Le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) au service de la pratique du masseur-kinésithérapeute

29 décembre 2020
Obligatoire pour tout traitement thérapeutique, le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) permet d’établir un plan de soins complet et individualisé, d’échanger avec son patient et d’assurer la liaison avec le médecin prescripteur.

Le BDK est reconnu comme l’un des outils principaux d’information, de coordination et d’amélioration de la qualité de la prise en charge des soins de masso-kinésithérapie par l’Assurance Maladie.

Comment facturer le BDK ?

Depuis le 1er juillet 2018 et l’avenant 5 à la convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes, le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) lié au traitement de rééducation et réadaptation fonctionnelle a été revalorisé à hauteur de 10,7 AMK (23,01 €(1)) et le BDK lié au traitement de rééducation des conséquences des affections neurologiques et musculaires (en dehors des atteintes périphériques radiculaires ou tronculaires) à hauteur de 10,8 AMK (23,22 €(1)).

La facturation du bilan est permise dès la première séance, quel que soit le nombre de séances prescrites ou facturées, dès lors qu’une rééducation est prescrite.

Pour les BDK liés au traitement de rééducation des conséquences des affections neurologiques et musculaires, en dehors des atteintes périphériques radiculaires ou tronculaires, le BDK suivant est facturable à la 60e séance, puis toutes les 50 séances.

Pour les BDK liés au traitement de rééducation et de réadaptation fonctionnelle figurant au chapitre II ou III de la NGAP, le BDK suivant est facturable à la 30e séance, puis toutes les 20 séances.

Contenu, usage et diffusion du BDK

Le BDK : un outil obligatoire et protecteur

La réalisation d’un BDK est obligatoire depuis 1996 (2). Dans le cadre de la prescription médicale, le masseur-kinésithérapeute est tenu d’établir un bilan qui comprend le diagnostic kinésithérapique et les objectifs de soins, ainsi que le choix des actes et des techniques qui lui paraissent les plus appropriés.

Le BDK est un document obligatoire et protecteur, car il permet au masseur-kinésithérapeute de rassembler l’ensemble des éléments relatifs à la description du protocole thérapeutique et donc de se protéger en cas de contestions du traitement réalisé. Le BDK est le seul document officiel permettant de prouver la prise en charge effectuée par le masseur-kinésithérapeute.

La nomenclature générale des actes professionnels (NGAP – section 2, chapitre 1, titre XIV) précise le contenu du BDK : il s’agit du reflet des examens cliniques successifs réalisés par le masseur-kinésithérapeute. Il doit comporter l'évaluation initiale des déficiences et des incapacités fonctionnelles permettant au professionnel de choisir les actes et les techniques les plus appropriés.

Le BDK : un bilan pour valoriser l’action auprès du patient

Au-delà de son caractère obligatoire, le BDK est avant tout un outil au service du masseur-kinésithérapeute et de son patient.

En effet, le bilan doit comporter l'évaluation initiale des déficiences et des incapacités fonctionnelles du patient. Cet état des lieux en début de traitement est essentiel puisqu’il permettra de connaitre l’évolution du patient et donc de lui apporter une source de motivation en lui montrant ses progrès.

Recueil d’informations qualitatives et quantitatives, le BDK permet au masseur-kinésithérapeute de déterminer les objectifs de soins et les moyens thérapeutiques à appliquer pour ajuster les méthodes employées avec son patient. Le BDK est donc la matérialisation de l’action du masseur-kinésithérapeute auprès de son patient et gage d’une prise en charge de qualité.

Enfin, la réalisation du BDK fait partie intégrante du soin en permettant au masseur-kinésithérapeute de déterminer les actes les plus appropriés et d’échanger avec le patient autour du plan de soins. Le BDK est donc un temps essentiel lors de la première séance avec le patient, puisqu’il permet au masseur-kinésithérapeute de connaîitre le projet de son patient et d’introduire des éléments d’éducation thérapeutique.

Le BDK : un moyen de communication avec les autres professionnels de santé

Ce bilan, qui a un rôle de coordination, doit être tenu à la disposition du médecin prescripteur. Le masseur-kinésithérapeute doit envoyer au médecin prescripteur, dès le début du traitement, la fiche synthétique du BDK initial (3). À l'issue de la dernière séance de soins et lorsque le traitement comporte au moins 10 séances, la fiche synthétique du BDK doit être adressée au médecin prescripteur.

La fiche synthétique du bilan-diagnostic kinésithérapique doit également être tenue à la disposition du patient et du service médical, à leur demande.

Le BDK est donc le support des échanges entre le masseur-kinésithérapeute et le médecin (ou autres professionnels de santé) permettant de coordonner leurs actions et d’établir un lien de confiance respectif.

Enrichi au fil du traitement, le masseur-kinésithérapeute peut échanger avec le médecin sur les événements ayant justifié des modifications thérapeutiques et valoriser les résultats ainsi obtenus par rapport à l’objectif final.

Dans le cadre de la coordination avec le médecin prescripteur, la fiche de synthèse permet au médecin de disposer des informations essentielles sur la prise en charge du patient et de valoriser ainsi l’intervention du masseur-kinésithérapeute en tant qu’acteur de santé de proximité.

(1) En Outre-mer (dont Mayotte) : 25,25 € pour le BDK rééducation et réadaptation fonctionnelle et 25,49 € pour le BDK affection neurologique.
(2) Article 2 du décret n°96-879 du 8 octobre 1996, codifié par décret en 2004 à l’article R. 4321-2 du code de la santé publique.
(3) Lorsque le nombre de séances préconisé par le masseur-kinésithérapeute est inférieur à 10, l'information du médecin prescripteur peut se limiter à une copie de la demande d'accord préalable.