VIH : tout médecin peut désormais prescrire la prophylaxie pré-exposition (PrEP)

02 juin 2021

Le nombre de nouvelles transmissions du VIH ne baisse pas suffisamment alors qu’il existe des outils de prévention efficaces en protection individuelle dont la prophylaxie pré-exposition, appelée « PrEP ». Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), publiée le 28 avril 2021, et dans leur strict respect, la PrEP peut être désormais prescrite par tous les médecins, afin d’en améliorer l’accès.

Des formations gratuites sur la prise en charge pratique d’un patient en consultation PrEP

Pour accompagner les médecins dans leur pratique de prescription, une offre gratuite de 5 formations en ligne a été développée. Ces formations en accès libre sont, par ailleurs, inscrites aux actions éligibles au développement professionnel continu (DPC). Elles permettent de former, entre autres, les médecins aux conditions de prescription de la PrEP et de les accompagner dans l’abord de la santé sexuelle en consultation.

Ces formations s’adressent aussi à tous les professionnels de santé intervenant dans le parcours des personnes sous PrEP.

La base de données publiques du médicament bientôt mise à jour

La base de données publiques du médicament sera mise à jour avec les nouvelles conditions de prescription. Cependant dans un premier temps, les boîtes des médicaments utilisés pour la PrEP actuellement commercialisées ne comporteront pas les conditions de prescriptions actualisées. Elles seront modifiées par les laboratoires détenteurs des autorisations de mise sur le marché (AMM) pour les nouvelles boîtes mises en commercialisation. Une information sur ce point devra être donnée aux patients.

Quels sont les objectifs de la lutte contre le VIH ?

Pour en finir avec l’épidémie du sida d’ici 2030, les objectifs de la stratégie nationale de santé sexuelle en matière de lutte contre le VIH sont ambitieux :

  • 95 % de l’ensemble des personnes vivant avec le VIH doivent être en capacité de connaître leur statut VIH ;
  • 95 % des personnes qui connaissent leur séropositivité au VIH doivent avoir accès au traitement ;
  • 95 % des personnes sous traitement doivent voir leur charge virale supprimée d’ici 2020.

Aujourd’hui plus de 30 000 personnes sont sous PrEP mais ce n’est pas suffisant pour casser les chaînes de nouvelles contaminations et faire baisser puis disparaître l’épidémie. Par ailleurs, la crise sanitaire liée à la Covid-19 a mis en évidence la chute de l’activité de dépistage du VIH (- 10 %) et des infections sexuellement transmissibles (IST) bactériennes (- 6 %) en 2020, et la diminution du recours à la PrEP.