« J’ai rencontré des conseillères de l’Assurance Maladie très pédagogues »

13 novembre 2019

Cyril Sinturel

Après plusieurs années passées en milieu hospitalier, Cyril Sinturel a ouvert son cabinet libéral dans le Tarn cet été. Il a bénéficié d’une aide à l’installation des infirmiers libéraux, expérimentée depuis juin 2019 dans 15 organismes, dont la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Tarn.

À la suite de son entretien avec des conseillers de l’Assurance Maladie, Cyril Sinturel témoigne de l’intérêt de cet accompagnement et de son bénéfice pour sa pratique au quotidien.

Comment s’est déroulé l’entretien avec la caisse d’assurance maladie du Tarn ?

Cyril Sinturel. Honnêtement, c’était très bien ! Le rendez-vous a eu lieu quelques semaines avant l’ouverture de mon cabinet à Albi. J’ai reçu beaucoup d’informations ce jour-là. Je dois avouer que c’était en pleine canicule, plus de 40° C, donc j’ai trouvé le rendez-vous intéressant mais ce n’était pas toujours facile de suivre les explications ! Heureusement, j’ai rencontré des conseillères très pédagogues, elles se sont adaptées à mon niveau de connaissance. J’ai aussi échangé avec une infirmière du service médical. Les 2 entretiens ont été regroupés car j’avais une heure de route pour aller à la CPAM d’Albi : cette organisation m’a évité de faire deux allers-retours.

En quoi cet accompagnement vous a été utile pour votre installation en libéral ?

Cyril Sinturel. J’ai travaillé en milieu hospitalier à Paris et en clinique à Toulouse et je ne connaissais pas du tout le côté administratif du métier en cabinet. À l’école, nous avons eu très peu d’informations sur cet aspect : les versements, les cotisations, la facturation, la retraite, etc. C’est la face cachée de l’activité dont je n’avais pas conscience ! J’ai bien apprécié le mémo d’accompagnement que j’ai reçu à la fin du rendez-vous, avec des exemples concrets. Je m’y réfère beaucoup, c’est devenu un peu ma bible.

Comment se passe votre travail aujourd’hui et comment envisagez-vous les prochains mois ?

Cyril Sinturel. Je débute donc j’ai l’impression de passer beaucoup plus de temps que les autres sur l’administratif, environ 1 heure par jour. J’ai aussi eu des difficultés pour coter les actes : j’ai appelé souvent ma CPAM car je voulais être certain de bien faire. Le logiciel que j’ai installé m’aide, mais je reste vigilant et j’essaie d’être le plus juste possible dans la cotation, d’être intègre. Pour moi, c’est important de respecter les règles, de ne pas frauder, et de demander un paiement selon le travail réellement réalisé. Je sais que la CPAM va réaliser un contrôle de mes factures dans les prochains mois : je le prends comme un filet de sécurité. Je saurai ainsi si je fais bien mon travail. Si je me trompe, je contacterai mes conseillères afin de progresser. Cela peut arriver de se tromper, c’est normal.

 

Une expérimentation d’accompagnement à l'installation des infirmiers

Parce que le système de santé est solidaire et pour qu’il puisse le rester, l’Assurance Maladie aide chacun à adopter des comportements responsables et veille au bon respect des règles. C'est en ce sens qu’elle déploie une nouvelle politique de contrôle. Des préconisations ont été inscrites dans la convention d'objectifs et de gestion signée entre l’Assurance Maladie et l’Etat. Déclinées de manière opérationnelles dans le projet stratégique de la branche maladie, elles se traduisent notamment par une expérimentation d’accompagnement à l'installation des infirmiers actuellement en cours dans 15 organismes de 4 régions (Île-de-France, Normandie, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur). Cette démarche comporte deux volets :

  • un accompagnement à l'installation :
    • avec un rendez-vous, individuel ou dans un cadre collectif, entre l’infirmer nouvellement installé et un conseiller de l’Assurance Maladie, éventuellement complété par un entretien avec un délégué de l’Assurance Maladie (DAM), un conseiller informatique service (CIS) ou un infirmier du service médical ;
    • la remise d'un mémo de conseils pratiques ;
    • après 4 à 6 mois d'exercice, la réalisation d'un contrôle pédagogique sur au minimum 30 factures avec un compte-rendu envoyé à l’infirmer ;
  • une analyse des anomalies pour obtenir une vision globale de la pratique des professionnels de santé et améliorer les actions de contrôle.

 

Un nouveau service en ligne d’aide à l’installation des infirmiers

Depuis le 13 novembre, un infirmier qui démarre son exercice libéral peut utiliser le nouveau service d’aide à l’installation des infirmiers proposé par l’Assurance Maladie. Il peut réaliser ses démarches administratives et fournir toutes les pièces justifiant de son expérience professionnelle à sa CPAM directement en ligne. Une fois le nombre d’heures de pratique validé par la CPAM, il choisit le créneau qui lui convient pour son rendez-vous d’installation avec sa CPAM. Les démarches seront ainsi plus rapides : la CPAM pourra procéder à la mise à jour de sa situation au fichier national des professionnels de santé (FNPS) avant le rendez-vous d’installation et le professionnel libéral recevra plus rapidement sa carte professionnelle de santé (CPS) et les documents nécessaires à son début d’exercice.