BPCO : des indicateurs de qualité pour évaluer le parcours de soins des patients

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La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) touche 3 millions de personnes après une exposition prolongée au tabac ou à des produits toxiques ou irritants. Cette maladie chronique nécessitant une prise en charge tout au long de la vie, la bonne coordination entre professionnels de santé et un suivi adapté améliorent sensiblement la prise en charge et la qualité de vie des patients. C’est pourquoi cette pathologie a été la première à être retenue par la Haute Autorité de santé (HAS) pour élaborer des indicateurs de qualité du parcours de soins. Ce travail s’inscrit dans le cadre du chantier « qualité et pertinence » de la stratégie « Ma santé 2022 », co-piloté par l’Assurance Maladie et la HAS.

Pour la première fois, la HAS a mesuré 7 de ces indicateurs à partir de 2 bases de données du système national des données de santé (SNDS) (1) : les données de soins de ville et les données des séjours hospitaliers et des consultations en établissements de santé, aux niveaux national et régional. Le 4 avril, la HAS a publié les résultats à l’attention des professionnels de santé, des tutelles et des représentants de patients pour déployer sur le terrain des plans d’actions en adéquation avec le contexte local.
La HAS a mesuré ces indicateurs à différentes étapes de la prise en charge : dépistage, suivi  des patients stables et suivi après hospitalisation. Les résultats (2) montrent que des améliorations sont à mettre en œuvre à toutes ces étapes du parcours de soins des personnes à risque ou atteintes de BPCO, puisqu’1 seul des indicateurs sur les 7 observés obtient un résultat national supérieur à 70 %.

Ces travaux menés par la HAS sont une première étape. Ils sont mis à disposition des acteurs de terrain afin de les aider à définir les plans d’action les plus adaptés localement.
Une action pilote est prévue en région Hauts-de-France, qui a inscrit depuis 2012 la BPCO dans son programme d’action « maladies chroniques » du Programme régional de santé. À partir de la mise à disposition par la HAS des programmes de calcul des indicateurs qualité, l’Assurance Maladie, en partenariat avec l’agence régionale de santé (ARS) et les acteurs locaux, développera un outil de diagnostic territorial portant sur le parcours BPCO. Cet outil permettra d’accompagner les acteurs de soins, en particulier des structures d’exercice coordonné (communautés professionnelles territoriales de santé et maisons de santé pluriprofessionnelle), pour améliorer la prise en charge des patients du territoire en identifiant des points de rupture dans le parcours de soin et en favorisant le déploiement d’actions d’optimisation.

Les résultats en détail

La prévention

Indicateur 1. Le dépistage de la BPCO par la réalisation d’une spirométrie ou d’explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) est nécessaire chez les personnes exposées à un risque de développer la maladie (tabac, exposition professionnelle à des toxiques ou irritants). L’objectif est de réduire l’exposition, de ralentir l’évolution de la maladie et de diminuer la fréquence et la sévérité des complications. Pourtant, seules 21,3 % des personnes identifiées à risque de BPCO bénéficient d’un tel dépistage.

La prise en charge des patients stables

Indicateur 2. La vaccination contre la grippe des patients atteints de BPCO permet de prévenir les exacerbations. On constate que 52,7 % des patients atteints de BPCO sont vaccinés contre la grippe et ce taux tombe à 33 % chez les moins de 65 ans.

Indicateur 3. La réalisation d’explorations fonctionnels respiratoires (EFR) ou d’une spirométrie annuelle chez les patients atteints de BPCO est primordiale pour surveiller la fonction respiratoire et ajuster ou renforcer les traitements si nécessaire. Elle est réalisée sur 34,2 % des patients seulement.

Le suivi médical après hospitalisation

Indicateur 4. Le suivi médical des patients dans les 7 jours après une hospitalisation pour exacerbation de BPCO  permet d’assurer la continuité des soins à la sortie ; ce suivi est mis en place chez seulement 41,9 % d’entre eux.

Indicateur 5. Le suivi par le pneumologue dans les 60 jours après une hospitalisation pour exacerbation de BPCO permet de réévaluer les besoins du patient et d’ajuster le traitement à moyen terme ; ce suivi par un pneumologue est réalisé pour 30,9 % des patients sur cette période.

Indicateur 6. La délivrance remboursée d’un traitement de bronchodilatateur de longue durée d’action dans les 90 jours après une hospitalisation pour exacerbation de BPCO vise à améliorer la fonction respiratoire des patients et ainsi leur qualité de vie. Ce traitement de référence est poursuivi ou initié pour 74 % des patients, mais pour 58 % seulement des plus de 85 ans.

Indicateur 7. Les soins de rééducation dans les 90 jours après une hospitalisation pour exacerbation de BPCO sont recommandés pour améliorer la qualité de vie et diminuer la mortalité et le risque de ré-hospitalisation. Cette rééducation reste faiblement mise en place : 31,1 % chez l’ensemble des patients même si elle augmente sensiblement avec l’âge puisqu’elle concerne 42 % des plus de 85 ans.


