Covid-19 : une expérimentation pour essayer de remonter les chaînes de contamination

29 avril 2021

Depuis le 25 mars, le contact tracing rétrospectif, ou rétrotracing, est testé dans deux départements : la Côte-d’Or et la Loire-Atlantique. Le rétrotracing étudie les circonstances de contamination afin de repérer un moment ou des lieux à l'origine de la chaîne de contamination. Ce dispositif est déjà mis en place au Japon.

L’objectif de cette expérimentation est de tester les outils et méthodes d’investigation utiles pour briser les chaînes de contamination encore plus en amont qu’aujourd’hui. Étant donné le confinement observé en avril, l’expérimentation se poursuit sur le mois de mai pour permettre l’identification d’autres types d’événements.

Si l’expérimentation est concluante, le dispositif de rétrotracing pourra être déployé au niveau national à partir du moment où la circulation du virus sera moins intense, les épidémiologistes estimant cette méthode plus facile à mettre en œuvre lorsque le niveau de contamination est faible.

Les personnes testées positives à la Covid-19, les patients zéro (P0), sont démarchées par le contact tracing actuellement pratiqué, afin de rechercher leur cas contact. Le rétrotracing permet d’aller plus loin : on estime que 10 à 20 % des patients zéro contactés sont en capacité de déterminer un évènement ou une circonstance qui pourraient être à l’origine de leur contamination (1).

Intérêt du rétrotracing : rechercher les personnes co-exposées

Le rétrotracing permet d’identifier d’éventuelles personnes appelées « co-exposées » : ces personnes ont pu ne pas être identifiées lors de la recherche initiale des cas contact avec la personne testée positive.

Une personne co-exposée est une personne qui a croisé un malade de la Covid-19, lors d’un événement ou dans un lieu et a pu y être contaminée surtout si les gestes barrières n’ont pas été respectés durant l’événement.

Ces personnes co-exposées peuvent transmettre sans le savoir la Covid-19.

Comment fonctionne le rétrotracing ?

Concrètement, dans le cadre de cette expérimentation, les enquêteurs sanitaires de l’Assurance Maladie demandent systématiquement à la personne testée positivement à la Covid-19, en plus de ses cas contact :

  • les circonstances où elle a pu attraper la Covid-19 : un événement (rassemblement, fêtes…) ou un lieu (restauration collective, établissements publics…) ;
  • la personne qui a pu la contaminer ;
  • les autres personnes présentes.

L’enquêteur sanitaire peut aussi demander à récupérer les noms et coordonnées du responsable du lieu ou de l’organisateur de l’évènement.

Ce questionnaire permet d’établir une liste des personnes présentes et possiblement exposées au même risque ou à la même source de contamination que la personne testée positivement : ce sont les personnes co-exposées. Avec le rétrotracing, ces personnes co-exposées sont contactées par l’Assurance Maladie qui les invite à réaliser un test de dépistage et à s’isoler. Elles sont aussi soumises au même questionnaire. Ces personnes, si elles ne peuvent pas télétravailler, peuvent bénéficier d’un arrêt de travail dérogatoire sans délai de carence à partir du site declare.ameli.fr.

Comme c’est déjà le cas dans le cadre du contact tracing, l’Assurance Maladie se coordonne avec l’Agence régionale de santé (ARS) du territoire concerné afin que celle-ci prenne le relai en cas de situation complexe ou de contamination d’ampleur (nombre très important de co-exposés ou établissements de santé, écoles…).

(1) Étude ComCor sur les lieux de contamination à la Covid-19, disponible sur le site pasteur.fr.