Délivrance des autotests de dépistage de la Covid-19 : modalités de rémunération

19 avril 2021

Depuis le 12 avril 2021, les autotests de détection antigénique du SARS-CoV-2 sur prélèvement nasal peuvent être proposés en pharmacie. Ces tests sont uniquement réservés aux personnes asymptomatiques de plus de 15 ans.

L’autotest étant moins sensible (autoprélèvement et prélèvement nasal versus prélèvement nasopharyngé), il est recommandé d’utiliser les autotests 1 à 2 fois par semaine. Cela garantit mieux de réaliser le test au début de l’infection, quand le virus est le plus détectable et quand la personne est la plus contagieuse. Le conseil pharmaceutique est essentiel au bon usage de cet outil complémentaire des tests de virologie (antigénique et RT-PCR).

Pour certaines catégories de professionnels, les autotests sont pris en charge intégralement par l’Assurance Maladie à hauteur de 10 autotests par mois. Le point sur la rémunération des pharmaciens.

Dispensation des autotests à certaines professions

Pour certaines professions en contacts fréquents avec des personnes à risque, une dispensation avec prise en charge intégrale par l’Assurance Maladie est prévue. Il s’agit :

  • des salariés de services à domicile intervenant auprès de personnes âgées ou en situation de handicap (1) ;
  • des salariés de particuliers employeurs intervenant auprès de personnes âgées ou en situation de handicap pour des actes essentiels de la vie ;
  • des accueillants familiaux ;
  • des familles accompagnant des personnes âgées ou en situation de handicap.

Lors de la délivrance des kits à ces professionnels, il est important de leur rappeler, quand ils ne sont pas encore vaccinés, que la réalisation des autotests 2 fois par semaine est recommandée.

Quels justificatifs nécessaires ?

Les autotests seront délivrés sur la présentation d’une pièce d’identité et d’une des pièces justificatives suivantes :

  • le courriel ou courrier transmis par l’Urssaf pour les salariés de particuliers employeurs et les accueillants familiaux ;
  • un bulletin de salaire pour les salariés de services à domicile ;
  • un bulletin de salaire Chèque emploi service universel (Cesu) pour les salariés de particuliers employeurs ;
  • un exemplaire du relevé mensuel des contreparties financières pour les accueillants familiaux.

Quelles rémunérations pour cette délivrance ?

Pour assurer la rémunération de cette activité, le pharmacien doit :

  • s’identifier en tant que prescripteur et exécutant ;
  • renseigner le NIR du patient ;
  • renseigner systématiquement le code exonérateur « exo DIV valeur 3 » ;
  • dans le cas où la personne présente sa carte Vitale, il convient de l’utiliser et donc de télétransmettre la facture en SESAM Vitale. Dans les autres cas, la facturation peut se faire en mode dégradé.

La dispensation des autotests est fixée à 1 € HT par patient pour une délivrance d’un mois, soit 10 autotests par mois.

Pour la période allant du 12 avril au 15 mai 2021, la rémunération de l’autotest est fixée à un prix unitaire de 5,20 €, aucune taxe ne s’applique.

La facturation des autotests à l’Assurance Maladie se fait avec une transmission d’une feuille de soins électronique (FSE) comportant comme prescripteur le numéro AM du pharmacien, associé à 2 lignes PMR :

  • une ligne de 52 € correspondant à la rémunération d’une délivrance de 10 autotests ;
  • une ligne de 1,06 € correspondant à un honoraire de dispensation d’1 € HT (TVA de 5,5 %).

À partir du 16 mai 2021, la rémunération de l’autotest est fixée à un prix unitaire de 4,20 €, aucune taxe ne s’applique.

La facturation des autotests à l’Assurance Maladie se fait avec une transmission d’une FSE comportant comme prescripteur le numéro AM du pharmacien, associé à 2 lignes PMR :

  • une ligne de 42 € correspondant à la rémunération d’une délivrance de 10 autotests ;
  • une ligne de 1,06 € correspondant à un honoraire de dispensation d’1 € HT (TVA de 5,5 %).

