Les vaccins à ARN messager efficaces contre les variants alpha et bêta du SARS-CoV-2

21 juillet 2021

En octobre 2020, l'Institut Pasteur, en collaboration avec l’Assurance Maladie, Santé publique France et Ipsos, a lancé l’étude ComCor, une étude cas-témoins à l’échelle nationale qui analyse les facteurs associés à l’infection par le SARS-CoV-2. L’Assurance Maladie met à la disposition de l’Institut Pasteur ses moyens de contact dans le cadre du contact tracing en invitant les personnes positives à répondre à un questionnaire.

D’abord centré sur les facteurs sociodémographiques, les comportements et les pratiques associées à l’infection par la Covid-19, le questionnaire a été adapté en février dernier afin d’intégrer des informations sur la vaccination contre la Covid-19, sur l’existence d’infections antérieures et sur la nature des variants responsables de l’infection.

Grâce à ces informations, les chercheurs ont montré que 2 doses de vaccin à ARNm confèrent, 7 jours après la 2ème dose, une efficacité de 88 % contre la souche d’origine du virus, de 86 % contre le variant alpha (apparu en Grande-Bretagne) et de 77 % contre le variant bêta (apparu en Afrique-du-Sud). Ces données ont été publiées le 14 juillet dans le Lancet Regional Health Europe.

Une enquête d’ampleur sur l’efficacité vaccinale

L’analyse a inclus 7 288 personnes infectées par la souche d’origine, 31 313 personnes infectées par le variant alpha, 2 550 personnes infectées par le variant bêta et 3 644 témoins non infectés entre février et mai 2021. Il n’a pas été montré de différence dans l’efficacité vaccinale selon l'âge, le sexe ou l'exposition professionnelle.

« Ces résultats étaient particulièrement attendus pour le variant bêta, connu pour sa mutation E484K associée à un échappement immunitaire. Notre estimation de 77 % de protection est très proche des 75 % estimés par la seule autre étude au monde ayant évalué l'efficacité des vaccins ARNm contre ce variant. Ces analyses confirment l'efficacité des vaccins contre la Covid-19, et le rôle central qu'ils occupent dans la lutte contre l'épidémie » explique Arnaud Fontanet, responsable de l’unité d’Épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur et professeur du Conservatoire national des arts et métiers.

Un autre résultat important de cette étude concerne les antécédents d'infection par SARS-CoV-2. Les chercheurs montrent qu’une infection récente (2 à 6 mois) confère une protection similaire à celle observée avec les vaccins ARNm, mais que cette protection décroît après six mois.

Ces analyses vont être maintenant élargies à l'estimation de l'efficacité vaccinale contre le variant delta (apparu en Inde) qui est devenu majoritaire sur le territoire français depuis le début du mois de juillet.

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