Vaccination : pour les enfants et les adultes aussi

15 janvier 2018
Le point sur le calendrier des vaccinations, la prise en charge des vaccins et l’élargissement de l’obligation vaccinale à 8 vaccins supplémentaires chez l’enfant de moins de 18 mois.

Obligation vaccinale chez les enfants de moins de 18 mois

La loi élargit l’obligation vaccinale à 8 vaccins supplémentaires chez les enfants de moins de 18 mois à compter du 1er janvier 2018. Ces vaccins étaient jusqu’à présent recommandés.

Un objectif d’amélioration de la couverture vaccinale

L’enjeu de cette mesure est d’améliorer la couverture vaccinale, de limiter la mortalité infantile et les risques d’épidémie et d’assurer la sécurité sanitaire sur tout le territoire.

L’OMS fixe comme objectif la vaccination de 95 % de la population concernée afin d’éviter ces maladies infectieuses.

En France, ce taux est atteint pour les 3 maladies pour lesquelles le vaccin est obligatoire (diphtérie, tétanos et poliomyélite). En revanche pour d’autres vaccins recommandés, comme celui contre la rougeole, les couvertures vaccinales sont très insuffisantes. Cette insuffisance de couverture vaccinale est à l’origine de la réapparition d’épidémies ou de décès/handicaps évitables.

Vacciner les enfants permet de les protéger et de protéger les autres. C’est une mesure de santé publique.

Liste des vaccins obligatoires pour les enfants de 2 ans

 

Quels sont les vaccins obligatoires au 1er janvier 2018 ?

En plus des 3 vaccins actuellement obligatoires :

  • la diphtérie ;
  • le tétanos ;
  • la poliomyélite ;

S’ajoutent :

  • l’Haemophilius influenzae B (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites) ;
  • la coqueluche ;
  • l’hépatite B ;
  • la rougeole ;
  • les oreillons ;
  • la rubéole ;
  • le méningocoque C (bactérie provoquant des méningites) ;
  • le pneumocoque (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites).
 

En France, plus de 70 % des enfants sont déjà vaccinés contre ces 11 maladies.

Quels sont les enfants concernés par l’obligation vaccinale ?

Tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 sont concernés par la nouvelle obligation vaccinale.

Pour les enfants de moins de deux ans et nés avant le 1er janvier 2018, ces 8 vaccins sont vivement recommandés pour les protéger contre des maladies potentiellement graves. Les parents n’auront toutefois pas à justifier de la réalisation de ces vaccins pour l’inscription de leur enfant en collectivité ; seuls les 3 vaccins déjà obligatoires contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DT-polio) sont exigibles.

Combien d’injections doivent être pratiquées ?

Les vaccinations obligatoires sont pratiquées avant l’âge de 18 mois et selon les âges fixés par le calendrier des vaccinations en vigueur.

Le parcours vaccinal est constitué de 6 rendez-vous et 10 injections (avec des vaccins combinés), à 2 mois, 4 mois, 5 mois, 11 mois, 12 mois et une dernière injection entre 16 et 18 mois.

Pour plus d’information, vous pouvez consulter le calendrier simplifié des vaccinations.

Comment constater une contre-indication médicale à la vaccination ?

L’admission de l’enfant né à partir du 1er janvier 2018 dans une collectivité est subordonnée à la présentation par la personne titulaire de l’autorité parentale soit du carnet de santé, soit de tout document attestant de la situation de l’enfant au regard des vaccinations obligatoires, sauf lorsqu’un certificat médical atteste que l’une ou plusieurs de ces vaccinations est contre-indiquée.

Un professionnel de santé peut ne pas vacciner un enfant présentant un état de santé particulier, par exemple lié à une pathologie, qui constituerait une contre-indication médicale avérée à la vaccination. Le médecin établit alors un certificat de contre-indication. Ce certificat vise obligatoirement une vaccination et non l’ensemble des vaccins.

Calendrier des vaccinations

Le calendrier des vaccinations 2017 a été publié le 24 avril 2017 par le ministère de la Santé après avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP).

