Focus métiers : collecte, tri et traitement des déchets

15 février 2021
En tant que chef d’entreprise, votre activité dépend fortement de votre santé et de celle de vos collaborateurs. C’est pourquoi la mise en place d’une démarche de prévention des risques professionnels est incontournable.

Les professionnels de la gestion des déchets ont, dans un environnement réglementaire strict, de nombreux défis à relever. Ceux-ci sont liés aux types :

  • de déchets (ménagers, dangereux, issus du BTP, de l'assainissement collectif ou du nettoyage des rues, notamment) ;
  • de donneurs d'ordres (collectivités, entreprises, éco-organismes) ;
  • de clients finaux (ménages, entreprises, hôpitaux, utilisateurs de déchetteries…) ;
  • d'activités (collecte, tri, traitement).

Leurs métiers se caractérisent par de nombreuses situations à risques (postures, port de charges, contacts avec des substances dangereuses…), qui se traduisent par des accidents du travail et maladies professionnelles encore trop fréquents.

Du point de vue de la prévention des risques, la relation entre le donneur d'ordre (public ou privé) et l'entreprise en charge de la gestion des déchets est primordiale. L'objectif est de concilier les objectifs du donneur d'ordres (responsable de la réduction de ses déchets) avec les réalités du terrain.

Infographie présentant les différents risques professionnels liés au secteur de la collecte, tri et traitements des déchets

Les risques professionnels dans le secteur des industries graphiques

Dans ce secteur d'activité, 50 % des accidents sont liés aux manutentions manuelles.

On dénombre près de 550 000 journées de travail perdues par an.

En moyenne les professionnels du secteur des soins esthétiques sont arrêtés 76 jours pour cause d'accident du travail et 230 jours pour cause de maladie professionnelle.

Collecte et traitement des déchets : des risques professionnels bien identifiés

Qu’ils travaillent à la collecte des ordures, dans des centres de tri ou des déchetteries, tous les professionnels impliqués dans la filière du recyclage et de la valorisation des déchets sont exposés à de nombreux risques. Parmi les métiers concernés par les accidents du travail et les maladies professionnelles, on trouve les trieurs, agents de propreté, ripeurs (éboueurs), chauffeurs ripeurs, agents de bascule, conducteurs d’engins…

Ces accidents et maladies professionnelles ont un coût direct – à la fois humain et financier - pour l’entreprise et pénalisent indirectement ses performances.

Ces accidents et maladies professionnelles pénalisent les performances de l’entreprise. Elles ont en effet :

  • un coût direct, à la fois humain et financier (santé du collaborateur, montant des frais pris en charge par la cotisation AT/MP) ;
  • et un coût indirect, lié aux dépenses cachées (temps de traitement administratif du sinistre, recrutement et formation du salarié remplaçant, réparation du matériel, désorganisation de la production, poursuites judiciaires éventuelles, etc.)

La liste ci-dessous présente les accidents du travail et maladies professionnelles rencontrés le plus fréquemment dans les métiers de la collecte, du tri et des traitements des déchets.

Collecte, tri et traitement des déchets : principaux risques professionnels et conséquences sur la santé des salariés
Situations à risque Accidents du travail et maladies professionnelles
Montées et descentes du camion sans respecter la « règle des trois appuis », usage du marchepied à trop grande vitesse, bâchage et débâchage lors des accès en hauteur sur les caissons amovibles… Chutes, glissades, douleurs lombaires, lumbagos
Manutentions manuelles répétées dans des postures contraignantes, port et déplacement de charges lourdes lors de la manutention et manipulation manuelle des déchets Mal de dos (lombalgies et dorsalgies), troubles musculosquelettiques touchant notamment les épaules, les bras et poignets
Risques routiers (mauvaises conditions de circulation, défaut de préparation des déplacements, imprévus dans le déroulement des tournées, manque de visibilité, véhicules mal entretenus…) Accidents et traumatismes corporels divers, heurts, écrasements
Risques chimiques : manipulation de produits toxiques, traitement de déchets porteurs d’agents pathogènes, inhalation de poussières issues du broyage ou de manutention de déchets (bois, papier/carton, résidus des matériaux de construction, plastiques…) Problèmes de peau irritée, troubles oculaires et respiratoires
Manipulation d’outils coupants et piquants, notamment lors de la déconstruction et de la casse de matériels en fin de vie : véhicules hors d’usage (VHU), déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE)… Blessures, coupures
Horaires décalés Troubles du sommeil, fatigue, risques psychosociaux

Un outil en ligne gratuit et anonyme pour évaluer et réduire les risques professionnels

Afin d'engager les actions appropriées, faites un état des lieux précis des risques dans votre entreprise. L'Assurance Maladie – Risques professionnels et l'INRS proposent aux employeurs un outil en ligne d'évaluation des risques dédié à la collecte et au traitement des déchets (site externe). Ce service est gratuit et anonyme. Il vous permet de :

  • télécharger votre plan d'actions spécifique, à partir d'un questionnaire dédié ;
  • remplir vos obligations légales en téléchargeant votre document unique d'évaluation des risques (DUER), dont les modalités de consultation doivent être affichées dans vos locaux.
L'indispensable document unique d'évaluation des risques pour les employeurs

L'élaboration d'un document unique d'évaluation des risques (DUER), en plus d'être une obligation réglementaire, permet d'identifier les risques et de proposer des actions de prévention propres à son activité et à son entreprise.

Ce document n'est pas figé et doit évoluer en fonction des situations. Il doit donc intégrer les risques d'exposition à la Covid 19.

