Vaccination contre la Covid-19 : le point sur la stratégie et les vaccins

15 janvier 2021

La campagne de vaccination contre la Covid-19 a débuté le 27 décembre 2020. Elle va se poursuivre suivant les différentes phases prévues dans l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) tout au long de l’année 2021.

Les professionnels de santé sont au cœur de cette campagne : ils sont en première ligne pour répondre aux questions que se posent leurs patients, vérifier leur éligibilité à la vaccination et leur délivrer une information complète et loyale sur la vaccination, ses bénéfices attendus et ses risques d’effets secondaires.

Trois principes : gratuité, liberté et sécurité

La vaccination est gratuite pour tous car aucun patient ne doit renoncer à se faire vacciner pour des raisons financières.

Elle n'est pas obligatoire et repose sur une décision partagée entre le patient et son médecin. Ainsi, le consentement doit être recueilli au préalable et tracé dans le dossier médical du patient. Dans ce cadre, une consultation de pré-vaccination va être mise en place (informations complémentaires à venir prochainement). Cette consultation médicale pourra, selon les cas, être immédiatement suivie de la vaccination.

La vaccination se fait dans le strict respect de toutes les règles qui encadrent l’utilisation des produits de santé en France. Dans le cadre de la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met en place un dispositif spécifique de surveillance renforcée des effets indésirables des vaccins anti-Covid-19 sur le territoire français. Sur signalement-sante.gouv.fr, les professionnels de santé et les usagers pourront signaler tout effet indésirable à la suite d’une vaccination.

La campagne de vaccination va être lancée par un décret (fondement de l’article L 3131-15 du code de la santé publique) afin d'offrir aux personnes vaccinées comme aux professionnels de santé la même sécurité que celle qui est prévue pour les vaccinations obligatoires.

Voir les phases de la stratégie vaccinale recommandée par la HAS dans son avis du 30 novembre.

Pourquoi vacciner ses patients contre la Covid-19 ?

Le premier objectif de la vaccination est de diminuer le nombre des formes graves de Covid-19. Les résultats des études cliniques des candidats vaccins montrent que la vaccination permet de réduire significativement la survenue des formes graves et par conséquent la mortalité due au virus.

Couplé avec les mesures barrières, le vaccin contre la Covid-19 contribuera à maîtriser l’impact de l’épidémie de la Covid-19 sur le long terme.

Qui sera vacciné et quand ?

Le déploiement de la vaccination se fait progressivement avec une priorité donnée depuis le 27 décembre 2020 et tout au long du mois de janvier 2021 aux publics les plus vulnérables au virus et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie. Il s'agit :

  • des personnes âgées en établissements : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), unités de soins de longue durée (USLD), résidences autonomie, résidences services seniors ;
  • des personnels qui travaillent dans ces établissements lorsqu'ils sont à risque de développer une forme grave de la Covid-19 ;
  • des professionnels des secteurs de la santé et du médico-social, des pompiers et des aides à domicile âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités (voir le détail ci-après) depuis le 4 janvier 2021 ;
  • des personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés et leurs personnels âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités ;
  • des personnes âgées de 75 ans et plus vivant à domicile à partir du 18 janvier 2021 ;
  • des personnes vulnérables à très haut risque à partir du 18 janvier 2021 qui doivent avoir une prescription médicale de leur médecin traitant pour bénéficier de la vaccination sans critère d'âge.

La prise de rendez-vous dans des centres de vaccination se fait via le site sante.fr.

L'objectif est de vacciner 1 million de personnes d'ici fin janvier.

Dans un second temps, la vaccination sera élargie à partir de fin février, début mars 2021 aux personnes âgées de 65 à 74 ans.

Dans un troisième temps, la vaccination sera ouverte à tous à partir du printemps 2021. Elle se poursuivra tout au long de l'année, en commençant par :

  • les personnes âgées de 50 à 64 ans ;
  • les professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période épidémique (sécurité, éducation, alimentaire) ;
  • les personnes vulnérables et précaires et les professionnels qui les prennent en charge ;
  • les personnes vivant dans des hébergements confinés ou des lieux clos ;
  • le reste de la population majeure.

Et si un patient a déjà eu la Covid-19 ?

