Covid-19 : les facteurs augmentant les risques d’hospitalisation ou de décès lors de la 2eme vague

23 juillet 2021

Dans la continuité de son étude du 9 février 2021 sur les sur-risques d’hospitalisation et de décès hospitaliers liés à la Covid-19 durant la première vague de l’épidémie de Covid-19, le groupement d’intérêt scientifique (Cnam/ANSM) Epi-phare, renouvelle cette analyse à partir des données de la deuxième vague de 2020 (1).

Ces nouveaux résultats sont comparés à ceux observés lors de la première vague, et mesurent notamment pour chaque vague : le risque d’hospitalisation pour Covid-19 et le risque de décès au cours du séjour hospitalier qui représente un indicateur clé de l’évolution de l’efficacité de la prise en charge médicale (encadré 1). Ils montrent que la mortalité à l’hôpital a diminué durant la deuxième vague (encadré 2), particulièrement chez les patients les plus jeunes.

Les facteurs de risque d’hospitalisation et de décès, quant à eux, restent sensiblement les mêmes entre les deux vagues :

  • l’âge (hospitalisation plus de 8 fois plus élevée chez les 85 ans et plus par rapport aux 40-44 ans et décès à l'hôpital pour Covid-19 près de 200 fois plus élevé pour cette tranche d’âge) ;
  • le sexe : les hommes avaient, à âge et pathologie identiques, 1,5 fois plus de risques que les femmes d’être hospitalisés et 2 fois plus de risque de décéder ;
  • les troubles mentaux sévères restaient particulièrement à risque d’hospitalisation et de décès à structure d’âge égale (troubles psychotiques - schizophrénie : risque d’hospitalisation multiplié par 2,2 et décès par 1,6 et pour les troubles névrotiques et de l'humeur, risque d’hospitalisation multiplié par 1,7 et décès par 1,3) ;
  • le lieu d’habitation : une proportion importante de patients présentant une forme sévère de Covid-19 vivait dans une commune défavorisée. Pour ces patients, le risque de décès pour Covid-19 était 1,4 fois plus élevé que pour ceux issus des communes les moins défavorisées.

L’étude permet également de lister 7 maladies particulièrement à risque et observées comme étant des causes de complications majeures :

  • trisomie 21 (risque multiplié par 10 pour l’hospitalisation et 28 pour le décès) ;
  • retard mental (risque multiplié par 4 pour l’hospitalisation et 6 pour le décès) ;
  • transplantation rénale (risque multiplié par 5 pour l’hospitalisation et 6 pour le décès) ;
  • transplantation du poumon (risque multiplié par 4 pour l’hospitalisation et 12 pour le décès) ;
  • mucoviscidose (risque multiplié par 2,5 pour l’hospitalisation) ;
  • insuffisance rénale en dialyse (risque multiplié par 3,5 pour l’hospitalisation et 3 pour le décès) ;
  • cancer actif du poumon (risque multiplié par 2,5 pour l’hospitalisation et 3 pour le décès).

En conclusion, les résultats de cette étude soulignent à nouveau l’impératif de freiner fortement la circulation du virus Sars-CoV-2 par la vaccination de l’ensemble de la population à partir de 12 ans pour faire face à la contagiosité élevée du variant Delta.

Un meilleur accès aux soins hospitaliers lors de la 2eme vague

Les personnes hospitalisées lors de la 2eme vague étaient nettement plus âgées que celles admises à l’hôpital au cours de la 1ere vague : les 75 ans et plus représentaient 47 % des patients hospitalisés durant la 2eme vague, contre 39 % pendant la 1ere. Inversement, les 30 - 59 ans représentaient 21 % des hospitalisations lors de la 2eme vague contre 30 % durant la 1ere.

Une diminution globale de la mortalité hospitalière entre les deux vagues

La baisse globale de la mortalité hospitalière, qui confirme l’amélioration des soins à l’hôpital pour Covid-19, est observée dans toutes les tranches d’âges. La diminution de la mortalité à l’hôpital était particulièrement importante chez les patients plus jeunes. Elle était ainsi de 40 % pour les 30-59 ans, 30 % pour les 60-64 ans, de 25 % pour les 65-69 ans, de 29 % pour les 70-74 ans, de 17 % pour les 75-79 ans et de 9 % pour les 80-84 ans.

 Consulter sur le site Epi-phare l’intégralité du rapport.

 

(1) Étude réalisée à partir des données du Système national des données de santé (SNDS) (2), qui porte sur une cohorte de près de 67 millions de personnes, soit l’intégralité de la population française et couvre la période du 1er octobre 2020 au 15 décembre 2020. Durant ces deux mois et demi, un peu plus de 88 940 patients sans antécédents d’hospitalisation pour Covid-19 ont été hospitalisés en raison de ce virus, dont 16 894 en sont décédés à l’hôpital

(2) Le Système national des données de santé (SNDS) est un ensemble de bases de données strictement anonymes, comprenant toutes les données de remboursement de l'assurance maladie obligatoire, en particulier les données provenant du traitement des remboursements des soins de santé (feuille de soins électroniques ou papier) et des données provenant des établissements de santé (PMSI).Il couvre l’intégralité de la population française, soit 67 millions d’habitants, et a largement été utilisé en France afin de mener des études en pharmaco-épidémiologie