Prévention du cancer du col de l'utérus

28 avril 2017
Le point sur les deux moyens de prévention du cancer du col de l’utérus actuellement disponibles et sur leur prise en charge par l’Assurance Maladie : le dépistage par frottis cervical et la vaccination contre certains papillomavirus humains (HPV).

Le cancer du col de l'utérus : épidémiologie

Le cancer du col de l'utérus est une pathologie liée à une infection persistante causée par un ou plusieurs papillomavirus humains (HPV) oncogènes. Les virus les plus fréquemment rencontrés sont les HPV de types 16 et 18, présents dans plus de 70 % des cas de cancer invasif du col utérin en France*.

Ce cancer, qui a régressé de moitié depuis 30 ans, touche encore plus de 2 800 femmes chaque année et près de 1 000 décès sont liés à ce cancer*.

Pourtant, la plupart de ces décès pourraient être évités par un dépistage régulier par frottis qui permet de repérer précocement les lésions précancéreuses et de les traiter. Le cancer du col de l'utérus met en effet en moyenne une quinzaine d'années à se développer après une infection par HPV persistante.

D'où l'importance de votre rôle dans la prévention de ce cancer :

  • pour toutes les femmes de 25 à 65 ans, la sensibilisation à la nécessité d'un dépistage régulier du cancer du col de l'utérus ;
  • pour les jeunes filles, un moyen complémentaire : la vaccination préventive HPV qui est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore été exposées au risque d'infection par le HPV.

* Source : Institut national du cancer.

Le dépistage par frottis cervical

Le frottis constitue la seule façon de dépister le cancer du col de l'utérus.

Il s’agit d’un examen gynécologique simple et efficace qui permet de détecter les lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus et ainsi de soigner plus précocement ce cancer, voire d'éviter son apparition. Il est donc important de le proposer systématiquement aux femmes.

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de réaliser un frottis cervical tous les 3 ans chez les femmes de 25 à 65 ans, après deux frottis consécutifs normaux faits à un an d'intervalle.

Le frottis peut être réalisé par un gynécologue, par un médecin généraliste ou par une sage-femme.

Il peut être également effectué dans certains laboratoires d'analyse de biologie médicale sur prescription médicale ou dans les centres d'examens de santé lors d'un bilan de santé.

Le frottis cervical est pris en charge par l'Assurance Maladie sur prescription médicale et remboursé, en général, à 70 % sur la base du tarif conventionnel.

Des investigations diagnostiques complémentaires sont nécessaires. La HAS a publié en 2002 des préconisations sur les conduites à tenir devant une patiente présentant un frottis cervico-utérin anormal.

Pour en savoir plus consulter le site de la HAS.

Le dépistage : à poursuivre, à renforcer

Le cancer du col de l'utérus, qui a régressé de moitié depuis 30 ans notamment grâce au frottis de dépistage, touche encore plus de 2 800 femmes et cause près de 1 000 décès chaque année en France (sources : Institut national du cancer).

Une meilleure couverture du dépistage pourrait permettre de diminuer encore ces chiffres. Il est donc important de le proposer systématiquement aux femmes, en leur rappelant quel est son intérêt.

Des programmes de dépistage expérimentaux

D'abord financées par l'Assurance Maladie dans quatre départements (Isère, Bas-Rhin, Haut-Rhin et Martinique), des expérimentations de dépistage du cancer du col de l'utérus ont été étendues en 2009 à neuf autres départements (Allier, Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Cher, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, La Réunion, Val-de-Marne), sous l'égide de l'Institut national du cancer et de la direction générale de la Santé.

Dans ces programmes de dépistage expérimentaux, seules les femmes n'ayant pas de suivi gynécologique (pas de frottis depuis au moins 3 ans) étaient invitées.

Ces expérimentations font aujourd'hui l'objet d'une évaluation. Pour en savoir plus, reportez-vous à l'évaluation réalisée par l'Institut de veille sanitaire et disponible sur son site internet.

La vaccination HPV

La vaccination HPV est aujourd'hui possible mais les vaccins disponibles ne protègent pas contre l'ensemble des papillomavirus humains (HPV) à l'origine du cancer du col de l'utérus. La vaccination HPV ne constitue donc qu'un moyen complémentaire en matière de prévention du cancer du col et le dépistage par frottis reste indispensable dès l'âge de 25 ans, même pour les femmes vaccinées.

La vaccination est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore été exposées au risque d'infection par le HPV. C'est pourquoi le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), dans son avis du 28 septembre 2012, recommande la vaccination HPV :

  • chez les jeunes filles de 11 ans à 15 ans ;
  • en rattrapage chez les jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 19 ans révolus.

Pour plus d'informations, reportez-vous à l'avis du HCSP du 28 septembre 2012 disponible sur son site internet.

Deux vaccins ont eu une autorisation de mise sur le marché :

  • le vaccin Gardasil, mis sur le marché en 2006, est quadrivalent et protège contre les génotypes 16 et 18 cancérigènes, et également contre les génotypes 6 et 11 non cancérigènes mais à l'origine du développement de lésions bénignes dites « condylomes » (ou verrues génitales) ;
  • le vaccin Cervarix, mis sur le marché en 2007, est bivalent et protège contre les génotypes 16 et 18.

Trois injections sont nécessaires pour que la vaccination soit efficace avec un schéma 0, 2, 6 mois pour le vaccin quadrivalent et un schéma 0, 1, 6 mois pour le vaccin bivalent.

L'une des trois doses de la vaccination peut être co-administrée avec le rappel diphtérie-coqueluche-poliomyélite prévu entre 11 et 13 ans ou un vaccin contre l'hépatite B dans le cadre du rattrapage vaccinal.

Il est essentiel de respecter le schéma vaccinal à 3 doses avec le même vaccin, les 2 vaccins disponibles n'étant pas interchangeables.

Pour plus d'informations, consultez le calendrier des vaccinations et les recommandations vaccinales 2013 parus au BEH n° 14-15/2013 sur le site de Santé publique France.

Le vaccin est pris en charge sur prescription médicale par l'Assurance Maladie et remboursé à 65 % sur la base de :

  • 123,44 € par injection pour le Gardasil ;
  • 111,52 € par injection pour le Cervarix.

La prise en charge de l'injection se fait selon les modalités habituelles : elle est remboursée à 70 % si elle est effectuée par un médecin lors d'une consultation, ou à 60 % si elle est effectuée par une infirmière, sur prescription médicale.