Suivi et orientation de la femme enceinte

31 mars 2017
L’Assurance Maladie met en place un accompagnement personnalisé pour les femmes enceintes dès leur déclaration de grossesse pour les guider durant cette période importante de leur vie. Le point sur cet accompagnement et les risques particuliers associés à la grossesse.

Le suivi de la femme enceinte

Un contexte favorable au renforcement du suivi de la grossesse et de la naissance

En 2006, en France, 817 000 grossesses ont été menées à terme, donnant naissance à environ 830 000 enfants (source Insee).

  • Les indicateurs de santé publique français en matière de périnatalité sont assez loin derrière ceux de certains pays du nord de l'Europe. Ce constat est en partie à l'origine des différents plans ministériels s'intéressant de près à cette problématique et aux mesures de prévention associées : le plan périnatalité 2005-2007, le plan de prise en charge et de prévention des addictions 2007-2011.
  • Un nouveau carnet de maternité a été publié au Journal officiel du 28 juillet 2007.
  • La prévention des facteurs de risque de la grossesse figure dans les avenants 12 et 23 à la convention nationale médicale, parmi les thèmes prioritaires de prévention retenus.

Prévenir les facteurs de risque de la grossesse

L'action menée par l'Assurance Maladie consiste à sensibiliser à la fois les assurées et les professionnels de santé sur les facteurs de risque liés à la grossesse. Les professionnels de santé concernés sont bien entendu les gynécologues et les sages-femmes, mais aussi les médecins traitants. Ces derniers ont un rôle majeur à jouer en termes d'information et de qualité de prise en charge, notamment en matière de prévention.

Des supports d'aide à la pratique

Environ 10 % des sages-femmes, des gynécologues et des médecins traitants sont visités par les délégués de l'Assurance Maladie durant les mois de juin et de juillet. L'objectif de ces visites est principalement d'apporter aux professionnels de santé des informations qualitatives sur le suivi des femmes enceintes de leur département et de leur région. Le médecin traitant a par ailleurs un aperçu du suivi des femmes enceintes qui l'ont désigné comme médecin traitant.

Lors de ces visites, les délégués de l'Assurance Maladie vous présentent les supports d'aide à la pratique :

  • un mémo grossesse reprenant sous forme d'un tableau synthétique les recommandations de la Haute Autorité de santé sur le suivi de la femme enceinte publiées en mai 2007 ;
  • des documents destinés à vos patientes pour les sensibiliser aux risques liés au tabac et à l'alcool, et à l'importance d'une bonne alimentation ;
  • un numéro de téléphone à votre service vous permettant d'avoir en direct des réponses rapides et précises sur l'offre de soins, l'offre sociale et toutes les questions administratives que vous pouvez vous poser concernant la grossesse de vos patientes.

Le mémo grossesse (PDF, 477.43 Ko) et les supports destinés à vos patientes Préparez votre prochaine consultation (PDF, 118.82 Ko) et Ma maternité (PDF, 3.61 Mo) sont disponibles en téléchargement.

Sérologies et médicaments

Dans le suivi de la grossesse, de nombreuses thématiques sont décisives. L'accent a été mis cette année sur les thématiques suivantes :

  • la sérologie hépatite B ;
  • la sérologie toxoplasmose ;
  • la sérologie rubéole ;
  • la prescription de folates ;
  • la prescription d'AINS et d'inhibiteur sélectif de la Cox2.

Remarque : la liste des thématiques retenues pourra évoluer et s'enrichir de nouveaux sujets dans les prochains mois.

Un accompagnement personnalisé pour les femmes enceintes

Les femmes enceintes font par ailleurs l'objet d'un accompagnement personnalisé au sein de leur caisse d'assurance maladie. Elles bénéficient désormais de services spécifiques, avec :

  • sur ameli.fr, des informations pratiques sur leurs démarches, le congé maternité, la prévention, etc. ;
  • l'envoi de trois guides d'informations reprenant des renseignements administratifs et des conseils santé spécifiques à chacune des périodes de leur grossesse ;
  • l'invitation à des ateliers collectifs d'information de la grossesse dans leur département ;
  • un document de préparation de la consultation, les invitant à échanger avec vous sur des sujets d'une part essentiels en terme de santé et d'autre part sur des préoccupations plus personnelles (automédication, tabac, relations sexuelles, etc.).

Le document de préparation à la consultation (PDF, 118.82 Ko) qui leur est adressé est également disponible en téléchargement.

Le dépistage néonatal

Aujourd'hui en France, tous les nouveau-nés bénéficient, pendant leur séjour à la maternité, d'un dépistage de certaines maladies dont le dénominateur commun est d'être graves, non apparentes cliniquement dans les premiers mois de vie et de pouvoir bénéficier en terme de traitement et de qualité de vie du malade, d'une prise en charge précoce adaptée.