Réduire les risques professionnels avec des actions simples et efficaces

Agir sur la prévention des risques professionnels entraîne plusieurs effets positifs pour l’entreprise : baisse de l’absentéisme, meilleures conditions de travail, meilleure image, satisfaction des clients… c’est l’activité de l’entreprise toute entière qui devient donc plus productive et plus rentable.

Pour cela, les mesures à mettre en place sont simples et peu coûteuses.

Pour en savoir plus sur le type d'actions à mettre en œuvre, consultez les brochures de l’INRS :

Des mesures simples permettent de prévenir les risques liés à la gestion des déchets. En tant que chef d'entreprise, partagez les bonnes pratiques de prévention avec vos collaborateurs. L'affichage des principales règles d'hygiène et de sécurité dans les locaux et zones à risques est un bon moyen de les impliquer dans cette démarche.

Les actions à mettre en place doivent également viser les risques identifiés lors de la phase d'évaluation. Idéalement, cette étape doit être réalisée avec vos collaborateurs. Il s'agit principalement de veiller à :

  • sécuriser les déplacements en réparant les sols qui seraient endommagés, en supprimant les dénivelés et en désencombrant les allées de circulation ;
  • ventiler les locaux de travail et former les salariés à l'utilisation et au stockage des produits dangereux ;
  • s'assurer que les équipements de travail sont bien conformes et adaptés à l'usage souhaité ;
  • fournir des équipements de protection individuelle adaptés (gants, lunettes, masques, chaussures de sécurité, vêtements à haute visibilité, combinaisons) et du matériel ergonomique (postes de travail ajustables, etc.) ;
  • adapter les postes de tri (avec des tapis de tri amovibles, des sièges assis-debout, des containers placés de chaque côté des postes de travail, des divergeurs amovibles à la main des opérateurs, des goulottes placées de façon à limiter les postures contraignantes).
  • organiser le travail et les tournées (cadences de tri, alternance des tâches, travail en équipe pour les charges lourdes, temps de pause…) en évitant, pour la collecte des déchets, les organisations de type « fini-quitté » ou « fini-parti » ;
  • diminuer les manutentions (points de collecte collectifs, conteneurs roulants, travail sur table, diables, transpalettes…) et les montées-descentes de cabines (en privilégiant la collecte unilatérale et en évitant le mono-ripage) ;
  • rappeler les bons gestes (règle des trois appuis lors de la montée/descente du camion, usage du marchepied et de la main courante, collecte sur un seul côté de la voie.

La formation à la prévention joue un rôle central dans la réduction des accidents du travail et maladies professionnelles. Cette obligation de formation s'impose par ailleurs à l'employeur. En cas de manquement, sa responsabilité peut être engagée.

Le chef d'entreprise doit ainsi s'assurer que ses collaborateurs sont informés des risques chimiques liés aux produits dangereux et qu'ils sont formés à la prévention de ces risques. En étant formés aux règles d'hygiène et de sécurité, les salariés sont en outre capables :

  • d'anticiper les risques ;
  • d'appliquer les bonnes pratiques.

En matière de collecte des déchets, chaque membre de l'équipage doit avoir suivi la formation ADR (pour « Accord for Dangerous goods by Road »), relative au transport international de produits dangereux.

La formation à la prévention des risques liés à l'activité physique (PRAP) permet également d'approfondir les bonnes pratiques en matière de gestes et postures.

Une formation en ligne gratuite

Le programme d'autoformation « Acquérir les bases en prévention des risques professionnels », est proposé gratuitement sur le site de l'INRS. Divisé en quatre modules interactifs de deux heures, ce dispositif est conçu pour vous permettre de :

  • maîtriser les principes généraux de la prévention ;
  • analyser les risques propres à une situation de travail ;
  • d'évaluer les risques et de planifier des actions préventives.

Stagiaires, nouveaux embauchés, intérimaires, apprentis… Tous ces profils sont particulièrement exposés aux risques professionnels, pour plusieurs raisons. Certains postes requièrent une expertise technique qui ne s’acquiert qu’avec le temps. De la même façon, un jeune peut avoir tendance à minimiser les risques qu’un accident survienne ou que sa santé soit affectée par une maladie professionnelle.

C’est pourquoi il est très important que ces jeunes recrues soient accompagnées dans leur prise de poste. Pour vous aider à mettre en œuvre cette démarche d’accueil, consultez le cahier de l’accueillant (PDF).

La subvention Equip'mobile + a pour but de réduire l'exposition aux risques liés au déplacement de charges. L'objectif est ainsi de réduire :

Les subventions TMS Pros Diagnostic et TMS Pros Action vous permettent quant à elles de recevoir un soutien financier pour :

  • mettre en œuvre des actions de formation, d'évaluation et de mise en place d'un plan d'actions contre les risques de TMS ;
  • acheter du matériel et/ou des équipements ergonomiques.

Pour bénéficier de ces aides financières, consultez la page des subventions Prévention pour les petites entreprises.

Vous souhaitez être guidé dans la mise en place d'une démarche de prévention, ou approfondir les moyens de lutte contre un risque spécifique, qu'il s'agisse de troubles musculosquelettiques, de mal de dos, de risques psychosociaux ou de chutes ?

N'hésitez pas à contacter votre caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), votre caisse régionale d'assurance maladie (CRAM), ou votre caisse générale de sécurité sociale (CGSS). Vous pourrez bénéficier d'un accompagnement du réseau d'experts de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, adapté aux besoins de votre entreprise.