(1) Le SNDS est un ensemble de bases de données strictement anonymes, comprenant toutes les données de remboursement de l'assurance maladie obligatoire, en particulier les données provenant du traitement des remboursements des soins de santé (feuille de soins électroniques ou papier) et des données provenant des établissements de santé (PMSI). Il couvre l’intégralité de la population française, soit 67 millions d’habitants, et est largement utilisé en France afin de mener des études en pharmaco-épidémiologie.

(2) Il est important de noter que les résultats ne dépendent pas uniquement des pratiques des professionnels ; mais aussi de l’acceptabilité par le patient de sa maladie et de son adhésion aux soins, examens et traitements ; et enfin des possibilités d’accès aux soins (plateaux techniques, professionnels).

BPCO : données épidémiologiques et parcours de soins

La bronchopneumopathie chronique obstructive en France

 

Données épidémiologiques

 

Prévalence

  • Environ 3,5 millions de personnes touchées en France
  • Prévalence estimée à 7,5 % dans une population de plus de 40 ans
  • Tendance : l’incidence semble se stabiliser chez l’homme et augmenter chez la femme.

 

Causes

Dans plus de 80 % des cas, la cause de la BPCO est le tabac.

Les autres facteurs favorisants sont :

  • la consommation de cannabis ;
  • certains facteurs environnementaux : pollution atmosphérique et pollution intérieure (chauffage au bois ou au charbon par exemple) ;
  • l'exposition professionnelle à des toxiques ou des irritants :  poussières de charbon ou de silice (industrie minière) ; végétaux, moisissures (industrie textile et secteur agricole) ; gaz, vapeurs et fumées ;
  • l'hérédité responsable d'une susceptibilité individuelle dans la réponse aux agressions respiratoires (tabac, pollution...) ou très rarement une maladie génétique.

 

Conséquences

ALD

  • En 2019, 103 730 personnes étaient en affection de longue durée (ALD) pour bronchite chronique, sans précision (taux de croissance annuel moyen entre 2005 et 2019 : 13 %)

Décès

  • En 2014, la BPCO était mentionnée comme cause de décès (cause initiale ou cause associée) pour plus de 18 000 décès survenus chez des résidents en France (hors Mayotte). Cause initiale pour près de la moitié de ces décès.

 

Hospitalisations

  • 2014 : nombre annuel d’hospitalisations pour exacerbation de BPCO situé entre 100 000 et 160 000

 

  • Taux standardisés d’hospitalisation : depuis 2000, augmentation :
    • de 2 % par an chez l’homme
    • de 5 % par an chez la femme.

 

Coûts

  • Coûts moyens directs de la BPCO :
    • 7 628 € par an pour les patients les moins sévères
  •             et jusqu’à 20 747 € par an chez les patients sous oxygénothérapie.

 

Sources : Haute Autorité de santé, et notamment Guide du parcours de soins BPCO – Juin 2014 et mise à jour novembre 2019 ; Santé publique France ; Drees ; Assurance Maladie.

 

Les 7 indicateurs de qualité du parcours de soins mesurés par la HAS

 

Prévention

 

Indicateur 1

Dépistage de la BPCO par la réalisation d’une spirométrie ou d’explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) chez les personnes exposées à un risque de développer la maladie (tabac, exposition professionnelle à des toxiques ou irritants) : 21,3 % des personnes identifiées à risque

 

Prise en charge des patients stables

 

Indicateur 2

Vaccination contre la grippe des patients atteints de BPCO : 52,7 % ( 33 % chez les moins de 65 ans)

 

Indicateur 3

Réalisation d’explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) ou d’une spirométrie annuelle chez les patients atteints de BPCO : 34,2 % des patients

 

Suivi médical après hospitalisation

 

Indicateur 4

Suivi médical des patients dans les 7 jours après une hospitalisation pour exacerbation de BPCO : 41,9 % des patients

 

Indicateur 5

Suivi par le pneumologue dans les 60 jours après une hospitalisation pour exacerbation de BPCO : 30,9 % des patients

 

Indicateur 6

Délivrance remboursée d’un traitement de bronchodilatateur de longue durée d’action dans les 90 jours après une hospitalisation pour exacerbation de BPCO : 74 % des patients (58 % des plus de 85 ans)

 

Indicateur 7

Soins de rééducation dans les 90 jours après une hospitalisation pour exacerbation de BPCO : 31,1 % de l’ensemble des patients (42 % des plus de 85 ans)

 

Synthèse

Un seul des indicateurs sur les 7 observés obtient un résultat national supérieur à 70 %, alors que tous devraient atteindre ce taux.

 

 

Sources

2 bases de données du Système national des données de santé (SNDS) : données de soins de ville et données des séjours hospitaliers et des consultations en établissements de santé, aux niveaux national et régional.

 

 

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