La Rosp en 2018 : des résultats bien orientés après une période d’appropriation nécessaire

26 avril 2019

La convention médicale de 2016 a profondément modernisé la rémunération sur objectifs de santé publique des médecins (Rosp). Recentrée sur la pratique clinique, cette nouvelle Rosp est effective depuis le 1er janvier 2017. Avec 2 années de mise en œuvre et des aménagements (indicateurs, rémunération) apportés l’an dernier via l’avenant 6, la progression de cette nouvelle Rosp témoigne de son intérêt comme levier d’évolution des pratiques cliniques.

Quels résultats en matière de santé publique ?

Les indicateurs relatifs à la prévention présentent des résultats contrastés :

  • d’un côté, la vaccination antigrippale est en progression de plus de 2 points en 2018 par rapport à 2017 aussi bien chez les personnes de 65 ans et plus que chez les personnes à risque, la prescription d’antibiotiques continue de diminuer, le dépistage du cancer du sein suit une courbe ascendante (+ 0,3 point), et la prévention de la iatrogénie médicamenteuse semble elle aussi sur la bonne voie, même s’il faudra poursuivre les efforts pour diminuer le nombre de traitements par benzodiazépine hypnotique (qui augmente de 1,5 point) ;
  • de l’autre, les dépistages du cancer du col de l’utérus (- 0,7 point) comme du cancer colorectal (- 1 point) sont en baisse, sans que la raison en soit facilement identifiable.

Concernant le suivi des patients atteints de pathologies chroniques, le dépistage de la maladie rénale chronique continue de s’améliorer que ce soit chez le patient hypertendu (+ 2,4 points, soit 210 000 patients mieux dépistés) ou chez le patient diabétique (+ 4,1 points, soit 100 000 patients mieux dépistés).

Enfin, tous les indicateurs d’optimisation et d’efficience des prescriptions sont orientés à la hausse : croissance de la prescription de biosimilaires de l’insuline glargine (+ 6,3 points) comme de la prescription dans le répoertoire des génériques.

Quelles rémunérations pour les médecins, Rosp par Rosp ?

Le montant global des Rosp pour les médecins traitants (MT) de l’adulte et de l’enfant s’élève à 266,7 millions d’euros en 2018, soit une augmentation de 9,5 % par rapport à 2017. En détail, la rémunération de la Rosp pour les médecins traitants de l’adulte progresse de 7,8 % (259,4 contre 240,5 millions d’euros en 2017) et celle des médecins traitants de l’enfant de 142,5 % (7,2 contre 3,0 millions d’euros en 2017).

La clause de sauvegarde, qui avait été prévue en 2018, à l’instar de 2017? pour garantir un maintien de rémunération en cas de montant global inférieur de plus de 10 % à celui de l’année précédente, n’a pas eu besoin d’être activée :

  • Rosp MT adulte : 4 705 € en moyenne pour 55 102 médecins généralistes et médecins à expertise particulière ;
  • Rosp MT enfant : 153 € en moyenne pour 39 646 médecins généralistes et 730 € pour 1 388 pédiatres ;
  • Rosp cardiologues : 2 146 € en moyenne versés à 4 326 professionnels de santé ;
  • Rosp gastro-entérologues : 1 405 € en moyenne pour 2 012 praticiens ;
  • Rosp endocrinologues : entrée en vigueur le 1er janvier 2018, elle sera versée pour la première fois cette année ;
  • Rosp MT adulte des centres de santé : 7 646 € en moyenne versés à 433 centres.

 

Quels paiements à venir en mai ?

 

Le versement du forfait structure interviendra dans le courant du mois de mai, tout comme celui de la Rosp des médecins traitants de l’enfant. La Rosp des endrocrinologues, diabétologues et nutritionnistes, pour sa part, sera versée d’ici le début du mois de juin.

Sur amelipro, chaque professionnel de santé peut retrouver facilement l’ensemble des règlements déjà effectués.