Visuchir, la visualisation de données en renfort de la chirurgie ambulatoire

18 décembre 2018

La Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam) et l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (Atih) ont conçu un outil de visualisation des pratiques chirurgicales des établissements de santé afin d’accompagner cliniques et hôpitaux dans le virage ambulatoire. Baptisée Visuchir, cette application, ergonomique et facile d’utilisation, est librement accessible en open data depuis le site ScanSanté de l’Atih.

Un outil au service du dialogue interne et externe

Visuchir permet aux chirurgiens de lire leur taux actuel d’intervention en ambulatoire (spécialité par spécialité, acte par acte), de connaître les caractéristiques de leurs patients (âge, comorbidités) et de se comparer à d’autres équipes dans les hôpitaux et cliniques dans la France entière. Il est ainsi possible de se situer et de connaître son positionnement actuel et potentiel en ambulatoire (tenant compte des spécialités chirurgicales). Plus d’une intervention chirurgicale sur deux était réalisée ainsi en 2017. La chirurgie ambulatoire, alternative à l’hospitalisation traditionnelle, a de plus en plus les faveurs des patients devant bénéficier d’une intervention chirurgicale. C’est aussi un atout pour les professionnels de santé car le taux d’infection sur site opératoire diminue significativement en cas de chirurgie ambulatoire (1). Pourtant, la France accusait un certain retard dans ce domaine par rapport à la plupart des pays occidentaux ; la ministre de la Santé a donc fixé en octobre 2017 l’objectif de réaliser 70 % des interventions chirurgicales en ambulatoire en 2022.

Identifier les leviers de progression de l’ambulatoire

En se référant aux pratiques des établissements les plus avancés dans le domaine de la chirurgie ambulatoire, l’outil permet d’entrevoir le potentiel de développement dont ils disposent, spécialité par spécialité et acte par acte. Il constitue aussi un moyen, pour les équipes chirurgicales, d’analyser leurs pratiques, de s’autoévaluer en vue de mettre en œuvre les bonnes pratiques (cf. vidéo de présentation ci-dessous).

Une offre de services innovante de l’Assurance Maladie à destination des professionnels de santé

Visuchir a été pensé dans une démarche à la fois diagnostique, prospective et d’analyse stratégique. L’outil met à disposition les données fournies par 4 années (2014-2017) et 36 millions d’actes chirurgicaux. Il permet aux professionnels de santé, selon le niveau de détail choisi – du global (établissement par établissement), à l’étude approfondie (par listes d’actes CCAM) –, de :

  • comparer leurs pratiques chirurgicales et les faire évoluer vers les meilleurs ratios (les 20 % des meilleures pratiques françaises sont identifiées) ;
  • avoir accès rapidement à une information chirurgicale spécialisée (recherche d’informations en vue d’une installation pour les nouveaux chirurgiens) ;
  • identifier et labelliser les équipes performantes des établissements (pour les sociétés savantes) ;
  • vérifier la bonne application des recommandations existantes des bonnes pratiques professionnelles et organisationnelles sur la chirurgie ambulatoire (pour les sociétés savantes, la Haute Autorité de santé, l’Agence nationale d’appui à la performance).
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Visuel et interactif, Visuchir est accessible depuis un ordinateur, une tablette et un smartphone.

(1) Surveillance des infections du site opératoire dans les établissements de santé français. Résultats 2016, Santé publique France, février 2018.

 

La chirurgie ambulatoire et l’Assurance Maladie, une histoire déjà longue

L’Assurance Maladie s’implique depuis une vingtaine d’années dans le développement de la chirurgie ambulatoire en France. Elle a ainsi conduit, entre 2001 et 2004, une vaste enquête nationale auprès de 34 000 patients, avant de concevoir, en partenariat avec le ministère de la Santé, un abécédaire de la chirurgie ambulatoire (en appui à la compréhension des thématiques de chirurgie ambulatoire évoquées fréquemment entre les professionnels de santé). Puis un certain nombre de gestes chirurgicaux « requérant une mise sous accord préalable » (MSAP) ont été définis ; ce sont les actes pour lesquels la prise en charge ambulatoire est la règle tandis que le fait de garder le patient au moins une nuit à l’hôpital est une exception qui doit être motivée. La liste de ces gestes « MSAP » est passée de 5 en 2008 à 55 depuis 2015. Cela signifie concrètement que l’établissement hospitalier doit demander l’aval du service médical de l’Assurance Maladie de son ressort pour tout acte chirurgical en hospitalisation traditionnelle concerné par une MSAP.
D’autres actions ont accentué cet effort de développement, dont le plan Ondam 2015-2017. Il avait pour ambition de préparer l’hôpital de demain en réorganisant profondément l’offre de soin et en adaptant les prises en charge en établissement au virage ambulatoire.