Sommaire : Vertiges

Définition, mécanisme et causes des vertiges

Le vertige est une illusion de mouvement de ce qui entoure (murs, plafond, objets...) ou une sensation de déplacement de soi-même dans l'espace. Il se manifeste par crises vertigineuses isolées ou répétées, parfois accompagnées d’autres symptômes. Il est dû le plus souvent à une anomalie de la fonction de l'équilibre assurée par l'oreille interne.

Qu’est-ce qu’un vertige ?

Un vertige donne l’illusion que l’environnement (murs, sols, plafonds, objets) se met à bouger. Il peut également être ressenti comme un déplacement de soi-même dans l'espace. Le mouvement ressenti est le plus souvent circulaire (comme si la personne était sur un manège), mais aussi vertical (comme si la personne était dans un ascenseur), mais peut aussi s’apparenter à un balancement ou à une sensation de chute dans un trou. Ces manifestations sont liées à un trouble de l’équilibre.

Les sensations vertigineuses sont proches du vertige et peuvent également être liées à un trouble de l’équilibre comme les vertiges caractérisés. Elles ne causent pas d’impression de mouvement de l’environnement, mais plutôt une sensation de déséquilibre, d’instabilité (tangage comme dans un bateau), d'ébriété ou de chute imminente. Elles apparaissent lorsque la personne se tient debout ou pendant la marche. Elles disparaissent dès que elle prend appui quelque part, ainsi qu’en position assise ou couchée. Elles nécessitent également un bilan médical.

La durée et la fréquence des vertiges sont très variables :

  • une crise vertigineuse peut durer de quelques secondes à plusieurs heures ;
  • elle peut être unique ou se répéter à intervalles irréguliers.

Les vertiges peuvent être déclenchés par certains mouvements : se lever, se coucher, tourner la tête rapidement, etc.

Ils peuvent être accompagnés de divers symptômes : nausées ou vomissements, sueurs, perte d’audition, acouphènes, maux de tête. Mais la personne reste consciente pendant la crise vertigineuse.

Ne pas confondre vertige et malaise

Les malaises, qui ne sont pas liés à un trouble de l’équilibre, ne doivent pas être confondus avec des vertiges. Les symptômes sont différents :

  • faiblesse momentanée avec sensation de « tête vide », de flottement, due par exemple à une hypoglycémie ou à une crise d’angoisse isolée ou incluse dans un trouble panique avec ou sans agoraphobie ;
  • faux vertige des hauteurs dû à la phobie du vide ;
  • perte de connaissance partielle (lipothymie) ou totale qui peut être due à une baisse de tension artérielle, un , un problème cardiaque ou un accident vasculaire cérébral ;
  • sensation de déséquilibre, de flottement lors d'une crise de migraine.

Le mécanisme des vertiges

Les vertiges sont dus à un trouble de l’équilibre.

La fonction est assurée par le système vestibulaire, partie de l’oreille interne composée de plusieurs organes sensoriels. Les informations issues de l'oreille interne sont transmises par le nerf vestibulaire aux noyaux vestibulaires du tronc cérébral, connectés avec le cervelet.

Le système vestibulaire

Il comporte les canaux semi-circulaires et le système otolithique (saccule et utricule).

Les canaux semi-circulaires sont remplis d’un liquide dans lequel flottent des sortes de cailloux microscopiques, les otolithes. Sous l’effet des mouvements de la tête, ces otolithes se déplacent comme de petites billes flottant dans un verre d’eau. Quelle que soit l’inclinaison du verre, la surface de l’eau et les billes restent à l’horizontale. Lorsque la tête bouge plus ou moins rapidement, le liquide et les otolithes se déplacent dans le même sens, selon le mouvement.

Le nerf vestibulaire

Il transmet l’information de mouvement depuis le système vestibulaire jusque dans les centres nerveux cérébraux correspondants. Le cerveau commande alors au corps les actions nécessaires pour maintenir l’équilibre (ex. : mouvements musculaires réflexes). Le nerf vestibulaire forme avec le nerf cochléaire les deux parties du nerf auditif.

Anatomie de l’oreille

Schéma représentant l’anatomie de l’oreille, composée de l’oreille externe, de l’oreille moyenne et de l’oreille interne (cf. description détaillée ci-après)

L’oreille est composée de 3 régions : l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne.

L’oreille externe est composée :

  • du pavillon, partie visible de l’oreille ;
  • du conduit auditif externe, canal reliant le pavillon au , à l’intérieur de la tête.

L’oreille moyenne est composée :

  • du , membrane fine située à la fin du conduit auditif externe ;
  • de la caisse du tympan, large cavité située entre le tympan et la trompe d’Eustache ;
  • de la trompe d’Eustache, conduit étroit reliant la caisse du tympan à la gorge et aux fosses nasales ;
  • des osselets, trois petits os situés au-dessus du tympan.

L’oreille interne est composée :

  • des canaux semi-circulaires, trois tubes étroits interconnectés, situés au-dessus des osselets et conduisant à la cochlée ;
  • de la cochlée, tube osseux en forme de spirale, située entre les canaux semi-circulaires et le nerf auditif ;
  • du nerf auditif, situé au plus profond de l’oreille, à la suite de la cochlée. Il s’agit d’un étroit canal reliant l’oreille interne au cerveau.

