Assistant médicaux : une belle dynamique de progression

29 septembre 2020

Un an après le lancement du dispositif rendant possible le recrutement d’assistants médicaux dans les cabinets médicaux avec l’aide financière de l’Assurance Maladie, près de 1 000 contrats ont été signés et plus de 300 sont en cours de signature (1).

Plus précisément, 684 contrats ont été signés de janvier à septembre 2020. Ce qui correspond à 85 signatures en moyenne par mois, étant entendu que, lors du confinement, le rythme des signatures s’est nettement ralenti, puis a repris depuis mai dernier. Ces chiffres témoignent d’une belle dynamique d’adhésion des médecins à ce dispositif visant à libérer du temps thérapeutique en déléguant certaines tâches aux assistants médicaux.

Concernant le profil des médecins recruteurs, on constate que 85 % des médecins qui recourent aux services d’un assistant médical sont des généralistes et 15 % des spécialistes. Les cardiologues et les ophtalmologues sont les plus demandeurs, avec 37 contrats signés dans chacune des 2 spécialités.

Les missions d’un assistant médical

Le médecin choisit en toute liberté les missions qu’il veut confier à l’assistant médical. Cela dépend de sa pratique, de son organisation, de ses besoins propres. Ces missions peuvent être par exemple :

  • administratives : accueil, création/gestion du dossier informatique patient, recueil et enregistrement des informations administratives et médicales, accompagnement de la mise en place de la télémédecine dans le cabinet…,
  • en lien avec la consultation : aide au déshabillage, prise de constantes, mise à jour du dossier patient (dépistages, vaccinations, mode de vie), délivrance de tests de dépistage, préparation et aide à la réalisation d’actes techniques…,
  • d’organisation et de coordination : les assistants médicaux peuvent remplir une mission de coordination, notamment avec les autres acteurs intervenant dans la prise en charge des patients.

La condition de niveau minimal de patientèle

L’appui d’un assistant médical se justifie pleinement à partir d’un certain niveau d’activité, c’est pourquoi les 30 % de médecins ayant les plus faibles patientèles ne sont pas concernés. En effet, afin de pouvoir être éligible à l’aide à l’embauche d’un assistant médical, les médecins généralistes doivent avoir un nombre suffisant de patients dont ils sont le médecin traitant – plus de 640 patients – et, pour les autres spécialistes, avoir vu un nombre minimal de patients en file active fixé au regard de leur spécialité.

Pour savoir s’il peut bénéficier d’une dérogation, le médecin est invité à contacter la caisse primaire d’assurance maladie dont il dépend ou à vérifier le nombre de patients médecin traitant et file active dans l’espace dédié « Ma convention » sur amelipro.

Il peut également vérifier son éligibilité à l’aide via un simulateur dédié « assistants médicaux » de l’appli « ameli-Mémo » téléchargeable gratuitement sur Apple ou Androïd.

 

(1) Chiffres arrêtés au 4 septembre 2020.

 

Assistant médical : des dizaines de contrats signés chaque mois depuis janvier 2020
  • Au 4 septembre 2020, 1 312 contrats ont été passés entre un médecin et un assistant médical dont 988 signés et 314 contrats en cours de signature.
  • Le cumul des contrats signés depuis janvier 2020 est de : 314 contrats signé en janvier, 448 en février, 541 en mars, 636 en avril, 697 en mai, 764 en juin, 817 en juillet, 929 en août, 998 en septembre.

Qui sont les médecins qui embauchent un assistant médical ?

  • 85 % des médecins qui embauchent un assistant médical sont généralistes, ce qui correspond à 844 médecins dont 101 nouvellement installés.
  • 15 % des médecins qui embauchent un assistant médical sont spécialistes, ce qui correspond à 154 spécialistes dont 41 nouvellement installés.

Parmi les médecins spécialistes qui embauchent un assistant médical, on compte :

  • 37 cardiologues dont 15 nouveaux installés, 37 ophtalmologues dont 7 nouveaux installés, 15 pédiatres dont 4 nouveaux installés, 9 pneumologues dont 2 nouveaux installés, 7 dermatologues dont 1 nouvel installé, 7 ORL médicaux dont 1 nouvel installé, 6 spécialistes en médecine vasculaire dont 2 nouveaux installés, 5 gynécologues médicaux dont 1 nouvel installé, 5 rhumatologues, 5 psychiatres/neuropsychiatres dont 1 nouvel installé, 5 gastro-entérologues dont 2 nouveaux installés, 4 neurologues dont 1 nouvel installé, 2 chirurgiens dont 1 nouvel installé, 2 ORL chirurgicaux, 4 endocrinologues, 2 gériatres dont 1 nouvel installé, 2 radiologues, 1 gynécologue-obstétricien, 1 interniste, 1 allergologue.

