatoire

Afin d’assurer la bonne orientation des patientes dans le parcours de soins, il est nécessaire que le pharmacien se forme à la remise et l’analyse de la bandelette urinaire. Les organismes du développement professionnel continu proposent des formations courtes à ce sujet. En l’absence de formation, le pharmacien ne peut pas proposer le test aux patientes qui se présentent, ni leur dispenser les antibiotiques prescrits dans le cadre d’une ordonnance conditionnelle.

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