Les voies vestibulaires centrales

Elles sont localisées dans le tronc cérébral et le cervelet

À noter : la vision et la perception de la position des différentes parties du corps (proprioception) jouent également un rôle dans la fonction d'équilibre.

L'encéphale

Schéma représentant l’emplacement de la substance noire dans le tronc cérébral, et plus généralement dans l’encéphale (cf. description détaillée ci-après)

L’encéphale est la partie supérieure du système nerveux. Protégé par la boite crânienne, il est composé :

  • du tronc cérébral, partie allongée et verticale, située dans le prolongement de la moelle épinière, contenue dans la colonne vertébrale. Le tronc cérébral comprend la substance noire, ou Locus niger, dont les lésions sont associées à la maladie de Parkinson.
  • du cervelet, masse arrondie marquée par des stries parallèles très proches. Il est situé sous le cortex, derrière le tronc cérébral.
  • du cerveau dont les 2 hémisphères sont recouverts par un tissu organique, le cortex cérébral. Il est situé au-dessus du cervelet et du tronc cérébral. Dans la partie avant du cerveau se trouve l’, petite glande qui secrète de nombreuses hormones.

 

Vertiges : quelles sont les causes ?

Les causes des anomalies de la fonction de l’équilibre peuvent être variées. Toutefois, trois maladies sont à l’origine de plus de la moitié des cas de vertiges diagnostiqués.

Les vertiges positionnels paroxystiques bénins (VPPB)

Ils sont liés à un dépôt anormal d’otolithes (petits cristaux) dans l’un des canaux semi-circulaires. Lors d'un mouvement du corps, ces otolithes se détachent et se déplacent, ce que le cerveau interprète comme une rotation brusque de la tête.

Les vertiges positionnels paroxystiques bénins sont souvent violents, brefs (moins de trente secondes), et donnent l’impression d’un mouvement de rotation ou de chute dans un trou.

Ces vertiges sont déclenchés par les changements de position : se coucher, se lever, regarder en l'air, tourner la tête rapidement, se retourner dans son lit, et ils se répètent dans les mêmes conditions durant une période d'un mois, le plus souvent.

Il n’y a aucun autre symptôme associé et entre les vertiges, la personne ne se plaint de rien.

La névrite vestibulaire

C’est une atteinte inflammatoire du nerf vestibulaire, en général d’origine virale. Elle provoque une seule grande crise de vertige obligeant souvent la personne à se coucher. Cette crise vertigineuse dure plusieurs jours et régresse progressivement.

La personne tient difficilement debout, a des nausées et vomissements et elle est très anxieuse. En revanche, elle ne présente ni surdité, ni acouphènes, ni troubles neurologiques.

La récupération de l'équilibre a lieu en quelques semaines.

La maladie de Ménière

Elle est due à une augmentation de la pression dans le labyrinthe, d’origine inconnue. Elle n'atteint qu'une oreille, en général.

Elle est à l’origine de crises de vertiges intenses et rotatoires, qui durent d’une vingtaine de minutes à quelques heures. Ces crises vertigineuses s’accompagnent de nausées et de vomissements importants, d’acouphènes, une sensation d'oreille pleine et d’une perte d’acuité auditive.

La maladie évolue vers des lésions chroniques du labyrinthe responsable de vertiges chroniques, de troubles de l'équilibre permanents et d'une surdité progressive d'une oreille.

D’autres causes de vertiges plus rares

D'autres lésions de l'oreille interne

Peuvent être en cause dans la survenue de vertiges :

  • un traumatisme crânien touchant la zone située à l’arrière de l’oreille telle une fracture du rocher ;
  • une otite chronique pouvant aboutir à la formation d'un cholestéatome de l'oreille moyenne (pseudokyste contenant des inclusions de peau situé en arrière du ) ;
  • la prise de certains médicaments toxiques pour l’oreille ;
  • plus rarement, une intoxication au plomb, au mercure, au monoxyde de carbone.

Une atteinte du nerf vestibulaire (8ème nerf crânien)

Les vertiges sont dus, le plus souvent, à un neurinome du nerf acoustique  et sont associés à des acouphènes et une surdité unilatérale.

Une maladie du tronc cérébral ou du cervelet

Très rarement, des vertiges sont présents en cas d'accident vasculaire cérébral (AVC) touchant le tronc cérébral ou le cervelet, de tumeur ou de maladie neurologique comme une sclérose en plaques.

  • Collège des Enseignants de Neurologie.Vertige. Site internet : Cen. Paris ; 2020 [consulté le 26 septembre 2022]
  • Toupet M, Bozorg Grayeli A. Diagnostic d'un vertige en pratique. EMC - Neurologie 2013;10(3):1-13 [Article 17-018-A-20].
  • Tarnutzera A A, Holyb J, Straumanna D, Bükic B. Les derniers développements du diagnostic des vertiges. Forum médical Suisse 2016;16(16):369–374
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