Troubles anxieux du sujet âgé

Chez le sujet âgé les intrications sont fortes entre troubles somatiques et psychiques, d’autre part la polypathologie est fréquente.

Une prise en charge globale et pluridisciplinaire est donc indispensable : évaluation gériatrique, recherche d’affection organique sous-jacente, recherche de dépression, de troubles neurocognitifs associés, d’addictions.

Le trouble anxieux chez le sujet âgé est un symptôme fréquent, bien qu’il soit probablement sous-évalué.

Il peut s’organiser en trouble anxieux généralisé, avec des inquiétudes hypocondriaques (cardiaques, respiratoires, neurologiques, digestives), des symptômes physiques associés (asthénie, perte de poids), des plaintes cognitives, des troubles du sommeil, avoir une présentation trompeuse avec une agitation. Le trouble panique et le trouble obsessionnel compulsif sont plus rares.

Voici quelques éléments pour vous accompagner dans la prise en charge de vos patients.

Diagnostic et outils

Pour en savoir plus :

Certaines échelles peuvent être utilisées pour mieux détecter le trouble anxieux :

  • Geriatric Anxiety Inventory (GAI) ou sa version courte ;
  • Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) ;
  • Short Anviety Screening Tests (SAST).

Recherche d’étiologies organiques à l’anxiété chez le sujet âgé ;

  • l’usage, l’abus, la dépendance, le sevrage de certains médicaments, ainsi que la polymédication chez le sujet âgé ;
  • l’usage, l’abus, la dépendance, le sevrage de substances psychoactives (incluant le sevrage du tabac) ;
  • d’autres maladies somatiques, notamment : cardiovasculaires, endocriniennes (hyperthyroïdie, maladie de Cushing, hypoglycémie, diabète), neurologiques (AVC, Parkinson).

Personnes âgées : tableau synthétique de l’approche thérapeutique en santé mentale 

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Hygiène de vie

Les mesures hygiéno-diététiques suivantes à conseiller à vos patients sont :

Accompagnement psychologique

La psychothérapie est le traitement de référence de 1re intention en l’absence de signe de gravité.

Les psychothérapies (individuelles, familiales ou de groupe) les plus usuelles et ayant fait leur preuve d’efficacité sont :

  • la thérapie de soutien ;
  • les psychothérapies structurées :
    • les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) qui ont prouvé leur efficacité sur les troubles anxieux ;
    • les psychothérapies psychodynamiques ou d’inspiration analytique ;
    • les thérapies systémiques ou familiales ;
    • les thérapies interpersonnelles (TIP).

Le choix entre ces différentes thérapies est fait selon les symptômes et les préférences du patient.

La thérapie de soutien

C’est une thérapie non codifiée dans sa technique, car non directive. Elle est basée sur l'empathie, la confiance, le soutien. Elle comprend une dimension de conseil, d'information et d'explications, permettant une compréhension partagée de la problématique du patient.

Une écoute active facilitant l'expression du patient peut en faire un outil thérapeutique à part entière vers un changement comportemental, affectif ou émotionnel.

Le dispositif Mon soutien psy, les séances d’accompagnement psychologique

Depuis avril 2022, les patients en souffrance psychique d’intensité légère à modérée peuvent bénéficier du dispositif Mon soutien psy : il s'agit de séances avec un psychologue conventionné, remboursées par l’Assurance Maladie, dans le cadre d’un parcours de soins sur adressage d’un médecin.

En fonction de l’état de santé du patient, et en accord avec lui, vous pouvez lui proposer de suivre des séances d’accompagnement psychologique (8 au maximum) avec un psychologue conventionné.

Consulter la liste des psychologues conventionnés.
Télécharger le courrier d’adressage
(.doc).
Pour en savoir plus lire l’article « Accompagnement avec un psychologue conventionné ».

Le recours à des psychologues peut également se faire :

Il peut aussi exister des professionnels et des offres de soins près du domicile de votre patient, voir la rubrique « Près de chez vous » (en cours de construction) en bas de cet article. 

Recours au psychiatre

Le recours au psychiatre peut devenir nécessaire en cas d’évolution péjorative ou en l’absence d’amélioration.

En libéral : consulter la liste des professionnels et des offres de soins proche du lieu de domicile de vos patients (lire le dernier paragraphe de l’article « Près de chez vous »).
Il existe aussi l’annuaire du site sante.fr qui permet de rechercher un psychiatre près du lieu de domicile du patient. Autre ressource possible à fournir à vos patients : la liste des centres médico-psychologiques (CMP).

Il peut aussi exister des professionnels et des offres de soins près du domicile de votre patient, voir la rubrique « Près de chez vous » (en cours de construction) en bas de cet article.

Traitement médicamenteux

En l’absence de critères de gravité, il n’est pas préconisé en 1re intention.

Il convient d’avoir une vigilance accrue du fait des comorbidités fréquentes, du risque d’interactions médicamenteuses et d’effets secondaires. Il faut systématiquement penser iatrogénie vis-à-vis des molécules à effet anticholinergiques : risque de chute, d’épisode de confusion.

Si besoin les hypnotiques et anxiolytiques peuvent être d’une aide temporaire en respectant les durées maximales de prescription et préférer les molécules à demi-vie courte. Lire l’article sur les benzodiazépines.

Le traitement de fond s’appuie sur les antidépresseurs mais il n’est pas envisagé en 1re intention (consulter l'article « Dépression du sujet âgé »).

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