Rosp 2018 : une amélioration continue des indicateurs cliniques

25 juillet 2019

La rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) modernisée par la convention médicale de 2016 intègre des indicateurs actualisés au regard des référentiels de santé publique en vigueur. En 2018, dans le cadre des dispositions de la convention, la Rosp a fait l’objet de révisions, portant à la fois sur les indicateurs et sur les modalités de calcul, définies conjointement avec les représentants des médecins dans l’avenant 6 à la convention médicale.

Après 2 années de mise en œuvre, on constate l’amélioration globale des pratiques en matière de vaccination, de prise en charge des maladies chroniques et de prescriptions plus pertinentes et efficientes, au service de la qualité et de la maîtrise des dépenses. En conséquence, les rémunérations des médecins liées à la Rosp ont progressé en 2018.

La Rosp médecin traitant de l’adulte

Les indicateurs de la Rosp permettent d’améliorer les pratiques médicales en matière de santé publique au bénéfice du patient. Ils constituent également un moyen pour le médecin de mieux suivre sa pratique et de valoriser ses efforts.

Volet prévention

Le poids du volet prévention a été fortement revalorisé lors de l’élaboration de la nouvelle Rosp : plus difficiles à atteindre, ses objectifs sont une des clés pour assurer une prise en charge des patients plus précoce et plus adaptée. En 2018, les résultats de ce volet sont contrastés ; les taux relatifs à la vaccination antigrippale et à l’antibiothérapie sont bien orientés, mais la progression des dépistages des cancers n’est pas homogène :

  • la vaccination antigrippale progresse après une stagnation en 2017 (+ 2,4 points chez les personnes de 65 ans et plus, + 2,1 points chez les sujets à risque) ;
  • la part de traitements par antibiotiques particulièrement générateurs d’antibiorésistance continue de baisser (- 2,6 points), tout comme la prescription d’antibiotiques des médecins traitants à leurs patients de 16 à 65 ans sans ALD (le nombre de traitements par antibiotiques pour 100 patients passe de 36,1 à 35,8 en moyenne par rapport à 2017) ;
  • le dépistage des cancers est contrasté, puisque le dépistage du cancer du sein progresse (+ 0,3 point), tandis que le dépistage du cancer du col de l’utérus (- 0,7 point) et celui du cancer colorectal (- 1 point) reculent ;
  • la prévention de la iatrogénie médicamenteuse est bien orientée, même si des efforts restent à fournir pour diminuer les durées de traitement par benzodiazépine hypnotique qui évoluent défavorablement (+ 1,5 point).
Graphique montrant l'évolution de l'indicateur lié à l’antibiorésistance entre janvier 2015 et janvier 2018 indiquant une baisse notable après l’entrée dans la Rosp en 2016

L’introduction de l’indicateur de limitation de prescriptions d’antibiotiques générateurs d’antibiorésistance dans la Rosp induit une amélioration nette de l’indicateur par rapport à la tendance observée entre 2015 et 2016.

On note une progression des indicateurs déclaratifs, en particulier ceux liés à la prévention des conduites addictives (+ 4,6 points sur le tabac, + 2 points sur l’alcool).

Volet suivi des pathologies chroniques

En 2018, les évolutions des indicateurs de suivi des pathologies chroniques sont plutôt favorables.

  • Le dépistage de la maladie rénale chronique continue de s’améliorer, que ce soit chez le patient hypertendu (+ 2,4 points, soit 210 000 patients mieux dépistés) ou chez le patient diabétique (+ 4,1 points, soit 100 000 patients mieux dépistés) ;
  • les 2 indicateurs sur le suivi du diabète progressent légèrement après avoir baissé en 2017 ;
  • les 2 indicateurs de suivi des patients à risque cardiovasculaire baissent (surveillance patients sous antivitamines par l’International Normalized Ratio, INR) ou stagnent (traitement des patients avec antécédents de maladie coronaire ou d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, AOMI).
Graphique montrant l'évolution des indicateurs liés à la prévention de la maladie rénale chronique chez le diabétique et l'hypertendu, et de la prévention secondaire du risque vasculaire l’antibiorésistance entre janvier 2015 et janvier 2018 et montrant une évolution positive après l’entrée dans la Rosp en 2016

L’introduction de ces 3 indicateurs dans la Rosp induit l’amélioration nette de l’indicateur ou limite sa baisse par rapport à la tendance observée entre 2015 et 2016.