Le point sur les nouveautés :

  • infections invasives à méningocoque : l'âge de la première vaccination est abaissé à titre transitoire à l'âge de 5 mois avec une deuxième injection à l'âge de 12 mois ;
  • infections à papillomavirus humains : la vaccination est proposée aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu'à 26 ans. Chez les jeunes filles et les jeunes femmes non vaccinées antérieurement, le HCSP recommande d'initier la vaccination par GARDASIL 9® ;
  • infections à pneumocoque chez les adultes :
    • vaccin recommandé chez les personnes présentant un facteur de risque d'infection à pneumocoque, le schéma devient identique (séquence VPC 13 suivi de VPP 23) que la personne soit ou non immunodéprimée ;
    • revaccination possible (une seule fois) avec un vaccin non conjugué en respectant un intervalle de 5 ans ;
  • varicelle : les recommandations de vaccination pour les contacts d'un cas de varicelle sont précisées ;
  • BCG : à l'exception de la Guyane et de Mayotte (où la vaccination en période néonatale est maintenue), la vaccination par le BCG des enfants à risque est recommandée à partir de l'âge de 1 mois. La pratique d'une IDR à la tuberculine prévaccinale n'est requise que pour les enfants âgés de 6 ans ou plus (ainsi que dans des situations particulières) ;
  • adaptations vaccinales en situation de pénurie de vaccins :
    • vaccins contenant la valence coquelucheuse ;
    • hépatite A ;
    • hépatite B ;
    • BCG.

Pour plus d'informations, consultez :

L'occasion de faire un point avec vos patients

L'actualité sur les vacinations est l'occasion de faire le point avec vos patients sur la calendrier vaccinal, de vérifier leur carnet de vaccination ou leur carnet de santé, et de répondre à leurs questions. Chez les adultes, les rappels de vaccination dTP se font désormais à âge fixe : 25 ans, 45 ans, 65 ans, puis tous les 10 ans à partir de 65 ans. Le rappel de vaccination coqueluche est à réaliser à 25 ans.

Votre patient n'a pas de carnet de vaccination ? Vous pouvez vous en procurer gratuitement sur commande sur le site de Santé publique France.

La prise en charge des vaccins

La liste des vaccins pris en charge par l'Assurance Maladie est fixée par arrêté ministériel (arrêté du 16 septembre 2004 modifié par l'arrêté du 3 mars 2010 et du 27 octobre 2011).

Il s'agit des vaccins contre les maladies suivantes :

  • coqueluche ;
  • diphtérie ;
  • grippe saisonnière (pour les personnes à risque) ;
  • hépatite A (pour les personnes à risque) ;
  • hépatite B ;
  • infections à Haemophilus influenza B ;
  • infections invasives à méningocoque du sérogroupe C ;
  • infection à papillomavirus humains (HPV) ;
  • infections à pneumocoque ;
  • oreillons ;
  • poliomyélite ;
  • rougeole ;
  • rubéole ;
  • tétanos ;
  • tuberculose ;
  • varicelle.

Ils sont remboursés, sur prescription médicale, à 65 %. La part complémentaire est habituellement prise en charge par les organismes complémentaires

À noter que certains vaccins peuvent être pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie :

  • le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) est pris en charge à 100 % pour les enfants et les jeunes de 12 mois jusqu'à 17 ans révolus, dans le cadre d’un programme de soutien à la vaccination ;
  • le vaccin contre la grippe saisonnière est pris en charge à 100 %, dans le cadre d’un programme de soutien à la vaccination, pour les populations à risque pour lesquelles la vaccination contre la grippe est recommandée (personnes âgées de 65 ans et plus, personnes atteintes de certaines affections de longue durée, etc.) et qui reçoivent chaque année une invitation de l'Assurance Maladie.

L’élargissement de l’obligation vaccinale chez les enfants de moins de 18 mois n’entraîne pas de modification de la prise en charge des vaccins par l’Assurance Maladie.

La prise en charge de l’injection du vaccin

L'injection du vaccin est prise en charge par l'Assurance Maladie dans les conditions habituelles : elle est remboursée à 70 % si c'est le médecin ou la sage-femme qui réalise l'injection lors d'une consultation, ou à 60 % si c'est une infirmière qui réalise l'injection, sur prescription médicale.

À noter que l'injection du vaccin peut être prise en charge à 100 % pour les personnes atteintes de certaines affections de longue durée.

Les vaccins non pris en charge par l'Assurance Maladie

Certains vaccins sont recommandés, voire obligatoires, pour partir dans certains pays étrangers (exemple : vaccin contre la fièvre jaune, le choléra...), mais l'Assurance Maladie ne les prend pas en charge.