Dans tous les cas, la majoration applicable à l’indemnité de délivrance et au prix de l’autotest est de :

  • 1,3 pour la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin ;
  • 1,15 pour la Martinique ;
  • 1,2 pour la Réunion et la Guyane ;
  • 1,36 pour Mayotte.

Tarifs pour le grand public

La dispensation est libre en respectant un prix limite de vente :

  • 6 € par autotest jusqu’au 15 mai ;
  • puis 5,20 € par autotest.

Ils ne peuvent pas être vendus via le site internet de l’officine.

Le rôle du pharmacien dans le bon usage de ce nouvel outil de dépistage

L’accompagnement du pharmacien au lancement de ces nouveaux outils de dépistage est essentiel. À cette fin, il est demandé au pharmacien de :

  • prodiguer les conseils utiles pour une bonne réalisation du prélèvement nasal et du test et une bonne interprétation des résultats ;
  • rappeler les conduites à tenir :
    • ne pas réaliser d’autotest si on est symptomatique ou cas contact (dans ces cas, il est nécessaire de faire un test RT-PCR ou un test antigénique rapide via prélèvement nasopharyngé) ;
    • en cas d’autotest positif : s’isoler immédiatement, prévenir ses contacts sans attendre le résultat du test de confirmation pour qu’ils s’isolent également, renforcer les mesures barrières et confirmer sans délai ce résultat par un test RT-PCR ;
    • en cas d’autotest négatif : maintenir les mesures barrières ;
  • rappeler qu’une utilisation 1 à 2 fois par semaine est recommandée ;
  • remettre systématiquement le guide d'utilisation de l’autotest.

À noter

La liste des autotests autorisés et conformes aux exigences de performance de la Haute Autorité de santé (HAS) est disponible et sera régulièrement mise à jour à l’adresse covid-19.sante.gouv.fr.

Comment réaliser le prélèvement nasal de l’autotest ? Mode d’emploi en vidéo

L’autotest, une nouvelle manière de dépister le coronavirus

Béatrice Clairaz, pharmacienne

« Un autotest est un test nasal à réaliser soi-même, et ces tests sont destinés à des personnes de plus de 15 ans qui n’ont pas de symptômes et qui ne sont pas personnes contacts. L’idée étant de le répéter de manière régulière, une à 2 fois par semaine pour avoir le plus de chances possible de détecter le virus. »

Béatrice Clairaz fait une démonstration de la réalisation d’un autotest.

  • Se laver les mains avant de sortir les éléments de leur emballage.
  • Enlever l’opercule du tube contenant la solution réactive.
  • Disposer le tube à l’emplacement prédécoupé de la boîte.
  • Sortir la cassette de sa poche en aluminium.
  • Insérer l’écouvillon verticalement sur 2 à 3 cm.
  • Basculer la tige vers le haut et l’introduire jusqu’à rencontrer une légère résistance.
  • Réaliser un mouvement de rotation pendant quelques secondes.
  • Essorer l’écouvillon dans la solution durant 10 secondes.
  • Visser la tétine compte-gouttes sur le tube.
  • Verser 4 gouttes de la solution dans le puit de la cassette.
  • Patienter 10 à 15 minutes en fonction des tests pour lire le résultat.
  • Une seule bande colorée dans la zone C : le résultat est négatif.
  • 2 bandes colorées dans les zones C et T : le résultat est positif.

Béatrice Clairaz :

« Si le test est négatif, bien évidemment, il ne faut pas abandonner les gestes barrières. En cas de test positif, il faut absolument s’isoler et faire faire un test PCR en laboratoire pour confirmer le diagnostic.

Attention, ces tests ne sont pas destinés aux cas contacts ou aux personnes symptomatiques ».

Une vidéo diffusée par le ministère des Solidarités et de la santé.

(1) Les structures concernées : service d'aide et d'accompagnement à domicile (SAAD), service polyvalent d'aide et de soins à domicile (Spasad), services de soins infirmiers à domicile (Ssiad), service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (Samsah), service d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad).