Mon espace santé : retour sur l’expérimentation dans 3 départements

Depuis fin août 2021, 3,3 millions d’assurés de Loire-Atlantique, de Haute-Garonne et de la Somme ont pu bénéficier en avant-première du nouveau service numérique Mon espace santé. C’est le nouvel espace numérique personnel qui a vocation à devenir le futur carnet de santé numérique du patient. Il sera créé par défaut pour tous les assurés, sauf opposition explicite, début 2022. Il contient un profil médical ergonomique, permettant au patient de remplir lui-même ses informations (antécédents, constantes, etc.), un « coffre-fort sécurisé » (le DMP) où sont classés ses documents de santé directement injectés depuis les logiciels métiers des professionnels (compte-rendu d’hospitalisation, ordonnances, etc.) et une messagerie sécurisée lui permettant d’échanger avec ses professionnels de santé. Il contiendra à terme d’autres fonctionnalités (agenda, données issues d’applications mobiles référencées, etc.).
En parallèle, de nombreux professionnels de santé ont participé en tant que bêta-testeurs à cette première étape. Après 4 mois d’utilisation, retour sur la façon dont les patients ont adopté Mon espace santé, les premiers usages qui ont émergé du côté des professionnels de santé et les facteurs de réussite de ce nouveau service numérique.

Mon espace santé : un service bien accueilli par les patients

Aujourd’hui, le numérique est devenu incontournable dans le domaine de la santé. « Avant Mon espace santé, j’avais déjà pour habitude d’échanger des informations et des documents par e-mail avec mes patients, sans parler de la téléconsultation que j’ai largement développée en 2020 avec les premiers confinements », explique le docteur André Perrault de Cadours (31). Une partie des patients, conscients que leurs données de santé sont à la fois précieuses et utiles pour la bonne coordination de leur parcours de soins, étaient déjà prêts à utiliser un service comme Mon espace santé. Ainsi, grâce à une activation simple et rapide, l’adoption du service a été relativement facile. À l’issue du délai d’opposition de 6 semaines, moins de 0,7 % des usagers se sont opposés à sa création et plus de 160 000 usagers avaient déjà utilisé Mon espace santé. Cette première étape a permis de tester techniquement son fonctionnement et notamment son articulation avec les logiciels métier en ville et dans des établissements de santé. Des tests d’usage ont été menés avec des utilisateurs pilotes et des associations de patients. Les enseignements tirés ont d’ores et déjà permis d’améliorer le service avant sa généralisation.

La messagerie de santé, une nouvelle façon de dialoguer avec un patient

L’offre d’une messagerie de santé sécurisée intégrée à Mon espace santé, en lieu et place des boîtes mails traditionnelles des patients, a incité les professionnels de santé qui ont testé le service à recourir davantage aux échanges dématérialisés. Les patients ayant activé Mon espace santé disposent en effet automatiquement d’une adresse e-mail composée de leur INS (identité nationale de santé). Sans avoir à changer quoi que ce soit à sa messagerie sécurisée professionnelle (MSSanté), un professionnel de santé peut désormais envoyer à chaque patient des recommandations, avis ou ordonnances sur cette adresse e-mail, de façon complètement confidentielle et sécurisée. « Je trouve cela beaucoup plus rassurant et les patients avec qui j’ai pu le tester également. », souligne le docteur André Perrault.

Le DMP, service dédié aux professionnels de santé pour accéder aux informations de leurs patients

Pour le dossier médical, les usages développés avec Mon espace santé sont proches de ceux du DMP. D’un côté, le patient peut consulter et ajouter des documents dans Mon espace santé. De l’autre, le professionnel de santé peut alimenter Mon espace santé et accéder aux documents qui s’y trouvent en continuant à utiliser son logiciel DMP compatible ou l’interface web DMP. Trois innovations toutefois : le profil médical rempli par le patient, le volet de synthèse médicale rempli par le médecin traitant, et l’ouverture par défaut d’un DMP à tous les patients.
Pour les professionnels de santé bêta-testeurs, le recours au DMP s’avère particulièrement pertinent dans deux situations. Premièrement, en cas de consultation d’un patient qu’ils ne connaissent pas encore. L’accès au profil médical du patient avant la consultation permet alors un vrai gain de temps et d’efficacité.
Deuxièmement, le DMP est très utile pour le suivi des patients polypathologiques ou atteints de maladies chroniques. « Je peux suivre au fur et à mesure la réalisation des différents examens et travailler en plus étroite collaboration avec les spécialistes qui les suivent », confirme le Dr Perrault.

Qu’est-ce qui a permis d’aller plus loin que le DMP ?

Pour les patients, l’interface de Mon espace santé a été pensée différemment de celle du DMP. Des évolutions importantes ont été réalisées pour mettre à disposition un service facile à utiliser et beaucoup plus intuitif pour gérer ses documents de santé. Au-delà du « coffre-fort » contenant les documents de santé, les patients qui ont testé le service ont apprécié de pouvoir créer leur profil et d’être contactés par leurs professionnels de santé via la messagerie sécurisée.
Pour les professionnels de santé, des travaux ont été menés pour faciliter l’alimentation et la consultation des DMP, via la modernisation de leurs logiciels métier. Les secteurs hospitalier et du médico-social sont pleinement embarqués dans cette dynamique ; ils contribuent à la mise en mouvement de tout l’écosystème et au renforcement du lien entre tous les acteurs. Enfin, la création du DMP par défaut pour tous les patients change totalement la donne.
« Nous n’avons plus à nous poser la question de qui a un DMP ou non, avec Mon espace santé tout le monde en aura un. En plus, des progrès vont également être réalisés pour faciliter l’alimentation des DMP », confirme M. Philippe Vergnes, pharmacien à Muret (31). Un mouvement qui va continuer à s’amplifier. Poussés par les investissements sans précédent du Ségur du numérique, les logiciels métier des professionnels de santé vont rapidement se moderniser pour permettre une alimentation automatique du DMP et une utilisation ergonomique de ces nouveaux services. Sans frais supplémentaires, car ces mises à jour sont financées par l’Etat.

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