La prise en charge du sevrage tabagique

25 mai 2018

La France compte plus de 13 millions de fumeurs quotidiens de tabac (28,7 % des 15-75 ans) (1) : ces taux sont parmi les plus élevés recensés dans les pays occidentaux. Responsable de plus de 73 000 décès par an (2), le tabac constitue la première cause de mortalité évitable. Pourtant, six fumeurs sur dix déclarent vouloir arrêter.

 

(1) Source : "Tabac et e-cigarette en France : niveaux d’usage d’après les premiers résultats du Baromètre santé 2016", InVS, BEH 2017, 12, 214-22.

(2) Bonaldi C. et al., "Les décès attribuables au tabagisme en France. Dernières estimations et tendance, années 2000 à 2013", InVS, BEH 2016, 30‑31, 528-40.

Les traitements de première intention

La majorité des fumeurs arrêtent de fumer sans aide. Pourtant, un fumeur accompagné par un professionnel de santé pour arrêter de fumer a davantage de chances de réussir que seul.

C’est pourquoi la Haute Autorité de santé (HAS) recommande en premier lieu un accompagnement par un professionnel de santé : « La prise en charge du sevrage tabagique comporte un accompagnement par un professionnel de santé, permettant un soutien psychologique, et un traitement médicamenteux si nécessaire. »

Les traitements médicamenteux sont recommandés pour soulager les symptômes de sevrage, réduire l’envie de fumer et prévenir les rechutes. Les substituts nicotiniques sont le traitement médicamenteux de première intention dans le sevrage tabagique recommandés par la HAS (grade A). La HAS préconise de combiner des formes orales de substituts nicotiniques (gommes, comprimés, pastilles, inhaleurs ou sprays buccaux) à des patchs.

La prise en charge des substituts nicotiniques

L'Assurance Maladie accompagne l'arrêt du tabac. Elle rembourse, sur prescription depuis 2007, les traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhaleur...) dans le cadre d’un forfait à hauteur de 150 € par année civile et par bénéficiaire.

Comme annoncé dans le plan "Priorité prévention" présenté le 26 mars 2018, deux traitements de substitution nicotiniques sont désormais remboursables à 65 % par l’Assurance Maladie : une gamme de « gommes à mâcher » depuis le 22 mars 2018 et une gamme de « patchs » depuis le 16 mai 2018.

Cette prise en charge permet notamment de supprimer l’avance de frais chez le pharmacien pratiquant le tiers payant, et d’avoir le même tarif pour ces produits sur tout le territoire. A titre transitoire, le forfait d’aide au sevrage tabagique de 150 € pour les autres substituts figurant sur la liste des substituts nicotiniques pris en charge (PDF, 23.92 Ko) sera maintenu jusqu’à la fin de l’année 2018.

Quelles sont les conditions du remboursement pour les substituts nicotiniques concernés par le forfait ?

Pour être remboursés par l'Assurance Maladie, les substituts nicotiniques pris en charge dans le cadre du forfait d’aide au sevrage tabagique doivent :

Qui peut prescrire les substituts nicotiniques ?

La loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (1) autorise, en sus des médecins et des sages-femmes, les médecins du travail, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes à prescrire les traitements de substituts nicotiniques, et donne ainsi accès à leurs patients au forfait d'aide au sevrage tabagique.

Les sages-femmes bénéficient d'un élargissement de leurs droits de prescription à l'entourage de la femme enceinte ou accouchée.

(1) Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, publiée au Journal officiel du 27 janvier 2016.

La Varénicline : un traitement de seconde intention

La Varénicline est médicament agoniste partiel des récepteurs nicotiniques cérébraux indiqué dans le sevrage tabagique, en seconde intention après échec des stratégies comprenant des substituts nicotiniques, et chez les adultes ayant une forte dépendance tabagique (score au test de Fagerström ≥ 7).

Dans ces indications, ce médicament est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie, et délivré uniquement sur prescription médicale.

La Varénicline est contre-indiquée chez les femmes enceintes et non recommandée chez les femmes qui allaitent.