Prise en charge thérapeutique du prolapsus génital de la femme : les recommandations de la HAS

26 juin 2021

Pour aider les professionnels de santé à proposer des solutions thérapeutiques adaptées aux patientes souffrant d’un prolapsus génital, la Haute Autorité de santé (HAS) publie une recommandation des bonnes pratiques sur le site has-sante.fr.

Cette recommandation insiste sur la nécessité de délivrer une information complète aux patientes et de les associer à leur prise en charge via une décision médicale partagée. Elle détaille aussi les principaux facteurs de risques, les évaluations initiales à réaliser (entretien, examen clinique, examens complémentaires uniquement en pré-opératoire pour les prolapsus complexes…), la prise en charge non chirurgicale et chirurgicale.

La prise en charge non chirurgicale, constituée de traitements conservateurs (port d’un pessaire et rééducation) permet de soulager la patiente sans avoir besoin d’une chirurgie. Elle peut aussi être proposée en association, en complément ou en attente d’une intervention chirurgicale. Si les traitements conservateurs s’avèrent insuffisants et face à un prolapsus de stade avancé et handicapant, une chirurgie devient nécessaire.

10 % à 20 % des prolapsus sont pris en charge chirurgicalement, par des techniques opératoires utilisant la pose d’un implant pelvien visant à soutenir les organes qui s’affaissent :

  • promontofixation avec prothèse synthétique par voie haute ;
  • chirurgie par voie vaginale avec prothèse synthétique, mais ces implants utilisés par voie basse exposent à un risque de complications : défauts de cicatrisation, douleurs postopératoires, érosion des tissus avoisinants et infection et de réinterventions accrues.

En France, ces implants ont fait l’objet d’une surveillance renforcée de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Le législateur a imposé qu’à compter du 22 février 2019, ces dispositifs obtiennent un avis favorable de la commission de la HAS en charge de l’évaluation des dispositifs médicaux (CNEDiMTS) avant toute utilisation sur le marché français. Aujourd’hui, aucun des implants par voie basse évalués pour le traitement chirurgical du prolapsus n’a été validé, leur utilisation est suspendue, hormis dans le cadre d’études cliniques. Les implants par voie haute, eux, sont en cours d’évaluation et feront prochainement l’objet d’un avis de la HAS.

Découvrir la recommandation des bonnes pratiques sur le site has-sante.fr.

Définition du prolapsus génital

Le prolapsus génital plus connu sous le nom de « descente d’organes » se caractérise par le glissement vers le bas, dans le vagin, d’un ou plusieurs organes pelviens (utérus, vessie et plus rarement rectum). Cette pathologie gênante voire invalidante touche entre 30 % et 50 % des femmes de tous âges et ses causes sont plurielles : grossesses, accouchements multiples ou encore ménopause.