Paracétamol chez l’adulte : mieux accompagner le bon usage

25 février 2020

Le paracétamol est l’antalgique et l’antipyrétique le plus vendu en France, notamment en automédication, pour l’adulte âgé de plus de 18 ans. Efficace, il peut présenter des risques d’hépatotoxicité en cas d’utilisation inappropriée. C’est l’une des raisons pour lesquelles les médicaments qui en contiennent sont passés « derrière le comptoir » des pharmacies depuis le début de l’année.

Contre la douleur, le paracétamol en premier recours

C’est la star des ventes en pharmacie, toutes marques confondues. En ville, le paracétamol représente plus d’un médicament sur cinq, sur l’ensemble total du marché. Chaque année, 500 millions de boîtes sont ainsi consommées, que ce soit avec une prescription médicale (84 % des cas) ou sans. Entre 2006 et 2015, les ventes de paracétamol 1000 mg ont augmenté de 140 %.

Ce succès s’explique aisément : la molécule est indiquée en premier recours du traitement symptomatique des douleurs d’intensité légère à modérée et/ou des états fébriles.

Disponible sans ordonnance, bien toléré, le paracétamol est présent dans la plupart des pharmacies familiales et sa prise est banalisée par les patients. Or un surdosage est un risque d’intoxication médicamenteuse.

A noter

Selon une étude pharmaco-épidémiologique publiée en 2018 étudiant le rapport entre la prise de paracétamol et les risques d’insuffisance hépatique aiguë (en anglais) les patients ayant subi une greffe du foie à la suite d’une insuffisance hépatique aiguë ignoraient le risque lié à une surdose de paracétamol. Celui-ci est la cause principale de greffe hépatique d’origine médicamenteuse.

 

Les médecins, premiers éducateurs des patients

Depuis le 15 janvier 2020, les médicaments contenant du paracétamol ne sont plus en libre-service en pharmacie. Ils restent cependant accessibles sans ordonnance, avec le conseil du pharmacien d’officine.

Avant même l’acte d’achat, les patients doivent être mieux informés des risques d’atteinte du foie liés au paracétamol et des interactions dangereuses, comme avec les AVK ou en cas d’alcoolisme chronique… Quelques messages simples et systématiques permettent de réduire les surdoses et leurs conséquences graves potentielles :

  • commencer par la dose la plus faible possible (500 mg) ;
  • respecter :
    • la dose maximale par prise : 1 g par prise au maximum ;
    • l’intervalle entre les prises : au moins 4 à 6 heures ;
    • la dose maximale par jour : ne pas dépasser 3 g /jour, sauf avis contraire du médecin ;
  • ne pas prendre en même temps plusieurs médicaments contenant du paracétamol ;
  • consulter un médecin en cas de douleur persistante plus de 5 jours, ou de fièvre au-delà de 3 jours, ou si le patient pratique l’automédication ;
  • ne pas demander le renouvellement systématique d’une prescription de paracétamol, surtout si on prend déjà un ou plusieurs autres médicaments qui en contiennent, ou si on n’a pas fini la (les) boîte(s) précédentes(s).

Bientôt, une nouvelle signalétique sur les boîtes

À compter d’avril 2020, les médicaments contenant du paracétamol seul ou en association porteront un pictogramme et un message d’alerte sur les risques en cas d’utilisation inappropriée.