Lutényl et Lutéran : le sur-risque de méningiome est confirmé

19 novembre 2020

L’étude épidémiologique réalisée par le groupement d’intérêt scientifique (GIS) EPI-Phare, constitué par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Assurance Maladie, dont les résultats ont été rendus publics cet été, a confirmé le sur-risque de méningiome intracrânien pour les femmes traitées par les macroprogestatifs Lutényl® (acétate de nomégestrol) et Lutéran® (acétate de chlormadinone).

Le risque de méningiome augmente fortement avec la dose cumulée, même s’il reste rare à l’échelle collective (moins de un cas pour 1 000 personnes traitées chaque année) :

  • risque multiplié par 12,5 au-delà d’une exposition cumulée de 6g de Lutényl® (ou générique), soit par exemple 5 mg/j/20 jours par mois pendant 5 ans ;
  • risque multiplié par 6,8 au-delà d’une exposition cumulée de 8,6g de Lutéran® (ou générique), soit par exemple 10 mg/j/20 jours par mois pendant 3 ans et demi.

Un méningiome peut avoir des conséquences cliniques importantes et peut nécessiter dans certains cas un recours à la neurochirurgie.

Après une consultation publique en novembre, un comité d’experts composé de médecins et de représentants de patientes sera réuni en décembre par l’ANSM. Ce comité déterminera la conduite à tenir pour accompagner les femmes exposées à ces traitements, ainsi que les mesures appropriées d’utilisation de ces macroprogestatifs au regard du risque de méningiome.
D’ores et déjà, il est conseillé aux médecins prescripteurs d’informer leurs patientes de ce sur-risque et de réévaluer la pertinence de la prescription, d’autant que le sur-risque diminue significativement à l’arrêt du traitement.

En savoir plus sur le site de l’ANSM.