Les principales pathologies prises en charge en 2019 et l’impact de la crise sanitaire en 2020

29 juillet 2021

Début juillet, l’Assurance Maladie a publié ses Propositions sur les charges et produits de l’Assurance Maladie pour 2022. Comme chaque année depuis 2005, ce document est présenté en amont de la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) au ministère de la Santé et des solidarités ainsi qu’au Parlement. Il constitue une contribution de l’Assurance Maladie à la réflexion pour améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses.
Cette année encore, au regard de la crise sanitaire sans précédent à laquelle le système de santé a été confronté, le rapport comporte plusieurs analyses relatives à l’impact de la pandémie de Covid-19.

Il se structure autour de trois grands chapitres.

La première partie expose la cartographie médicalisée des dépenses de santé, élaborée à partir du système national des données de santé (SNDS). Elle présente notamment l’évolution des pathologies et des dépenses en France, elle permet de quantifier les pathologies ou les traitements les plus fréquents et la répartition des 167 milliards d’euros remboursés en 2019 pour 66,3 millions de personnes en France.

Pour la première fois, les résultats présentés dans ce rapport tiennent compte des bénéficiaires de tous les régimes et de leurs soins remboursés (jusqu’à présent une extrapolation des résultats du régime général était effectuée).

Autre nouveauté, le rapport intègre à partir de cette année une section sur la charge de morbidité, une approche permettant de décrire le nombre d’années de vie perdues par cause de décès (1) afin d’aider à identifier les priorités d’action pour la santé publique.

Dans la deuxième partie du rapport, l’Assurance Maladie revient sur la crise sanitaire qui a entraîné une dégradation sans précédent du solde de la branche maladie de plus de 30 milliards d’euros.

L’Assurance Maladie présente l’ensemble des champs d’action (produits de santé, actes et prescription, parcours et modalités de prise en charge, lutte contre la fraude…)  sur lesquels elle interviendra en 2022 pour contribuer à la maîtrise des dépenses de santé à hauteur d’1 milliard d’euros. Il s’agit de 11 propositions pour respecter l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), fixé chaque année par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS).

Enfin, la troisième partie formule 25 propositions complémentaires pour accroître la qualité et l’efficience du système de soins à court et moyen terme. Cette année, des focus sont faits sur les maladies cardio-neurovasculaires, la santé mentale, l’impact de la Covid-19, l’organisation territoriale et la coproduction des actions de prévention.

Retrouver tous les rapports Propositions sur les charges et produits de l’Assurance Maladie pour 2022 (espace institutionnel).

(1) Indicateur synthétique de la mortalité prématurée qui fournit un moyen explicite d’estimer les décès qui surviennent assez précocement et pourraient être évités (source : OCDE).

 

Infographie sur la répartition des depenses de santé (description complète ci-après)

La répartition des dépenses de santé

En 2019 : 167 milliards d’euros remboursés par l’ensemble des régimes d’assurance maladie pour la prise en charge de près de 66,3 millions de personnes.

Comparaison avec 2015 : 152,5 milliards d’euros remboursés (soit par rapport à 2019 : + 9,5 %, 14,5 milliards d'euros d'augmentation) pour la prise en charge de 64,7 millions de personnes

Les 4 postes de dépenses les plus importants en 2019 :

  • 22 % Hospitalisations ponctuelles (+2,1 milliards d’euros par rapport à 2015)
  • 14 % Maladies psychiatriques ou psychotropes (+ 1,3 milliard d’euros par rapport à 2015)
  • 12 % Cancers (+3,8 milliards d’euros par rapport à 2015)
  • 11 % Maladies cardio-neurovasculaires (+ 2 milliards d’euros par rapport à 2015).

L’impact de la crise sanitaire sur l’année 2020

Une hausse majeure des dépenses d’assurance maladie du fait de la crise sanitaire

Surcoûts induits par la crise sanitaire : 17,5 milliards d’euros en 2020 dont :

  • 5,4 milliards d’euros pour les soins de ville : tests de dépistage de la Covid-19, arrêts maladies dérogatoires, achat de masques…
  • 7 milliards d’euros pour les établissements de santé et établissements médico-sociaux : tests de dépistage, dotations de l’Assurance Maladie, primes et heures supplémentaires
  • 0,3 milliard d’euros pour les fonds d’intervention régionaux (FIR)
  • 4,8 milliards d’euros pour Santé publique France : achat de masques et équipements de protections

Les dépistages et les traitements des cancers ont été impactés par la crise sanitaire…

Sur l’ensemble de l’année 2020, diminution des tests de dépistages des trois familles de cancer colorectal, sein et col de l’utérus :

  • 14 % de mammographies par rapport à 2019
  • 8,5 % de frottis du col de l’utérus par rapport à 2019
  • 11,8 % de dépistage du cancer colorectal par rapport à 2018.

L’activité d’exérèse chirurgicale des cancers a diminué de manière importante pendant les mois d’avril (-34 %) et mai 2020 (-27 %) par rapport à 2019 et globalement de moins 6,2 % par rapport à 2019.

…tout comme le tabagisme et la vaccination

Pour la première fois depuis 4 ans, le nombre de fumeurs quotidiens augmente et passe à 25,5 % en 2020 contre 24 % en 2019 (1).

Un net ralentissement du recours aux substituts nicotiniques en France, en baisse de 6,4 % par rapport à 2019, et encore plus marqué pour les 15/25 ans en baisse de 12,5 %.

Côté vaccination hors Covid-19 en 2020 :

  • moins 52 600 vaccinations chez les nourrissons (pour les vaccins penta et hexavalents)
  • moins 170 000 vaccinations ROR
  • moins 274 000 vaccinations HPV chez les jeunes filles

(1) Source : Santé publique France

La cartographie des principales pathologies et situations de soins prises en charge en 2019

Les dépenses en soins de ville : pour quelles pathologies ?

  • 84 % des dépenses liées à la prise en charge du diabète
  • 77 % liées au traitement du risque vasculaire en prévention primaire
  • 69 % des dépenses liées aux maladies inflammatoires rares ou VIH ou sida

Les dépenses hospitalières : pour quelles pathologies ?

  • 82 % des dépenses liées aux maladies cardiovasculaires aiguës
  • 68 % des dépenses liées à l’insuffisance rénale chronique terminale
  • 65 % des dépenses liées aux maladies psychiatriques

Source : Rapport « Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses – Propositions de l’Assurance Maladie pour 2022 »