Prévention du surpoids et l'obésité de l’enfant

La prévalence du surpoids et de l’obésité infantile reste encore trop élevée en France. Pour éviter une obésité persistante à l’âge adulte et ses complications, la HAS recommande de dépister tôt et de proposer une prise en charge précoce.

Prévalence du surpoids et de l'obésité

Malgré une stabilisation depuis 2006, la prévalence du surpoids et de l’obésité chez l’enfant et l’adolescent reste trop élevée : 17 % des enfants de 6 à 17 ans étaient en surpoids dont 3,9 % en situation d’obésité en 2015 (cf. source 1). Parmi les enfants en surcharge pondérale ou obèses à l’âge de 6 ans, près d’un enfant sur deux le reste en troisième (cf. source 2).

À l’âge adulte, près d’un Français sur 2 est en surpoids : 54 % des hommes et 44 % des femmes, et la prévalence de l’obésité s’élève à plus de 17 % sans différence entre les sexes (cf. source 1).

Un gradient social important

Les disparités sociales sont particulièrement nettes : dès la grande section de maternelle, les enfants d’ouvriers sont ainsi 4 fois plus touchés par l’obésité que les enfants de cadres. Si l’on constate une stabilisation des prévalences depuis 2006, cela masque une augmentation de ce gradient social qui tend à s’accroître au fil des années essentiellement du fait que l’on constate une amélioration dans les classes plus favorisées et non dans les groupes moins favorisés (cf. source 3).

Un déterminant de santé

L’obésité dans l’enfance est un élément prédictif de l’obésité à l’âge adulte : la probabilité qu’un enfant obèse le reste à l’âge adulte varie selon les études de 20 % à 50 % avant la puberté, et de 50 % à 70 % après la puberté. Elle entraîne également un risque accru de décès prématuré à l’âge adulte (cf. sources 4, 5).

L’obésité expose les personnes concernées à de nombreuses maladies notamment cardiovasculaires, métaboliques, articulaires, respiratoires, et accroissent le risque de survenue de certains cancers.

Outre les complications et comorbidités somatiques liées à l’obésité, l’obésité dès l’enfant peut contribuer à des difficultés émotionnelles et psychologiques avec une mauvaise estime de soi, des problèmes de stigmatisation et de mauvais résultats scolaires (cf. sources 4, 5, 6).

Ainsi, afin d’éviter la constitution d’une obésité persistante à l’âge adulte et la survenue de complications métaboliques, la HAS recommande de dépister tôt et de proposer une prise en charge précoce pour les enfants à risque d’obésité (cf. source 4).

Dépister le surpoids et l’obésité de l’enfant

Le rôle du médecin traitant est essentiel : grâce à un suivi régulier de l’indice de masse corporelle (IMC) et à l’analyse de l’évolution de la courbe de corpulence, on peut repérer précocement les enfants et adolescents à risque de développer un surpoids ou une obésité.

 

Il est recommandé de surveiller l’indice de masse corporelle (IMC) systématiquement chez tous les enfants et adolescents :

  • quel que soit leur âge,
  • quelle que soit leur corpulence apparente,
  • quel que soit le motif de la consultation,
  • au minimum 2 ou 3 fois par an.

Il est recommandé d’être particulièrement attentif aux enfants présentant des facteurs de risque précoces de surpoids et d’obésité.

À l’aide des courbes de corpulence (courbes d’IMC) de référence en fonction de l’âge et du sexe :

  • reporter les mesures poids, taille, IMC dans le carnet de santé,
  • et tracer les 3 courbes dans le carnet de santé.

L’IMC se calcule avec un disque ou une calculette selon la formule :

IMC = Poids (kg) / Taille au carré (m2)

Le surpoids ne se constate pas toujours visuellement chez les enfants et adolescents : seul le tracé de la courbe de corpulence permet d’identifier ceux en surpoids (IMC ≥ 97e percentile) ou obèses (IMC ≥ seuil IOTF-30).

Le suivi régulier des courbes d’IMC des enfants jusqu’à 16 ans est l’un des indicateurs de la rémunération sur objectif de santé publique (Rosp) du médecin traitant de l'enfant depuis le 1er janvier 2017.

L’objectif à atteindre est de renseigner au moins une fois par an la corpulence dans le dossier médical, pour au moins 95 % des enfants pour lesquels vous êtes déclaré médecin traitant.

  • Un rebond d’adiposité précoce : défini comme précoce s’il survient avant l’âge 5 ans et particulièrement si avant 3 - 4 ans ; plus le rebond est précoce, plus le risque de devenir obèse est élevé ;
  • Une ascension continue de la courbe IMC depuis la naissance.
  • Un changement de « couloir » de percentile vers le haut constitue également un signe d’alerte.

Dispositif Mission : retrouve ton cap, une prise en charge précoce et pluridisciplinaire remboursée par l’Assurance Maladie

Ce dispositif permet aux enfants de 3 à 12 ans à risque d’obésité, en surpoids ou en obésité non complexe, de bénéficier sur prescription médicale d’une prise en charge précoce, pluridisciplinaire (diététique, psychologique, activité physique) remboursée à 100 % par l’Assurance Maladie (sans avance de frais ni dépassement d’honoraire).

La prise en charge est prescrite par le médecin de l’enfant selon les besoins de l’enfant et de sa famille, puis mise en œuvre par des professionnels de santé et psychologue exerçant au sein de centres de santé ou de maisons de santé pluriprofessionnelles référencés.

Pour en savoir en plus, lire l'article Mission : retrouve ton cap, un dispositif pour prévenir le surpoids et l’obésité infantile (espace médecin).

Une consultation à fort enjeu de santé publique : la consultation de suivi de l'obésité

Depuis le 1er novembre 2017, une nouvelle tarification est proposée pour les consultations de suivi et de coordination de la prise en charge des enfants de 3 à 12 ans en risque avéré d’obésité. Cette consultation spécifique, appelée consultation suivi de l’obésité inscrite dans la convention médicale de 2016, permet au médecin déclaré médecin traitant de l’enfant d’être rémunéré à hauteur de 46 €, au maximum 2 fois par an.

DES OUTILS POUR VOTRE PRATIQUE

Consultez et téléchargez les supports mis à votre disposition sur la prévention et la prise en charge du surpoids chez l'enfant et l'adolescent :

    1. Chardon O., Guignon N., 2013, « La santé des élèves de CM2 en 2007-2008, une situation contrastée selon l’origine sociale », Études et résultats, DREES, n° 853, septembre.
    2. Guignon N. et al. , 2017, « La santé des élèves de CM2 en 2015 : un bilan contrasté selon l’origine sociale » , Études et Résultats, n°993, Drees, février.
    3. De Peretti C., Castetbon K., 2004, « Surpoids et obésité chez les adolescents scolarisés en classe de troisième », Études et Résultats, n° 283, janvier.
    4. Matta J, Zins M, Feral-Pierssens AL, Carette C, Ozguler A, Goldberg M, et al. Prévalence du surpoids, de l’obésité et des facteurs de risque cardio-métaboliques dans la cohorte Constances. Bull Epidémiol Hebd. 016;(35-36):640-6.
    5. Global BMI Mortality Collaboration. Body-mass index and all-cause mortality: individual-participant-data meta-analysis of 239 prospective studies in four continents. Lancet. 2016 Aug 20;388(10046):776-86. doi: 10.1016/S0140-6736(16)30175-1. Epub 2016 Jul 13.
    6. Recommandation de la HAS. Surpoids et obésité de l’enfant et de l’adolescent – septembre 2011.
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