L’usage des médicaments en ville fortement modifié durant l’épidémie

13 octobre 2020

L’épidémie de Covid-19 a profondément déstabilisé la consommation des médicaments en France, selon la 4e étude réalisée depuis le début du confinement par Epi-Phare, le groupement d’intérêt scientifique (GIS) constitué par la Caisse nationale d’Assurance Maladie (Cnam) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Le rapport, qui analyse la consommation des médicaments sur ordonnance délivrés en ville en France à partir des données du Système national des données de anté (SNDS), couvre dans son 4e point de situation la période de confinement du 16 mars au 10 mai 2020, puis jusqu’au 13 septembre 2020.

Il en ressort que, durant les 6 mois qui ont suivi le début du confinement, « dans l’ensemble il n’y a pas eu de manque notable de médicaments pour les pathologies chroniques déjà traitées, probablement car les patients ont eu le droit d’utiliser des ordonnances ‘périmées’ et aussi grâce au recours aux téléconsultations ». C’est le cas notamment pour les antihypertenseurs, les antidiabétiques dont l’insuline ou encore les antiépileptiques. En revanche, pour les nouveaux malades, le rapport constate un déficit de mise en route des traitements, plus ou moins important selon les classes thérapeutiques.

Autre baisse marquante : celles de l’utilisation des antibiotiques, des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), des antiulcéreux de type IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) et des corticoïdes oraux. « Elles témoignent en partie de la bonne compréhension de messages des autorités sanitaires sur les possibles effets délétères de certains produits sur la Covid », indique le rapport.

A l’inverse, la consommation et l’instauration (nouveaux patients) des anxiolytiques et des hypnotiques sont en hausse : elles se sont accrues de façon « persistante pendant et au décours du confinement ». De fait, 1,1 million de traitements anxiolytiques et 480 000 traitements hypnotiques supplémentaires ont été délivrés en 6 mois par rapport à l’attendu. Une augmentation qui reflète probablement l’impact psychologique important de l’épidémie et de ses conséquences sociales, professionnelles et économiques.

Enfin, l’étude confirme une très forte diminution de la délivrance et de l’utilisation de produits qui nécessitent une administration par un professionnel de santé, tels que les vaccins ou les produits pour les actes diagnostiques médicaux. « Cet effondrement de la consommation sur toute la période du confinement et après ne fait pas l’objet d’un rattrapage à ce jour et le retard ne pourra pas être comblé en 2020 », avertit le rapport.

Consulter l’étude « Usage des médicaments en ville durant l'épidémie de COVID-19 - Point de situation jusqu’au 13 septembre »