Les principales pathologies prises en charge par l’Assurance Maladie en 2018

23 juillet 2020

Début juillet, l’Assurance Maladie a publié ses « Propositions sur les charges et produits de l’Assurance Maladie pour 2021 (PDF) ».  Ce document est présenté en amont de la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) au ministère de la Santé et des solidarités ainsi qu’au Parlement. Il constitue une contribution de l’Assurance Maladie à la réflexion pour améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses.

Cette année, au regard de la crise sanitaire sans précédent à laquelle le système de santé a été confronté, le rapport comporte une 3e partie dédiée à cette crise, notamment en termes de retard de soins et de conséquences sur l’organisation des soins.

Cartographie et projections

La première partie expose la cartographie médicalisée des dépenses de santé, élaborée à partir du système national des données de santé (SNDS) Elle présente notamment l’évolution des pathologies et des dépenses en France, elle permet de quantifier les pathologies ou les traitements les plus fréquents, les 142 milliards d’euros de dépenses associées et leurs évolutions entre 2012 à 2018, pour 57,9 millions de personnes en France.

Nouveauté cette année : la cartographie propose de nouvelles projections entre 2019 et 2023 sur les effectifs concernés par chaque grande pathologie. Elles font apparaître que quelque 500 000 personnes supplémentaires seront concernées par la hausse des maladies chroniques d’ici à 2023.

D’après les projections, 6 pathologies devraient connaître, d’ici à 2023, une croissance de patients importante :

  • les maladies cardio-neurovasculaires (+ 638 000 malades, soit + 13%) ;
  • le diabète (+459 000, soit +12 %) ;
  • les maladies psychiatriques (+288 000, soit 11 %) ;
  • les maladies inflammatoires ou rares ou VIH ou sida (+249 000, soit + 20 %) ;
  • les cancers (+232 000, soit +7 %) ;
  • les maladies respiratoires chroniques (+211 000, soit +6 %).

En parallèle, 3 pathologies ou soins devraient diminuer :

  • - 9 % pour les traitements psychotropes : 5,7 millions de patients en 2018 contre 5,2 millions attendus en 2023 ;
  • - 8 % pour les soins maternité : 1,3 million de patientes en 2018 contre 1,2 million attendues en 2023 ;
  • - 7 % pour les traitements du risque vasculaire : 8,4 millions de patients en 2018 contre 7,8 millions attendus en 2023.

Dans la deuxième partie du rapport, l’Assurance Maladie présente, dans un contexte inédit lié au Covid-19, l’ensemble des champs d’actions sur lesquels elle interviendra en 2021 (produits de santé, actes et prescription, prise en charge, lutte contre la fraude…). Les propositions formulées portent sur un ensemble d’actions visant à promouvoir la pertinence et le juste soin pour un impact de maîtrise des dépenses d’un montant d’un peu plus d’1 milliard d’euros.

Enfin, la troisième partie formule un certain nombre de propositions complémentaires pour accroître la qualité et l’efficience du système de soins à court et moyen terme, pour répondre aux défis liés au contexte du Covid-19 ou plus globalement.

Au total, le rapport présente 27 propositions pour améliorer la qualité du système de soins et maîtriser les dépenses en 2021.

Les dépenses de santé en image, à partir du rapport Charges et produits 2021

Cartographie des principales pathologies et situations de soins prises en charge en 2018

La répartition des dépenses de santé

2012 : 123 milliards d’euros remboursés par le régime général*

2018 : 142 milliards d’euros remboursés par le régime général *

Soit +16 %

* y compris sections locales mutualistes (SLM)

Les 3 postes de dépenses les plus importants en 2018

  1. 22 % hospitalisations ponctuelles
  2. 14 % maladies psychiatriques ou psychotropes
  3. 12 % cancers

Cartographie des principales pathologies et situations de soins prises en charge en 2018

  1. Hospitalisations ponctuelles : 31,7 milliards d’euros soit 22 %
  2. Maladies psychiatriques ou psychotropes : 20,6 milliards d’euros soit 14 %
  3. Cancers : 16,3 milliards d’euros soit 12 %
  4. Soins courants : 14,9 milliards d’euros soit 12 %
  5. Maladies cardio-neurovasculaires : 14,3 milliards d’euros soit 10 %
  6. Maternité : 7,8 milliards d’euros soit 6 %
  7. Diabète : 7,2 milliards d’euros soit 5 %
  8. Maladies neurologiques ou dégénératives : 6,5 milliards d’euros soit 5 %
  9. Maladies inflammatoires ou rares ou VIH ou sida : 5,3 milliards d’euros soit 4 %
  10. Traitements du risque vasculaire : 4,8 milliards d’euros soit 3 %
  11. Insuffisance rénale chronique terminale : 3,5 milliards d’euros soit 2 %
  12. Autres affections de longue durée : 3,4 milliards d’euros soit 2 %
  13. Maladies respiratoires chroniques : 3 milliards d’euros soit 2 %
  14. Maladies du foie et du pancréas : 1,6 milliard d’euros soit 1 %
  15. Traitement antalgique ou anti-inflammatoire : 1,4 milliard d’euros soit 1 %

Les dépenses en soins de ville : pour quelles pathologies ?

  • prise en charge du diabète (84%),
  • personnes avec un traitement du risque vasculaire en prévention primaire (77%),
  • maladies inflammatoires ou rares ou VIH ou sida (70%).

Les dépenses hospitalières : pour quelles pathologies ?

  • maladies cardiovasculaires aigues (82%),
  • insuffisance rénale chronique terminale (67%),
  • maladies psychiatriques (66%).

Projections d'évolution des pathologies jusqu’à 2023 (page 57)

500 000 personnes supplémentaires seront concernées par la hausse des maladies chroniques d’ici à 2023

6 pathologies prévues en forte croissance entre 2018 et 2023

  • les maladies cardio-neurovasculaires, (+ 638 000 malades, soit + 13%) ;
  • le diabète (+459 000 soit +12 %) ;
  • les maladies psychiatriques (+288 000 soit 11 %) ;
  • les maladies inflammatoires ou rares ou VIH ou sida (+249 000, soit + 20 %) ;
  • les cancers (+232 000 soit +7 %) ;
  • les maladies respiratoires chroniques (+211 000 soit +6 %).

Une diminution probable de certaines pathologies ou certains soins

  • moins 9 % pour les traitements psychotropes : 5,7 millions de patients en 2018 contre 5,2 millions attendus en 2023
  • moins 8 % pour les soins maternité : 1,3 million de patientes en 2018 contre 1,2 million attendues en 2023
  • moins 7 % pour les traitements du risque vasculaire : 8,4 millions de patients en 2018 contre 7,8 millions attendus en 2023

Source : Rapport « Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses – Propositions de l’Assurance Maladie pour 2021 »