Une nouvelle brochure sur la prise en charge de la lombalgie commune par la kinésithérapie

21 septembre 2020

L'illustration montre le dos d'une femme où est inscrit les mots : "Mal de dos ? Le bon traitement c'est le mouvement."

Dans le cadre du programme de l’Assurance Maladie « Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement » qui vise à prévenir le risque de passage à la chronicité pour les patients atteints de lombalgie commune, une nouvelle brochure à destination des médecins généralistes est téléchargeable.

La brochure « Éléments d’information sur la kinésithérapie dans le cadre de la lombalgie commune » (PDF) reprend les éléments clés de la kinésithérapie active, une discipline essentielle lorsque le patient présente des facteurs de risque de passage à la chronicité. Quand prescrire des séances ? Quel est le rôle du kinésithérapeute ? Quelles sont les dernières techniques ? Les médecins généralistes peuvent trouver les réponses dans cette nouvelle brochure.

En complément, une vidéo sous forme d’interviews d’experts partenaires de l’Assurance Maladie est mise à disposition des professionnels de santé. Médecin, rhumatologue et masseur-kinésithérapeute y apportent un éclairage sur l’importance des interactions entre professionnels de santé et de la kinésithérapie dans le traitement de la lombalgie à risque de chronicité.

Interviews d'experts partenaires de l'Assurance Maladie (vidéo © Assurance Maladie)

    Intervention du Professeur Bruno Fautrel, rhumatologue à l'hôpital de la Pitié Salpetrière AP-HP

    L’interaction entre les professionnels de santé est extrêmement importante.

    Et c’est la cohérence des propos tenus et des actions mises en place par les uns et les autres qui va permettre au patient de se sentir guidé et d’aller dans une voie qui va être celle de l’amélioration des symptômes et de la reprise des activités.

    [Professionnels de santé : conseils pour une meilleure prise en charge de la lombalgie aiguë commune et pour prévenir le passage à la chronicité]

    Intervention de Docteur Cyril Bégue - médecin généraliste

    Le rôle du médecin généraliste face à un patient qui se plaint de lombalgie c’est d’identifier les lombalgies symptomatiques qui nécessitent une prise en charge particulière et puis c’est d’anticiper les situations où il y a des risques importants de chronicisation en identifiant les drapeaux jaunes et donc d’accompagner le patient pour lui permettre de reprendre une activité le plus rapidement possible.

    [Le maintien de l'activité est le principal facteur de guérison de la lombalgie]

    Intervention de Docteur Cyril Bégue - médecin généraliste

    En cas de lombalgie, il est important de poursuivre ses activités, en respectant la douleur mais de poursuivre ses activités au maximum.

    Il est préférable que le patient puisse poursuivre son activité professionnelle afin de favoriser la guérison mais si l’intensité de la douleur et les conditions de travail ne le permettent pas, il faut alors prescrire un arrêt de travail plutôt court afin de pouvoir réévaluer le patient rapidement.

    [Bien évaluer les facteurs de risque de la chronicité de la lombalgie permet d'orienter le patient vers les bons professionnels de santé]

    Intervention de Docteur Cyril Bégue - médecin généraliste

    Si la douleur se prolonge, que l’on revoit le patient au bout d’une à deux semaines, on va réévaluer les drapeaux rouges mais aussi, et là, de plus en plus important, les facteurs de risque de passage à la chronicité pour éviter que la lombalgie ne devienne chronique.

    Plus les semaines vont passer et plus il sera important de prescrire de la kinésithérapie pour favoriser le maintien de l’activité du patient.

    Intervention de Xavier Dufour, masseur-kinésithérapeute

    Nous, kinésithérapeutes, avons vraiment ce rôle majeur de montrer au patient qu’il peut bouger, qu’il peut faire des choses, finalement c’est le rassurer.

    Aujourd’hui, pour les patients lombalgiques, en phase très aiguë, le champ de la mobilisation articulaire, de la thérapie manuelle permet de réduire la douleur mais ne permet pas de prévenir la récidive à moyen-long terme.

    La kinésithérapie analytique a un intérêt sur la raideur et la perte de mobilité et donc de retrouver cette mobilité permet le plus souvent de réduire la douleur du patient et derrière on enchaîne vraiment sur l’actif pour permettre une prise en charge au long cours et ainsi éviter la récidive et la chronicité.

    [D'autres acteurs de santé agissent sur les cas les plus graves de la lombalgie]

    Intervention du Professeur Bruno Fautrel, rhumatologue à l'hôpital de la Pitié Salpetrière AP-HP

    Le rhumatologue doit vraiment intervenir et il ne faut pas hésiter à le contacter à partir du moment où les symptômes commencent à s’éterniser.

    Quand on passe un délai de quatre à six semaines, on s’engage vers une lombalgie chronique et à ce moment-là, avoir ce regard de l’expert peut amener à réorienter la prise en charge et essayer d’éviter d’arriver au stade chronique.

    Et puis, bien évidemment, lorsque votre patient a des symptômes de gravité, des drapeaux rouges, là encore le rhumatologue va pouvoir vous aider pour essayer de mettre en place les investigations qui permettront d’assurer la prise en charge du patient.

    Si le patient n’a pas de signe d’alerte, c’est-à-dire de drapeaux rouges, bien évidemment, à partir du moment où vous êtes en difficulté, vous avez l’impression que la prise en charge que vous avez proposée ne permet pas d’améliorer de façon substantielle l'état patient, vous êtes tout à fait libre de contacter votre correspondant rhumatologique, de manière à pouvoir avoir, là encore, son regard et éventuellement qu’il vous aide à assurer la suite de la prise en charge.

    [Dans le diagnosctic des patients, l'imaginerie doit être utilisée à bon escient.]

    Les examens d’imagerie souvent sont demandés par les patients et il faut bien comprendre que ces examens d’imagerie peuvent être intéressants bien évidemment s’il y a un drapeau rouge, s’il y a un geste infiltratif qui va à ce moment-là permettre d’améliorer les symptômes et puis à chaque moment, à chaque fois qu’il y aura de nouveaux symptômes, une aggravation des symptômes, l’apparition d’une radiculalgie et qu’il faut à ce moment-là comprendre le mécanisme, ce qui orientera la prise en charge.

    Donc les examens d’imagerie ne doivent pas être considérés comme des examens systématiques, qu’il faut faire devant tout patient qui a mal au dos, mais dès que ces examens vont changer ou conditionner la prise en charge c’est là qu’il faut savoir les prescrire et les demander.

    [Le recours à l'imagerie n'est pas systématique.]

    Intervention de Xavier Dufour, masseur-kinésithérapeute

    Finalement, en identifiant bien l’étiologie, c’est-à-dire la cause réelle, et les facteurs qui provoquent cette lombalgie alors une prise en charge interdisciplinaire cohérente permet dans la plupart des cas de supprimer la douleur ou alors de permettre de vivre à un niveau complètement acceptable.

    Pour rappel : la recherche précoce de facteurs psychosiaux est importante. Il s'agit des « drapeaux jaunes » : problèmes émotionnels (stress, anxiété...) ; attitudes et représentations inappropriés par rapport au mal de dos ; comportements douloureux inappropriés ; problèmes liés au travail.

     

    Pour en savoir plus sur la lombalgie, voir aussi les articles :