Covid-19 : généralisation du rétrotracing dans toute la France début juillet

28 juin 2021

Expérimenté en France dans deux départements (Côte-d’Or et Loire-Atlantique) depuis le 25 mars, le dispositif de rétrotracing s’étend progressivement à l’ensemble du territoire français : 61 départements et 12 agences régionales de santé (ARS) le déploient depuis mi-juin, et il sera généralisé dans toute la France à compter du 1er juillet (sauf en Guyane).

Intérêt du rétrotracing : rechercher et informer les personnes co-exposées

Le rétrotracing étudie les circonstances de contamination afin de repérer un moment ou des lieux à l'origine de la chaîne de contamination. Il permet d’identifier d’éventuelles personnes appelées « co-exposées » : ces personnes ont pu ne pas être identifiées lors de la recherche initiale des cas contact avec la personne testée positive (contact tracing). Une personne co-exposée est une personne qui a croisé un malade de la Covid-19, lors d’un événement ou dans un lieu et a pu y être contaminée surtout si les gestes barrières n’ont pas été respectés durant l’événement. Ces personnes co-exposées peuvent transmettre sans le savoir la Covid-19.

Avec le rétrotracing, ces personnes co-exposées sont contactées par l’Assurance Maladie qui les invite à réaliser un test de dépistage et à s’isoler. Si elles ne peuvent pas télétravailler, ces personnes peuvent bénéficier d’un arrêt de travail dérogatoire sans délai de carence à partir du site declare.ameli.fr.

La combinaison du contact tracing et du rétrotracing doit permettre de mieux identifier les chaines de contamination afin de les briser encore plus efficacement. Le rétrotracing permet notamment de mieux documenter les situations à risque de « supercontamination » en identifiant des événements ou des rassemblements au cours desquels plusieurs personnes ont été contaminées.

Un élargissement à toute la France

Cet élargissement du rétrotracing à toute la France (sauf en Guyane) est possible car la couverture vaccinale ne cesse de progresser et la circulation du virus est moins élevée. Ces conditions sont nécessaires pour le rétrotracing car les épidémiologistes estiment que, pour que ce type d’enquête soit efficace, le niveau de circulation du virus doit être faible ou modéré (inférieur à 5 000 nouveaux cas par jour).

Les premiers résultats montrent que près de 10 % des patients zéro contactés par l’Assurance Maladie ont été capables d’identifier un événement jugé comme étant à l’origine de leur contamination et donnant lieu à l’identification de personnes co-exposées (hors contamination au sein du foyer). Dans les jours qui ont suivi leur isolement, près de 10 % de ces personnes co-exposées sont, elles-aussi, devenues positives : ce sont autant de chaines de contamination que le rétrotracing a permis de stopper.

Comment fonctionne le rétrotracing pour un patient ?

Concrètement, dans le cadre de cette expérimentation, les enquêteurs sanitaires de l’Assurance Maladie demandent systématiquement à la personne testée positivement à la Covid-19, en plus de ses cas contact :

  • les circonstances au cours desquelles elle a pu attraper la Covid-19 : un événement (rassemblement, fêtes…) ou un lieu (restauration collective, établissements publics…) avec plus de 10 personnes présentes ;
  • la personne qui a pu la contaminer ;
  • les autres personnes présentes.

L’enquêteur sanitaire peut aussi demander à récupérer les noms et coordonnées du responsable du lieu ou de l’organisateur de l’évènement.

Comme c’est déjà le cas dans le cadre du contact tracing, l’Assurance Maladie se coordonne avec l’agence régionale de santé (ARS) du territoire concerné afin que celle-ci prenne le relai en cas de situation complexe ou de contamination d’ampleur (nombre très important de co-exposés ou établissements de santé, écoles…).