La prise en charge du sevrage tabagique

11 février 2019

En France, en 2017, 26,9 %des 15-75 ans déclaraient fumer du tabac quotidiennement (1) : ces taux sont parmi les plus élevés recensés dans les pays occidentaux. Responsable de plus de 73 000 décès par an (2), le tabac constitue la première cause de mortalité évitable. Pourtant, près de 6 fumeurs sur 10 déclarent vouloir arrêter.

(1) Source : « La consommation de tabac en France : premiers résultats du baromètre santé 2017 », Santé publique France, BEH 2018, 14-15, 265-73.

(2) Bonaldi C. et al., « Les décès attribuables au tabagisme en France. Dernières estimations et tendance, années 2000 à 2013 », InVS, BEH 2016, 30‑31, 528-40.

Les traitements de première intention

La majorité des fumeurs arrêtent de fumer sans aide. Pourtant, un fumeur accompagné par un professionnel de santé pour arrêter de fumer a davantage de chances de réussir que seul.

C’est pourquoi la Haute Autorité de santé (HAS) recommande en premier lieu un accompagnement par un professionnel de santé : « La prise en charge du sevrage tabagique comporte un accompagnement par un professionnel de santé, permettant un soutien psychologique, et un traitement médicamenteux si nécessaire. »

Les traitements médicamenteux sont recommandés pour soulager les symptômes de sevrage, réduire l’envie de fumer et prévenir les rechutes. Les substituts nicotiniques sont le traitement médicamenteux de première intention dans le sevrage tabagique recommandés par la HAS (grade A). La HAS préconise de combiner des formes orales de substituts nicotiniques (gommes, comprimés, pastilles, inhaleurs ou sprays buccaux) à des patchs.

La prise en charge des substituts nicotiniques

L'Assurance Maladie accompagne l'arrêt du tabac. Elle rembourse, sur prescription, les traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille...).

Comme annoncé par le plan « Priorité prévention » et le Programme national de lutte contre le tabagisme, la prise en charge des traitements de substitution nicotinique a évolué pour passer du forfait d’aide au sevrage de 150 € par an et par assuré à une prise en charge de droit commun.

Ainsi, depuis le 1er janvier 2019, ces traitements (1) sont remboursés sur prescription à 65 % par l’Assurance Maladie obligatoire, et le forfait d’aide au sevrage tabagique de 150 € par an n’existe plus.

Les officines peuvent désormais pratiquer la dispense d’avance de frais pour ces produits. De plus cette prise en charge de droit commun n’est plus soumise à un plafonnement annuel de remboursement, et elle permet d’avoir le même prix pour ces produits sur tout le territoire. Enfin, il n’est plus nécessaire que ces traitements figurent sur une ordonnance dédiée comme auparavant.

Le recours à ces traitements est en forte augmentation depuis l’évolution de ces modalités de remboursement.

Consultez la liste des substituts nicotiniques pris en charge par l’Assurance Maladie.

 (1) Pour les traitements nicotiniques de substitution inscrits sur la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux.

Qui peut prescrire les substituts nicotiniques ?

La loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (1) autorise, en plus des médecins et des sages-femmes, les médecins du travail, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes à prescrire les traitements nicotiniques de substitution.

Les sages-femmes ont bénéficié d'un élargissement de leurs droits de prescription à l'entourage de la femme enceinte ou accouchée.

(1) Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, publiée au Journal officiel du 27 janvier 2016.

La Varénicline : un traitement de seconde intention

La Varénicline est médicament agoniste partiel des récepteurs nicotiniques cérébraux indiqué dans le sevrage tabagique, en seconde intention après échec des stratégies comprenant des substituts nicotiniques, et chez les adultes ayant une forte dépendance tabagique (score au test de Fagerström ≥ 7).

Dans ces indications, ce médicament est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie, et délivré uniquement sur prescription médicale.

La Varénicline est contre-indiquée chez les femmes enceintes et non recommandée chez les femmes qui allaitent.