DMP : l'Assurance Maladie accompagne les pharmaciens sur le terrain

18 juillet 2019

Si plus de 6,5 millions de personnes disposent aujourd’hui d’un Dossier Médical Partagé (DMP), c’est notamment grâce à la mobilisation des pharmaciens, acteurs de proximité incontournables pour le déploiement de ce nouvel outil au service de la coordination des soins. Environ 30 % des DMP ont ainsi été créés en pharmacie.

Le Dr Anne Philippot, pharmacienne à Remoulins (Gard), explique comment elle crée au quotidien des DMP dans son officine et l’intérêt que présente ce carnet de santé numérique pour les pharmaciens.

Interview du Dr Anne Philippot, pharmacienne à Remoulins (Gard)

Dès que les patients arrivent, on commence systématiquement à faire une mise à jour de la carte Vitale. Après cette mise à jour, on explique aux patients, comme dans la majorité des cas, que leur DMP n’est pas ouvert et on leur propose de l’ouvrir. On leur en explique l’intérêt : c’est un carnet de santé en ligne. À terme, on verra dessus les bilans d’analyse biologique, leurs traitements médicamenteux, leurs prises de sang, leurs radios et résultats d’examens, etc. L’intérêt sera que tous leurs professionnels de santé pourront le consulter et les patients pourront être mieux suivis. Même en cas d’urgence, après présentation de leur carte Vitale, le SAMU et l’hôpital auront accès à tout leur historique médical.

Dans la majorité des cas (90 %), les personnes acceptent. Ils arrivent qu’il y ait quelques réticences de personnes qui se sentent déjà suivies par leurs médecins. Avec le temps, je pense que cela se fera davantage, c’est l’évolution des moyens modernes, il faut que tout le monde s’acclimate.

L’intérêt de la création du DMP pour le pharmacien va être, à terme, de pouvoir proposer davantage de bilans partagés de médication au comptoir. Dans la pratique, pour réaliser ces bilans de médication partagés, les personnes doivent amener toutes leurs analyses biologiques, toutes leurs ordonnances des généralistes et spécialistes : c’est de cette manière que nous procédons. Seulement, comme les personnes peuvent parfois égarer leurs dossiers, il est compliqué de tout avoir, et dans l’analyse du dossier ça nous fait beaucoup de papiers à gérer. Avec la carte Vitale, ce sera très simple car nous avons tout dessus et pourrons plus facilement réaliser leur bilan de médication partagé.

De manière classique, dès que les personnes nous présentent leur carte Vitale, on l’insère directement dans le lecteur comme pour réaliser les tiers-payants, on clique sur le DMP puis on sélectionne le bénéficiaire. A ce moment-là le lecteur va vous proposer la création du DMP si celui-ci est inexistant puis demander l’autorisation pour permettre au SAMU et aux professionnels de santé d’y accéder. Une signature numérique est ensuite demandée pour validation. Dans un second temps et s’ils le souhaitent, on leur propose de créer un compte Internet pour accéder au DMP et consulter les informations présentes sur leur carte Vitale. Un numéro de téléphone et un mail sont demandés pour se connecter. Ensuite ils se connectent sur le site dmp.fr et ils pourront avoir accès à toutes les informations qui vont se présenter sur leur DMP. On leur remet le livret de présentation du DMP avec la vignette sur la carte Vitale, offerte lors de toute création. Cela permet d’informer les patients que leur DMP est activé et les professionnels de santé qu’ils peuvent l’alimenter.

Les pharmacies qui souhaitent être accompagnées sur le DMP peuvent contacter leur interlocuteur de l’Assurance Maladie. En effet, un dispositif permettant un accompagnement complet des officines a été mis en place, avec l’objectif de répondre à tout type de problématique, qu’elle soit liée aux contraintes techniques, à l’information sur le DMP, à l’organisation…

Les conseillers informatique service (CIS) interviennent pour le diagnostic et la résolution des difficultés techniques.

Les délégués de l’Assurance Maladie (DAM) apportent un appui organisationnel et leur connaissance des avantages de l’outil à la fois pour les assurés et les pharmaciens. Ils peuvent ainsi fournir des éléments aux professionnels de santé pour faciliter leur dialogue avec les patients sur l’intérêt et le fonctionnement du DMP. Ils informent aussi les pharmaciens sur l’apport de la consultation du DMP pour la connaissance des pathologies du patient, gage de sécurité dans la délivrance des médicaments ainsi que dans la réalisation des bilans de médication. Ils fournissent également des outils de communication : brochure, flyers, chevalets, mémo explicatif, autocollant promotionnel, etc.

Les caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) peuvent aussi proposer un coaching en officine : des agents de la CPAM se déplacent alors et apportent un appui technique et fonctionnel direct au personnel de la pharmacie pour la création ou la consultation du DMP.

A noter
  • En plus de l’historique des soins renseigné par l’Assurance Maladie, les DMP contiennent déjà de nombreuses informations : plus de 7,5 millions de documents ont été ajoutés, par les établissements de santé, par les patients eux-mêmes, par les professionnels de santé.
  • 19 centres hospitaliers universitaires sur 32 alimentent automatiquement des DMP (avec les comptes rendus d’hospitalisation, les lettres de sortie, etc.).