S’agissant des personnes ayant déjà développé une forme symptomatique de la Covid-19, la HAS souligne qu'il n'y a pas lieu, à ce stade, de vacciner systématiquement ces personnes. Celles-ci doivent toutefois pouvoir être vaccinées si elles le souhaitent à l'issue d'une décision partagée avec le médecin. Dans ce cas, la HAS recommande de respecter un délai minimal de 3 mois après le début des symptômes avant de procéder à la vaccination et de ne pas vacciner en présence de symptômes persistants.

Comorbidité : les troubles et les maladies concernées

Il s’agit de comorbidités identifiées par la HAS comme à risque avéré d’hospitalisations ou de décès en cas de Covid-19 :

  • l’obésité (IMC supérieur à 30), particulièrement chez les plus jeunes ;
  • la BPCO et l’insuffisance respiratoire ;
  • l’hypertension artérielle compliquée ;
  • l’insuffisance cardiaque ;
  • le diabète (de type 1 et de type 2) ;
  • l’insuffisance rénale chronique ;
  • les cancers et maladies hématologiques malignes actifs et de moins de 3 ans ;
  • le fait d’avoir une transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques.

En complément la HAS identifie la trisomie 21, comme comorbidité à risque.

Toutes les comorbidités n’ont pas le même poids. Le cumul de ces comorbidités est également à risque.

Un téléservice « Vaccin Covid » pour faciliter le suivi de la vaccination

Afin d’assurer la traçabilité des étapes de la vaccination, de la consultation pré-vaccinale aux injections du vaccin, l’Assurance Maladie va ouvrir le 4 janvier un téléservice dénommé « Vaccin Covid ».

Ce téléservice prévoit des fonctionnalités facilitant le suivi de la vaccination :

  • la déclaration des effets indésirables éventuellement observés après l’injection du vaccin, avec le lien vers le portail des signalements des effets indésirables de l’ANSM ;
  • la possibilité d’éditer un document après chaque étape (consultation prévaccinale, première et deuxième injections) que le professionnel peut enregistrer dans le dossier du patient et éditer. En fin de vaccination, le bilan de la vaccination peut être imprimé, signé par le médecin et remis au patient à qui il servira de certificat de vaccination.

En savoir plus sur le téléservice Vaccin Covid, les moyens de connexion et les outils d'aide mis à disposition.

Zoom sur les vaccins

Les étapes d’élaboration d’un vaccin (vidéo) 

 

L'Agence européenne des médicaments puis la Commission européenne ont donné leur feu vert lundi 21 décembre au vaccin de Pfizer et BioNTech contre la Covid-19.

Le vaccin Comirnaty (BNT162b2) à ARNm Covid-19 est le premier vaccin à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle en Europe : il peut y être utilisé pour vacciner les personnes de plus de 16 ans pour prévenir la Covid‑19 due au virus SARS‑CoV‑2. Onze candidats vaccins sont aujourd’hui à la dernière phase (la phase III) des essais cliniques sur l’homme, c’est-à-dire la phase d’évaluation de l’efficacité vaccinale et de la sécurité des vaccins à grande échelle (plusieurs dizaines de milliers de personnes vaccinées). Trois vaccins sont en cours d’évaluation par l’EMA après la réalisation d’essais cliniques de phase III chez l’homme : les vaccins d’AstraZeneca, de Moderna et de Janssen.

La fabrication d’un nouveau vaccin est complexe et prend généralement plusieurs années. Dans le cas du vaccin contre la Covid-19, le travail des laboratoires de recherche a été facilité car ils avaient déjà travaillé sur la mise au point de vaccins contre d’autres coronavirus, le SRAS-CoV et le MERS-CoV. L’introduction de nouvelles techniques de fabrication a également contribué à accélérer la recherche.

Plus d’informations sur le vaccin contre la Covid-19, les tests, sa surveillance, son approvisionnement etc. sur le site du Ministère des Solidarité et de la santé.

Continuer à appliquer les gestes barrières et à respecter l’isolement

En l’état actuel des connaissances, les vaccins aujourd’hui disponibles ou en cours de développement réduisent la sévérité des symptômes, mais pas la contagiosité. Il faudra donc continuer à s’isoler en cas de test positif à la Covid-19, en cas de contact avec une personne positive, ou en cas de symptômes. Les gestes barrières seront toujours à appliquer scrupuleusement. Le port du masque reste recommandé, y compris pour les personnes vaccinées.