« Chaque professionnel de santé fait du beau travail : la CPTS permet de mieux le valoriser »

26 juillet 2019

Docteur Aurélie Brun Banderra

L’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) en faveur de l’exercice coordonné et du déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) a été signé le 20 juin entre les partenaires conventionnels (1) et l’Assurance Maladie. Lancée en 2016, la CPTS « Entre châtaigne et micocoule », dans le Gard, s’attache à remplir la mission première de ces organisations : proposer une offre de soins adaptée aux besoins de la population du territoire. Elle s’est construite autour de trois maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et poursuit son diagnostic territorial, comme l’explique le docteur Aurélie Brun Banderra, médecin généraliste et membre fondateur.

Quelles sont les actions concrètes de la CPTS ?

Dr Aurélie Brun Banderra. Nous avons mis en place un protocole de prévention des chutes : il s’agit d’un bilan médical et kinésitherapique réalisé auprès d’une personne à risque, ou qui a déjà chuté chez elle. Ensuite, un ergothérapeute se rend à son domicile, analyse le logement et propose des aménagements, sans obligation de les réaliser. Le regard de l’ergothérapeute dans ce protocole est un vrai avantage.

Nous sommes en train de développer un protocole contre la dénutrition, pour toute personne avec une pathologie chronique et/ou âgée et qui débutera sur une partie du territoire de la CPTS. Il s’agit de s’appuyer sur le réseau des professionnels de santé qui rencontrent régulièrement les patients, comme les infirmiers ou les masseurs-kinésithérapeutes, pour repérer les personnes à risque et proposer un accompagnement afin d’éviter la dénutrition.

Nous avons aussi organisé des soirées d’information sur les directives anticipées, c’est-à-dire sur les dernières volontés du patient pour sa fin de vie, en lien avec l’Association des soins palliatifs dans le Gard. Environ 120 personnes ont participé. Depuis, chaque accueil de maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) a un livret sur ces directives. Il y a d’autres actions : coordination des soins, éducation thérapeutique pour les maladies cardiaques, etc.

Quelles sont les plus grandes difficultés d’une telle organisation ? Et ses avantages ?

Dr Aurélie Brun Banderra. On veut proposer des actions qui répondent au vrai besoin des patients. Avec la CPTS, nous arrivons à mieux nous coordonner et à mieux faire entrer le patient dans un parcours de soins complet et plus proche de ses attentes. Chaque professionnel de santé fait du beau travail : la CPTS permet de mieux le valoriser et de bien structurer les soins primaires. Les CPTS sont bénéfiques à la fois pour le patient et le professionnel de santé : pour le médecin, car elle offre une meilleure qualité de travail, et pour le patient, car on est plus efficace quand on connaît mieux le travail des autres professionnels de santé de la région.

Quelle est l’organisation retenue au sein de la structure ?

Dr Aurélie Brun Banderra. L’équipe d’animation, dont je fais partie, est composée de représentants des 3 MSP qui ont fondé la CPTS. En effet, avant 2016, les MSP de Lasalle, Saint-Jean-du-Gard et Sauve, proches géographiquement, avaient commencé à travailler ensemble et à mutualiser leurs moyens. Aujourd’hui, la structure couvre 20 000 habitants et 33 communes pour une cinquantaine de professionnels de santé. Elle recherche des actions qui sont ensuite discutées au comité d’animation, constitué des acteurs locaux (méthode d’action pour l’intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’autonomie (Maia), établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), etc.). Il y a des réunions tous les mois, plus ou moins selon le besoin.

 

(1) Médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues, transporteurs, centres de santé, biologistes, pharmaciens, audioprothésistes, opticiens et fournisseurs d’appareillage.