Semaine de la dénutrition : le point sur les enjeux de cette pathologie

20 octobre 2021

La Semaine de la dénutrition, qui se tiendra du 12 au 20 novembre 2021, a pour objectif de sensibiliser au repérage précoce de la dénutrition et d’améliorer la connaissance sur cette pathologie.

Problème majeur de santé publique, la maladie touche plus de 2 millions de personnes en France, notamment à l’hôpital, où 20 à 40 % des patients sont dénutris. Mobilisée, l’Assurance Maladie s’associe au Collectif de lutte contre la dénutrition qui sensibilise depuis 2016 les citoyens et les professionnels de santé sur les enjeux liés à la dénutrition. L’occasion de faire connaître au plus grand nombre les actions préventives ainsi que les traitements existants.

Comment repérer la dénutrition ?

Cette pathologie correspond à un déséquilibre. Celui-ci se caractérise par un bilan énergétique et/ou protéique négatif, du fait d’une réduction des apports nutritionnels et/ou d’une malabsorption et/ou d’une augmentation des besoins énergétiques.

Le diagnostic est uniquement clinique et repose sur l’association d’un critère phénotypique et d’un critère étiologique.

Critères phénotypiques pour les enfants de moins de 18 ans (au moins 1 critère)

  • Perte de poids supérieure ou égale à 5 % en 1 mois ou  10 % par rapport au poids habituel
  • IMC inférieur à une courbe IOTF 18.5
  • Stagnation pondérale (2 couloirs en dessous du couloir habituel sur la courbe)
  • Réduction de la masse et/ou de la fonction musculaire

Critères phénotypiques pour les adultes de moins de 70 ans (au moins 1 critère)

  • Perte de poids supérieure ou égale à 5 % en 1 mois ou  10 % par rapport au poids habituel
  • IMC inférieur à 18.5 kg/m2
  • Réduction de la masse et/ou de la fonction musculaire

Critères diagnostics chez la personne âgée de plus de 70 ans*

*Présence d’au moins 1 critère phénotypique (pas de critère étiologique)

  • Perte de poids supérieure ou égale à 5 % en 1 mois ou 10 % en 6 mois
  • IMC inférieur à 21
  • Albuminémie (1) inférieure à 35g/L
  • MNA global inférieur à 17

(1)    L’albuminémie représente un critère de sévérité de la dénutrition et non un critère diagnostique.

La Haute Autorité de santé (HAS) rappelle sur son site que le poids doit être mesuré à chaque consultation et/ou hospitalisation.

À noter

Un IMC normal ou élevé n’exclut pas la possibilité d’une dénutrition : une personne en surpoids ou obèse peut être dénutrie.

Quelles sont les conséquences d’une dénutrition ?

La dénutrition entraîne de nombreuses conséquences délétères sur la santé des patients :

  • fonte de la masse musculaire et diminution de la mobilité, augmentant le risque de chute ;
  • diminution des défenses naturelles et augmentation du risque d’infection ;
  • augmentation des complications médicales et chirurgicales, ralentissement de la guérison d’une maladie curable ;
  • répercussions psychiques et relationnelles.

Comment prévenir et corriger son apparition ?

L’objectif principal est de veiller à ce que les besoins énergétiques soient couverts de manière à ce que le patient retrouve son poids de forme. Il convient au préalable de réaliser une enquête alimentaire afin d’évaluer la quantité et la qualité des apports du patient.

Enrichir l’alimentation des patients

Lorsque l’alimentation per os (voie orale) est possible et souhaitée par le patient, elle doit être hyperénergétique, hyperprotidique et souvent enrichie. Les enrichissements ont pour but d’augmenter :

  • la densité énergétique d’une préparation ;
  • sa teneur en protéines.

Les enrichissements peuvent être traditionnels (fromage, beurre, poudre de lait écrémé, œufs, jambon) ou industriels (compléments nutritionnels oraux [CNO], poudre de protéines, produits hyper-protéinés).

Il convient de favoriser, dans la mesure du possible, l’enrichissement traditionnel plutôt que les CNO pour des raisons d’appétence. Si le patient a un petit appétit, une fragmentation de son alimentation est possible. Dans le cas où les capacités de mastication ou de déglutition sont diminuées, une modification des textures peut être proposée.

Si l’alimentation orale est insuffisante voire impossible, il faut envisager la prescription de CNO, qui font partie de la famille des aliments diététiques destinés à des fins médicales spécialisées. Ils doivent toujours être utilisés sous contrôle médical et nécessitent une prescription.

Leur objectif est de compléter l’alimentation orale. En aucun cas ils ne doivent remplacer le repas.

Consulter le mémo Dénutrition chez la personne âgée et aide à la prescription des CNO.