Le dépistage du cancer colorectal à la hausse depuis deux ans, une tendance à conforter

23 mars 2018

En deux ans, du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, près de 5,6 millions (1) de personnes ont réalisé un test de dépistage immunologique du cancer colorectal. Cela marque une hausse de 4,9 points (1) par rapport à la campagne 2015-2016 atteignant un taux de participation au dépistage de 33,5 % (1).Cette évolution témoigne d’une meilleure sensibilisation du public, notamment grâce aux actions menées dans le cadre de la campagne d’information Mars bleu qui se déroule traditionnellement tout au long du mois de mars. Ce taux en progression reste toutefois inférieur aux recommandations européennes minimales acceptables de 45 % (1).

« Le cancer colorectal, le dépister à temps peut sauver une vie » 

Cette année encore, le slogan de la campagne de sensibilisation Mars bleu est l’occasion d’informer le grand public sur ce cancer et de rappeler que le test de dépistage est un moyen de lutte précoce contre le cancer colorectal, qui détecté tôt, se guérit 9 fois sur 10.

Spot TV réalisé par l’INCa, tour de France de sensibilisation via l’opération Colondays organisée par le Conseil national professionnel d’hépato-gastroentérologie en partenariat avec l’Assurance Maladie, journées d’information, expositions, conférences organisées par les établissements médicaux : de nombreux acteurs se mobilisent pour évoquer la dangerosité de ce cancer et la nécessité d’un dépistage précoce.

Deuxième cancer le plus meurtrier en France (18 000 décès par an) et troisième cancer le plus fréquent, après ceux de la prostate et du sein, le cancer colorectal touche, en effet, près de 45 000 personnes en France, pays qui fait partie des 20 pays d’Europe ayant des taux d’incidence les plus élevés pour les deux sexes.

Une participation encore insuffisante

Depuis sa généralisation en 2009, le programme de dépistage organisé du cancer colorectal s'adresse, tous les deux ans, aux femmes et aux hommes de 50 à 74 ans sans histoire familiale ni antécédents personnels de cancer colorectal ou d'adénome et ne présentant pas de symptôme évocateur.

Alors que le test du cancer colorectal a fait la preuve de sa fiabilité et de ses performances dans la détection des cancers à un stade précoce ainsi que des lésions précancéreuses, la participation de la population cible au dépistage organisé , quoique en augmentation, demeure cependant insuffisante (avec des variations en fonction du sexe et du département). Cette situation en demi-teinte appelle une mobilisation accrue de tous les acteurs, seule à même de conforter la tendance haussière observée au cours des 2 dernières années.

 

(1) Segnan N, Patnick J, von Karsa L (dir). European guidelines for quality assurance in colorectal cancer screening and diagnosis. First Edition. Luxembourg: European Commission ; 2010.