C'est le cas de :

  • la phénylcétonurie ;
  • l'hypothyroïdie congénitale ;
  • l'hyperplasie congénitale des surrénales ;
  • la mucoviscidose  ;
  • la drépanocytose.

Ce dépistage est effectué à partir d'un prélèvement de sang sur papier réalisé en maternité aux environs de 72 heures de vie. Il permet de repérer les nouveau-nés suspects d'être porteurs de l'une de ces affections. Si la confirmation est positive, ils seront pris en charge dans les premiers jours de vie, leur assurant ainsi une évolution ultérieure normale (ou une qualité de vie plus confortable).

Un dépistage effectué systématiquement à la naissance

À la naissance, on propose aux parents de faire un « test » au bébé pour déceler ces maladies, d'origine génétique pour la plupart et dont les conséquences sont graves : retard psychomoteur sévère, voire décès.

Ces maladies sont rares mais non exceptionnelles (ex : phénylcétonurie : 1/16 000 - mucoviscidose : 1/3 500). Le dépistage néonatal est organisé en France et financé par l'Assurance Maladie pour couvrir la totalité des naissances dans toutes les maternités.

Les tests sont réalisés dans des laboratoires spécialisés (1 par région) et la coordination du programme est confiée à une association régionale de dépistage, qui s'assure de son efficacité et de la prise en charge effective du malade. Il est précisé dans le carnet de santé de l'enfant que ce dépistage a été réalisé.

Si les résultats sont « normaux » ils seront tenus à la disposition des familles à la maternité, s'ils sont « suspects » les parents seront invités par l'association régionale de dépistage à se rendre dans un service spécialisé pour effectuer des examens complémentaires.

Les résultats de ce programme sont aujourd'hui bien documentés puisque colligés depuis plus de 40 ans. Parmi les 30 millions de nouveau-nés dépistés, 15 000 malades ont été repérés et :

  • les enfants atteints de phénylcétonurie et d'hypothyroïdie échappent à un retard mental et présentent un développement «normal», tant pendant l'enfance qu’à l'adolescence et à l'âge adulte ;
  • les garçons atteints d'hyperplasie des surrénales sont pris en charge avant que leur pronostic vital ne soit engagé et on évite chez les filles les erreurs graves d'assignation de sexe ;
  • les enfants atteints de mucoviscidose bénéficient d'une prise en charge coordonnée dans des centres spécialisés, ce qui fournit des résultats appréciables en terme de qualité de vie voire de durée de vie ;
  • les enfants drépanocytaires sont pris en charge de manière à faire face aux infections sévères dans les premières années de vie.

La mise en place et l'efficacité de ce programme de prévention néonatale systématique nécessitent la participation de tous les professionnels de santé. Si vous souhaitez des informations complémentaires, vous pouvez :

La phénylcétonurie chez les femmes enceintes

Votre patiente a été traitée pendant son enfance pour une phénylcétonurie et a le projet d’avoir un enfant ou elle est déjà enceinte. Pour le bon déroulement de la grossesse, certaines précautions doivent être prises avec vous.

La phénylcétonurie est une maladie génétique rare (elle touche en moyenne un nouveau-né sur 16 000 en France), due à une accumulation anormale dans l'organisme de la phénylalanine. Elle peut provoquer un retard psychomoteur important si elle n'est pas traitée très tôt après la naissance, c'est pourquoi elle est dépistée chez tous les nouveau-nés.

Il n'y a aucun médicament pour normaliser le taux de phénylalanine dans le sang : la seule solution est de mettre l'enfant au régime. Il doit suivre dès les premières semaines de vie et jusqu'à l'âge de 8-10 ans, un régime alimentaire strict, pauvre en aliments naturellement riches en phénylalanine (viandes, poissons, œufs, lait...) et équilibré.

Le régime de votre patiente a été arrêté vers l'âge de 10 ans. Son taux de phénylalanine dans le sang est élevé mais sans retentissement sur sa santé. Toutefois, cette phénylalanine en excès dans son sang est un puissant toxique pour son futur bébé et cela dès le début de la grossesse. En effet, elle va gêner la bonne formation du cœur et du cerveau chez le bébé ainsi que sa croissance en poids et en taille... Voilà pourquoi pour une grossesse sans risque, la reprise du régime est indispensable.

Il est recommandé de parler de la phénylcétonurie dès le projet de grossesse. Votre patiente devra se remettre à un régime pauvre en phénylalanine pour faire baisser de manière stable son taux de phénylalanine.

Le régime pauvre en phénylalanine est assez comparable à celui proposé pour le nouveau-né et devra être suivi pendant toute la grossesse. Cependant, les détails de ce régime varient d'une femme à l'autre. Plusieurs consultations sont souvent nécessaires pour organiser dans de bonnes conditions le régime et son suivi.

Les produits spéciaux pour le régime, les consultations médicales, les examens seront pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.