Prévention du cancer du col de l'utérus

Le point sur les deux moyens de prévention du cancer du col de l’utérus actuellement disponibles et sur leur prise en charge par l’Assurance Maladie : le dépistage par frottis cervical et la vaccination contre certains papillomavirus humains (HPV).

Le cancer du col de l'utérus : épidémiologie

Le cancer du col de l’utérus est dû à une infection liée aux papillomavirus humains (HPV), l’infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente. La plupart du temps l’infection est transitoire. Toutefois, dans près de 10 % des cas elle persiste et plusieurs années plus tard elle peut entraîner des lésions précancéreuses du col de l’utérus qui peuvent évoluer vers un cancer. Le cancer du col de l’utérus a régressé de moitié depuis 30 ans et touche encore plus de 2 800 femmes chaque année et près de 1 000 décès sont liés à ce cancer (1).

Pourtant, la plupart de ces décès pourraient être évités par un dépistage régulier par frottis qui permet de repérer précocement les lésions précancéreuses et de les traiter. D'où l'importance de votre rôle dans la prévention de ce cancer via :

  • l’incitation à la vaccination préventive contre les HPV, pour les jeunes filles et les jeunes garçons ;
  • la sensibilisation à la nécessité d'un dépistage régulier du cancer du col de l'utérus, pour toutes les femmes de 25 à 65 ans.

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV)

Des vaccins efficaces et sûrs

L’efficacité des vaccins sur les lésions précancéreuses est aujourd’hui démontrée : une réduction des lésions précancéreuses du col de l’utérus de 51 % chez les filles âgées de 15 à 19 ans et de 31 % chez les femmes âgées de 20 à 24 ans a été estimée dans les programmes de vaccination à l’étranger (2) .

On dispose d’un recul important sur ces vaccins : plus de 6 millions de doses ont été prescrites en France et plus de 300 millions dans le monde depuis plus de 10 ans.

La sécurité de ces vaccins a été établie scientifiquement (3). En particulier, aucun lien entre ces vaccins et les maladies auto-immunes n’a été démontré.

Une vaccination recommandée pour les filles et les garçons

La vaccination est recommandée pour toutes les jeunes filles et tous les jeunes garçons de 11 à 14 ans révolus. L’examen de suivi de l’adolescent, proposé entre 11 et 13 ans et pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, est l’occasion de discuter de cette vaccination avec vos jeunes patients et leurs parents.

Dans le cadre du rattrapage, le vaccin est recommandé pour les jeunes filles et les jeunes hommes de 15 à 19 ans révolus, non encore vaccinés.

Le vaccin est d'autant plus efficace que ces jeunes patients n'ont pas encore été exposés au risque d'infection par le HPV.

La vaccination contre les HPV est également recommandée :

  • jusqu’à l’âge de 19 ans, chez les garçons et les filles immunodéprimés (aux mêmes âges que dans la population générale), et dès l’âge de 9 ans, chez les enfants (garçons et filles) candidats à une transplantation d’organe solide ;
  • jusqu’à l’âge de 26 ans, chez les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Déroulement de la vaccination contre les HPV

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande (4) que toute nouvelle vaccination soit initiée avec le vaccin Gardasil® 9 pour les personnes non antérieurement vaccinées.

Ce vaccin protège contre les infections dues aux HPV de type 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58, qui sont en cause dans 90 % des cancers du col de l'utérus, 80 % des cancers de l’anus et 90 % des verrues anogénitales (condylomes).

Vaccination avec Gardasil® 9

Le schéma vaccinal pour le Gardasil® 9 dépend du patient :

  • pour les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans révolus, la vaccination se déroule en 2 injections espacées de 6 à 13 mois ;
  • pour les filles et garçons âgés de 15 à 19 ans révolus, 3 injections sont nécessaires selon le schéma suivant :
    • la 2e injection a lieu 2 mois après la 1re ;
    • la 3e est faite 6 mois après la 1re.
  • pour les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, jusqu’à 26 ans révolus : 3 doses sont administrées :
    • la 2e dose a lieu 2 mois après la 1re ;
    • la 3e dose a lieu 6 mois après la 1re.

Vaccination avec Cervarix ®

Le vaccin bivalent Cervarix® est à utiliser uniquement chez les filles, si le schéma vaccinal a été initié avec ce vaccin.

Le schéma vaccinal pour le Cervarix® dépend de l’âge de la patiente :

  • pour les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans révolus : la vaccination se déroule en 2 injections espacées de 6 mois ;
  • pour les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans révolus, 3 doses sont administrées :
    • la 2e dose a lieu 1 mois après la 1re ;
    • la 3e dose a lieu 6 mois après la 1re.

Voir le calendrier simplifié de la vaccination.

Bon à savoir

En cas de retard, il est inutile de tout recommencer, il suffit de compléter avec la ou les doses manquantes. Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination débutée avec l'un doit être continuée avec le même vaccin.

Prise en charge du vaccin

Le vaccin contre les infections à HPV est pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie, le montant restant est généralement remboursé par les mutuelles (complémentaires santé).

Le dépistage par prélèvement cervico-utérin

Les modalités de dépistage recommandées (5) varient selon l’âge de la femme.

Pour les femmes entre 25 et 29 ans

Le dépistage est réalisé par examen cytologique tous les 3 ans, après 2 premiers tests réalisés à 1 an d’intervalle et dont les résultats sont normaux.

Pour les femmes de 30 à 65 ans

Le dépistage est réalisé par un test HPV-HR plutôt que par un examen cytologique. Le test HPV-HR est réalisé 3 ans après le dernier examen cytologique dont le résultat est normal. Un nouveau test est refait tous les 5 ans, jusqu’à l’âge de 65 ans, dès lors que le résultat du test est négatif.

Prise en charge du dépistage

Le prélèvement cervico-utérin est pris en charge à 70 % sur la base du tarif conventionnel par l’Assurance Maladie sur prescription médicale. Le montant restant est généralement remboursé par les mutuelles (complémentaires santé).

Dans le cadre du programme national de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, l'examen cytologique et le test HPV réalisés lors du prélèvement cervico-utérin de dépistage sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Pour bénéficier de cette prise en charge à 100 %, il faut que la femme ait reçu le courrier d’invitation comportant des étiquettes. Le professionnel de santé qui effectue le dépistage colle ces étiquettes sur le prélèvement le jour du rendez-vous.

 

(1) Source : Institut national du cancer

(2) Source : Haute Autorité de la santé : Recommandation sur l'élargissement de la vaccination contre les papillomavirus aux garçons - Décembre 2019

(3) Source : Institut national du cancer, Les arguments clés sur la vaccination contre les cancers liés aux papillomavirus humains (HPV)

(4) Avis du 10 février 2017

(5) HAS, recommandation de santé publique de juillet 2019 (Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus et de la place du double immunomarquage p16/Ki67)

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