Pour quelles options choisies ?

  • 325 contrats correspondant à un tiers équivalent temps plein (ETP), c’est l’option 1.
  • 492 contrats correspondant à un demi ETP, c’est l’option 2.
  • 161 contrats correspondant à 1 ETP, c’est l’option 3.

Pour information, l’option choisie pour 20 contrats n’a pas été précisée lors d’un sondage réalisé par la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam) auprès des caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) sur le nombre de contrats conclus.

À combien de patients ce dispositif peut-il être bénéfique ?

L’embauche de ces 1312 assistants médicaux devrait permettre :

  • à près de 355 000 patients supplémentaires dite de « file active » d’être suivis par un médecin généraliste ou par un médecin spécialiste. La file active correspond au nombre de patients différents vus dans une année.
  • à 142 000 patients d’avoir désormais un médecin traitant.

Quelles options pour quels financements et quelles contreparties ?

Le cas du docteur A : médecin généraliste, avec une file active de 1300 patients et une patientèle de 700 patients MT adulte

Option 1 : le médecin choisit d’être aidé pour 1/3 ETP (1) d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 12 000 €, la 2e année, il recevra 9 000 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 7 000 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit augmenter sa patientèle MT et file active de 20 % : + 260 patients dans sa file active, dont 140 patients supplémentaires en tant que médecin traitant.

Option 2 : il choisit d’être aidé pour 1/2 ETP d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 18 000 €, la 2e année, il recevra 13 500 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 10 500 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit augmenter sa patientèle MT et file active de + 25 % : + 325 patients dans sa file active, dont 175 patients supplémentaires en tant que médecin traitant.

Option 3 : comme le Dr A est installé en zone sous-dense, il peut choisir d’être aidé totalement pour 1 ETP d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 36 000 €, la 2e année, il recevra 27 000 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 21 000 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit augmenter sa patientèle MT et file active + 35 % : + 455 patients dans sa file active, dont 245 patients supplémentaires en tant que médecin traitant.

Le cas du docteur B, médecin généraliste, avec une file active de 2081 patients et une patientèle de 1259 patients MT adulte

Option 1 : le médecin choisit d’être aidé pour 1/3 ETP (1) d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 12 000 €, la 2e année, il recevra 9 000 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 7 000 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit atteindre un objectif de + 7,5 % (file active et patientèle) : + 156 patients dans sa file active, dont 94 patients supplémentaires en tant que médecin traitant.

Option 2 : il choisit d’être aidé pour 1/2 ETP d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 18 000 €, la 2e année, il recevra 13 500 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 10 500 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit atteindre un objectif de + 12,5 % (file active et patientèle) : + 260 patients dans sa file active, dont 157 patients supplémentaires en tant que médecin traitant.

Option 3 : comme le Dr C est installé en zone sous-dense, il choisit d’être aidé pour 1 ETP d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 36 000 €, la 2e année, il recevra 27 000 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 21 000 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit atteindre un objectif de + 20 % (file active et patientèle) : + 416 patients dans sa file active, dont 252 patients supplémentaires en tant que médecin traitant.

Le cas du docteur C, médecin spécialiste en cardiologie, avec une file active de 2 800 patients

Option 1 : le médecin choisit d’être aidé pour 1/3 ETP (1) d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 12 000 €, la 2e année, il recevra 9 000 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 7 000 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit augmenter sa file active de 7,5 % : + 210 patients dans sa file active.

Le cas du docteur D, médecin spécialiste en pédiatrie, avec une file active de 1 720 patients

Option 2 : il choisit d’être aidé pour 1/2 ETP d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 18 000 €, la 2e année, il recevra 13 500 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 10 500 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit augmenter sa file active + 12,5 % (file active) : + 215 patients dans sa file active.

Le cas du docteur E, médecin spécialiste en ophtalmologie, avec une file active de 5 500 patients

Option 3 : comme le Dr E est installé en zone sous-dense, il choisit d’être aidé pour 1 ETP d’assistant médical

La première année, il recevra une aide de 36 000 €, la 2e année, il recevra 27 000 €, la 3e année et les suivantes, il recevra jusqu’à 21 000 €, en fonction de l’atteinte de ses objectifs.

En contrepartie, il doit augmenter sa file active 20 % (file active) : + 1 100 patients dans sa file active.