Prévention du cancer du col de l'utérus

14 novembre 2019
Le point sur les deux moyens de prévention du cancer du col de l’utérus actuellement disponibles et sur leur prise en charge par l’Assurance Maladie : le dépistage par frottis cervical et la vaccination contre certains papillomavirus humains (HPV).

Le cancer du col de l'utérus : épidémiologie

Le cancer du col de l'utérus est une pathologie liée à une infection persistante causée par un ou plusieurs papillomavirus humains (HPV) oncogènes. Les virus les plus fréquemment rencontrés sont les HPV de types 16 et 18, présents dans plus de 70 % des cas de cancer invasif du col utérin en France*.

Ce cancer, qui a régressé de moitié depuis 30 ans, touche encore plus de 2 800 femmes chaque année et près de 1 000 décès sont liés à ce cancer*.

Pourtant, la plupart de ces décès pourraient être évités par un dépistage régulier par frottis qui permet de repérer précocement les lésions précancéreuses et de les traiter. Le cancer du col de l'utérus met en effet en moyenne une quinzaine d'années à se développer après une infection par HPV persistante.

D'où l'importance de votre rôle dans la prévention de ce cancer :

  • pour toutes les femmes de 25 à 65 ans, la sensibilisation à la nécessité d'un dépistage régulier du cancer du col de l'utérus ;
  • pour les jeunes filles, un moyen complémentaire : la vaccination préventive HPV qui est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore été exposées au risque d'infection par le HPV.

* Source : Institut national du cancer.

Le dépistage par frottis cervical

Le frottis constitue la seule façon de dépister le cancer du col de l'utérus.

Il s’agit d’un examen gynécologique simple et efficace qui permet de détecter les lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus et ainsi de soigner plus précocement ce cancer, voire d'éviter son apparition. Il est donc important de le proposer systématiquement aux femmes.

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de réaliser un frottis cervical tous les 3 ans chez les femmes de 25 à 65 ans, après deux frottis consécutifs normaux faits à un an d'intervalle.

Le frottis peut être réalisé par un gynécologue, par un médecin généraliste ou par une sage-femme.

Il peut être également effectué dans certains laboratoires d'analyse de biologie médicale sur prescription médicale ou dans les centres d'examens de santé lors d'un bilan de santé.

Le frottis cervical est pris en charge par l'Assurance Maladie sur prescription médicale et remboursé, en général, à 70 % sur la base du tarif conventionnel.

Des investigations diagnostiques complémentaires sont nécessaires. La HAS a publié en 2002 des préconisations sur les conduites à tenir devant une patiente présentant un frottis cervico-utérin anormal.

Pour en savoir plus consulter le site Haute Autorité de santé (HAS).

Le cancer du col de l'utérus, qui a régressé de moitié depuis 30 ans notamment grâce au frottis de dépistage, touche encore plus de 2 800 femmes et cause près de 1 000 décès chaque année en France (sources : Institut national du cancer).

Une meilleure couverture du dépistage pourrait permettre de diminuer encore ces chiffres. Il est donc important de le proposer systématiquement aux femmes, en leur rappelant quel est son intérêt.

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV)

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) permet de prévenir les infections par les virus les plus fréquents, responsables de 70 % à 90 % des cancers du col de l’utérus.

Le vaccin contre les infections à papillomavirus : pour qui ?

Le vaccin est recommandé pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans.

En rattrapage, le vaccin est recommandé pour les jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 19 ans révolus non encore vaccinées. Le vaccin est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore été exposées au risque d'infection par le HPV.

Déroulement de la vaccination HPV

La vaccination se déroule en deux injections espacées de six mois pour les jeunes filles de 11 à 14 ans révolus.

Pour les jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 19 ans révolus, trois injections sont nécessaires selon le schéma suivant : la deuxième injection a lieu un ou deux mois (selon le type de vaccin) après la première et la troisième est faite 6 mois après la première.

Quels vaccins contre les papillomavirus humains sont-ils disponibles ?

Trois vaccins sont utilisables :

  • un vaccin bivalent (qui protège contre les virus de types 16,18) : Gardasil® ;
  • un vaccin quadrivalent (qui protège contre les virus de types 6,11,16,18) : Cervarix® ;
  • un vaccin nonavalent (qui protège en plus contre les virus de type 31, 33, 45, 52 et 58) : Gardasil 9®.

Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l'un d'eux doit être achevée avec le même vaccin.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande que les jeunes filles et jeunes femmes non encore vaccinées contre le papillomavirus reçoivent le vaccin nonavalent Gardasil 9®.

La vaccination peut protéger contre les types de virus les plus fréquents et qui sont à l’origine de 70 à 90 % des cancers du col de l’utérus. Il existe cependant d’autres types de virus qui peuvent eux aussi provoquer un cancer et qui ne sont pas couverts par cette vaccination.

Seul le frottis permet de détecter la présence d’une anomalie au niveau du col de l’utérus après une infection par les virus et de la prendre en charge rapidement.

Qui vaccine ?

La vaccination HPV peut être réalisée :

  • par un médecin ou une sage-femme,
  • par un infirmier sur prescription d'un médecin ou d'une sage-femme,
  • dans un centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.

Quelle prise en charge pour le vaccin contre les papillomavirus humains ?

Le vaccin contre l'infection à papillomavirus humain (HPV) fait partie des vaccins pris en charge par l'Assurance Maladie. Il est, à ce titre, remboursé, sur prescription médicale, à 65 %. Les organismes complémentaires interviennent habituellement pour compléter le remboursement. La vaccination peut être gratuite dans certains centres de vaccination.