Remboursements de soins infirmiers de ville : quelle répartition en 2017 ?

13 novembre 2019

Le rapport « Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses : propositions de l’Assurance Maladie pour 2020 » a été publié au début du mois de juillet 2019. Avec ce document annuel, la Caisse nationale de l’Assurance Maladie contribue à l’élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et à la transformation du système de santé.

La première partie du document est consacrée à la présentation des résultats d’une analyse médicalisée des déterminants de la croissance des dépenses ; une deuxième partie s’attache aux pistes d’économies identifiées ; quant à la troisième partie, elle présente des résultats d’études et des réflexions portant sur la qualité et l’efficience du système de soins. Les deuxième et troisième parties s’accompagnent de propositions concrètes pour améliorer le système de santé.

Trois focus spécifiques sont proposés cette année dans la première partie : infection par le VIH, diabète, maladies cardiovasculaires. Parmi ces pathologies, le poste « soins infirmiers » progresse dans les dépenses liées au diabète entre 2012 et 2017, ce qui peut s’expliquer par le recours plus fréquent à l’insulinothérapie pour des patients traités en ambulatoire.

La dépense globale pour les soins infirmiers en ville est passée de 5,8 milliards d’euros en 2016 à 6,1 milliards d’euros en 2017, soit 5 % d’augmentation. La répartition de ces dépenses est assez stable entre 2016 et 2017. Les soins infirmiers liés aux maladies cardiovasculaires forment les dépenses les plus importantes avec près de 22 % des dépenses totales, suivis du poste lié au diabète, stable à 21 % des dépenses, puis des soins infirmiers liés aux maladies neurologiques ou dégénératives, qui représentaient 20 % des dépenses en 2017 comme en 2016.

 

 

Infographie dépenses de santé 2017 et répartition des soins infirmiers

Les hospitalisations ponctuelles, premier poste de dépense en 2018

  • 2012 : 123 milliards d’euros remboursés par le régime général (y compris sections locales mutualistes)
  • 2017 : 140 milliards d’euros remboursés par le régime général (y compris sections locales mutualistes)

Soit une hausse de 14 %

Les 3 postes de dépenses les plus importants en 2017 sont :

  1. Hospitalisations ponctuelles : 22 %
  2. Maladies psychiatriques ou psychotropes : 15 %
  3. Cancers : 11 %

Focus sur 3 pathologies ou groupes de pathologies

Cancers en phase active de traitement

  • Remboursements : 14 milliards d’euros de remboursements en 2017, + 4,8 % par an en moyenne depuis 2012
  • Effectifs : 1,2 million de patients concernés en 2017, + 2,8 % par an en moyenne depuis 2012

Gros plan sur le cancer du poumon

  • Remboursements : 1,6 milliard d’euros de remboursements en 2017, + 7 % par an en moyenne depuis 2012
  • Effectifs : 79 700 patients en phase active de traitement en 2017, + 3,7 % par an en moyenne depuis 2012
  • Dépense annuelle moyenne par patient : 20 050 euros en moyenne de dépense remboursée par an et par patient, + 3,2 % par an en moyenne depuis 2012 (mais + 13,2 % entre 2016 et 2017)

VIH ou sida

  • Remboursements : 1,3 milliard d’euros de remboursements en 2017, + 0,1 % par an en moyenne depuis 2012
  • Effectifs : 131 800 patients concernés en 2017, + 2,8 % par an en moyenne depuis 2012
  • Dépense annuelle moyenne par patient : 9 678 euros en moyenne de dépense remboursée par an et par patient, -2,6 % par an en moyenne depuis 2012 (mais -9,6 % entre 2016 et 2017)

Diabète

  • Remboursements : 7 milliards d’euros de remboursements en 2017, + 2,5 % par an en moyenne depuis 2012
  • Effectifs : 3,2 millions de patients concernés en 2017, + 2,7 % par an en moyenne depuis 2012
  • Dépense annuelle moyenne par patient : 2 160 euros en moyenne de dépense remboursée par an et par patient, -0,2 % par an en moyenne depuis 2012

Répartition des remboursements de soins infirmiers de ville en 2017

Détails sur 16 remboursements :

  • Maladies cardio-neurovasculaires : 1,3 milliard d’euros soit 22 % du total
  • Diabète : 1,3 milliard d’euros soit 21 % du total
  • Maladies neurologiques ou dégénératives : 1,2 milliard d’euros soit 19,6 % du total
  • Maladies psychiatriques: 0,5 milliard d’euros soit 8 % du total
  • Cancers : 0,4 milliard d’euros soit 7 % du total
  • Hospitalisations ponctuelles (avec ou sans pathologie, traitement ou maternité) : 0,4 milliard d’euros soit 6,2 % du total
  • Autres affections de longue durée : 0,26 milliard d’euros soit 4,3 % du total
  • Traitements du risque vasculaire : 0,26 milliard d’euros soit 4 % du total
  • Traitements psychotropes : 0,2 milliard d’euros soit 3 % du total
  • Soins courants : 0,1 milliard d’euros soit 2 % du total
  • Maladies inflammatoires ou rares ou VIH ou sida : 0,07 milliard d’euros soit 1 % du total
  • Insuffisance rénale chronique terminale : 0,06 milliard d’euros soit 1 % du total
  • Maladies respiratoires chroniques (hors mucoviscidose): 0,03 milliard d’euros soit 0,5 % du total
  • Maternité (avec ou sans pathologie) : 0,02 milliard d’euros soit 0,3 % du total
  • Maladies du foie et du pancréas : 0,01 milliard d’euros soit 0,2 % du total
  • Traitement antalgique ou anti-inflammatoire : 0,01 milliard d’euros soit 0,1 % du total

Source : « Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses » -  Rapport sur l’évolution des charges et des produits de l’Assurance Maladie au titre de 2020.