Volet efficience des prescriptions

Depuis la mise en place de la première Rosp en 2011, les résultats sur ce volet avaient progressé de manière continue pour l’ensemble des indicateurs observés, jusqu’à atteindre voire dépasser, pour certains indicateurs, l’objectif fixé. Afin de retrouver des marges de progression, le nombre des indicateurs d’efficience de la prescription a été étendu à 9 (contre 7 en 2011), dont 6 nouveaux indicateurs. Les 60 points correspondant à la neutralisation des indicateurs de prescription dans le répertoire de l’incontinence urinaire et de l’asthme ont été ventilés sur les autres indicateurs du volet efficience au prorata de leurs poids respectifs, conformément aux règles définies dans la convention.

En 2018, l’ensemble des indicateurs du volet efficience progresse.

  • La prescription de biosimilaires à la place du référent présente une des plus fortes progressions, à 9,1 % des boîtes prescrites (+ 6,3 points) ;
  • les 3 indicateurs de prescription dans le répertoire des génériques progressent : statines (+7,3 points), antihypertenseurs (+ 4,2 points), reste du répertoire (+ 0,1 point), en raison de plusieurs entrées dans le répertoire et de la modification d’un indicateur au bénéfice des médecins ;
  • les 3 indicateurs d’efficience des prescriptions sont en progression : traitement antiagrégant plaquettaire par aspirine (+ 0,5 point), part des patients diabétiques traités par metformine (+ 0,9 point), patients ayant eu un dosage isolé de thyréostimuline (TSH) (+ 1,6 point).
Indicateurs Rosp Metformine / TSH

 

Graphique de l'indicateur lié à la prescription de biosimilaires entre janvier 2015 et janvier 2018, indiquant une hausse notable après l’entrée dans la Rosp en 2016

L’introduction de ces 3 indicateurs d’efficience montre l’impact favorable de la Rosp sur leurs évolutions par rapport à la tendance observée entre 2015 et 2016.

 

La Rosp médecin traitant de l’enfant de moins de 16 ans

Elle comprend 10 indicateurs spécifiques à la prise en charge des jeunes, dont 8 consacrés à la prévention (obésité, vaccination, antibiorésistance, suivi buccodentaire, etc.). Quatre millions d'enfants avaient un médecin traitant déclaré au 31 décembre 2018 (ils étaient 2,2 millions un an auparavant). Pour 86,6 % d’entre eux, un médecin généraliste est médecin traitant, pour 10,8 % c’est un pédiatre et pour 2,5 % il s’agit d’un médecin à expertise particulière.

Volet prévention

L’ensemble des indicateurs sont bien orientés. Suite à l’extension à 11 vaccins obligatoires depuis 2018, les deux indicateurs de vaccination sont en forte hausse : + 7 points pour l’anti-méningocoque C et + 1,2 point pour la vaccination rougeole-oreillons-rubéole (ROR). Les 2 indicateurs d’antibiorésistance continuent d’afficher de bons résultats : - 2,9 points chez les enfants de moins de 4 ans et - 2,1 points chez les plus de 4 ans. Enfin, le suivi buccodentaire reste stable par rapport à l’an passé à 76,9 %.

Volet suivi des pathologies chroniques

L’indicateur relatif à l’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) chez les patients asthmatiques est en forte hausse en 2018 : 43,3 %, soit + 3,4 points par rapport à 2017. À l’inverse, l’indicateur relatif au traitement par corticoïdes inhalés ou antileucotriènes baisse légèrement (- 1,1 point).