Diminuer le nombre de cancers dus aux papillomavirus grâce à la vaccination

En 2020, la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) chez les jeunes filles a nettement reculé : moins 274 000 doses de vaccins anti-HPV, soit une chute d’un tiers par rapport à l’attendu. La situation est restée aussi préoccupante sur les 4 premiers mois de 2021 avec un déficit de 103 000 doses, soit 27 % par rapport à l’attendu (1). Ce recul intervient alors qu’en France la participation à cette vaccination est déjà faible si l’on se compare à nos voisins européens (voir la carte ci-après).

Ces résultats sont en outre loin de l’objectif affiché de la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030 et du Plan cancer 2021-2030 : 60 % de couverture vaccinale contre les HPV chez les adolescentes âgées entre 11 et 19 ans en 2023 (80 % en 2030).

Pourquoi ces objectifs ?

L’augmentation de la couverture vaccinale contre les HPV en France répond à un double enjeu :

● éradiquer, à terme, le cancer du col de l’utérus, en associant vaccination et dépistage. Par exemple, en Australie où la recommandation de vacciner les filles date de 2007 et celle des garçons de 2013, la couverture vaccinale d’au moins 80 % de cette population a permis une réduction de plus de 77 % des génotypes responsables de 75 % des cancers du col de l’utérus. Elle a aussi eu pour conséquence une diminution de plus de 50 % de l’incidence des lésions précancéreuses cervicale de haut grade chez les jeunes filles de moins de 20 ans (2).

● réduire l’incidence et la mortalité des autres cancers induits par les HPV pour lesquels la vaccination est recommandée et pour lesquels il n’existe pas de dépistage (cancers de la vulve, du vagin, de l’anus et du pénis).

La vaccination contre les HPV étendue aux garçons de 11 à 14 ans

Plus d’un tiers des cancers liés aux infections aux HPV surviennent chez les hommes. C’est pourquoi, depuis le 1er janvier 2021, la vaccination contre les HPV est étendue aux garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible chez les adolescents et les jeunes hommes de 15 à 19 ans révolus.

Plus d’information sur l’ouverture de la vaccination contre les HPV chez les garçons (espace médecin).

Proposer la vaccination anti-HPV lors de l'examen de suivi médical entre 11 et 13 ans

Médecins généralistes et pédiatres sont des acteurs de santé privilégiés pour expliquer à leurs jeunes patients et leurs parents l’importance de la vaccination contre les HPV. L’examen de suivi médical pour l’adolescent entre 11 et 13 ans est l’occasion pour le médecin traitant de la proposer.

« On ne protège jamais trop », la campagne d'information sur le HPV de l'Inca

À l’occasion de la semaine européenne de la vaccination (25 avril au 1er mai), l’Institut national du cancer diffuse, dans les cabinets médicaux et sur ses réseaux sociaux, une campagne d’information sur le vaccin contre les papillomavirus humains (HPV).

En savoir plus sur la campagne.

 

Pour toutes informations supplémentaires sur les vaccins contre les HPV, consulter le site vaccination-info-service.fr

En savoir plus sur la vaccination contre les HPV et cancers sur le site de l'Institut national du cancer.

La couverture vaccinale contre les infections au papillomavirus humain (VPH) en Europe

Il s’agit du pourcentage par pays de femmes dans la population cible ayant reçu la dernière dose de vaccin contre le HPV en 2019, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

France 33 %, Allemagne 43 %, Italie 52 %, Pays-Bas 53 %, Finlande 60 %, Danemark 62 %, Belgique 67 %, Irlande 69 %, Hongrie 78 %, Espagne 79 %, Suède 80 %, Portugal 81 %, Royaume-Uni 82 %.

Focus sur la France

Une étude met en évidence un fort recul de la vaccination en 2020…

D’après le rapport Epi-phare de mai 2021, la vaccination contre les infections HPV en 2020 a nettement reculé : - 274 000 doses de vaccins HPV, soit une chute d’1/3 par rapport à l’attendu (1).

La situation est restée aussi préoccupante sur les 4 premiers mois de 2021 avec un déficit de 103 000 doses, soit -27 % par rapport à l’attendu.

Cette baisse de participation intervient dans un contexte français de faible participation à cette vaccination. En 2019, seules 28 % des jeunes filles de 16 ans ont reçu un schéma vaccinal complet.

…loin de l’objectif affiché dans la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030 et dans le plan cancer 2021-2030

Fixé à 60 % de couverture vaccinale de HPV chez les adolescentes âgées entre 11 et 19 ans en 2023 (80 % en 2030).

Par ailleurs, Plus d’1/3 des cancers liés aux infections aux HPV surviennent chez les hommes.

Depuis le 1er janvier 2021, la vaccination contre les HPV est étendue à tous les garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible chez les adolescents et les jeunes hommes de 15 à 19 ans révolus.

Médecins généralistes et pédiatres sont des acteurs de santé privilégiés pour expliquer à leurs jeunes patients et leurs parents l’importance de la vaccination contre les HPV.

Bon réflexe : l’examen de suivi médical pour l’adolescent entre 11 et 13 ans est l’occasion de la proposer.

Déroulement de la vaccination contre les HPV

Toute nouvelle vaccination doit être initiée avec le vaccin Gardasil 9®. Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec le Cervarix® doit être menée à son terme avec le même vaccin.

La vaccination par le vaccin Gardasil 9® se déroule :

  • pour les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans révolus : en 2 injections, espacées de 6 à 13 mois ;
  • avec un rattrapage de la vaccination possible entre 15 à 19 ans révolus si elle n’a pas eu lieu entre 11 et 14 ans. 3 injections sont du coup nécessaires : la 2e a lieu 2 mois après la 1re et la 3e est réalisée 6 mois après la 1re.

(1) Étude pharmaco-épidémiologique réalisée à partir des données de remboursement du SNDS intitulée « Usage des médicaments de ville en France durant l’épidémie de la Covid-19 – point de situation jusqu’au 25 avril 2021 », produite par groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare.

(1) Étude pharmaco-épidémiologique réalisée à partir des données de remboursement du SNDS intitulée « Usage des médicaments de ville en France durant l’épidémie de la Covid-19 – point de situation jusqu’au 25 avril 2021 », produite par groupement d’intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare associant la Caisse nationale de l’Assurance Maladie et l’Agence nationale du médicament et des produits de santé.

(2) 10 arguments clés sur la vaccination contre les infections liées aux papillomavirus humains (HPV).

 

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