Alzheimer : quels traitements pour améliorer l’autonomie des patients ?

28 septembre 2018

Depuis le 1er août 2018, les médicaments jusqu’alors utilisés dans le cadre de la maladie d’Alzheimer (donépézil, galantamine, rivastigmine et mémantine) ne sont plus remboursés par l’Assurance Maladie. Cette décision fait suite à l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) qui a conclu, sur la base des données disponibles, que ces médicaments avaient une faible efficacité sur les troubles cognitifs. Pour accompagner les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, la HAS préconise des traitements non médicamenteux, fondés sur des thérapies psychocomportementales et « réadaptatives », qu’elle présente depuis mai 2018 dans un guide destiné aux professionnels de santé.
Un rôle accru des médecins généralistes, une meilleure prise en charge par un suivi pluridisciplinaire et un appui plus soutenu des aidants figurent parmi les propositions visant à permettre aux patients de conserver leur autonomie plus longtemps.

Réagir dès les premiers signes de la maladie pour une prise en charge adaptée

La HAS explique dans son guide que le diagnostic étiologique, identifiant une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée (MA2), serait encore trop souvent établi au moment où une entrée en institution est envisagée. Depuis l’instauration de la visite longue (VL) en 2012, les médecins traitants ont la possibilité d’effectuer des consultations complexes de longue durée au domicile des patients. Ces consultations, limitées à 3 par an et par patient, sont intégrées dans la catégorie des consultations très complexes créées en 2017. Dans ce contexte, leur objectif est de permettre de détecter plus tôt la maladie et de proposer une prise en charge personnalisée, réactive et partagée entre tous les professionnels de santé concernés.

Assurer une bonne coordination entre tous les professionnels

Les professionnels de santé libéraux et les intervenants au domicile ont un rôle sentinelle dans le repérage des premiers signes de la maladie ou des signes d’aggravation de celle-ci. Le médecin traitant, souvent généraliste, joue lui un rôle central dans le diagnostic et les échanges entre professionnels de la prise en charge (médecin spécialiste, psychologue, ergothérapeute, infirmier à domicile, etc.).

Préserver l’entourage et soutenir la fonction d’aidant

Cette prise en charge doit s’attacher à préserver les capacités et l’autonomie du patient tout en restant compatible avec son maintien à domicile.

L’accompagnement des aidants de personnes malades, dont le rôle est essentiel au quotidien, a en outre été renforcé, grâce à une augmentation continue du nombre de plateformes d’accompagnement et de répit qui leur apportent conseils et soutiens. Les équipes spécialisées Alzheimer (ESA), qui permettent une prise en charge des patients à des moments clés de leur maladie, se développent par ailleurs sur l’ensemble du territoire. Toutes ces mesures sont de nature à renforcer la qualité de la prise en charge dans toutes ses dimensions.