Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2020-2021

20 octobre 2020
La vaccination contre la grippe saisonnière débutera le 13 octobre 2020 dans le contexte de crise sanitaire lié à la Covid-19. Le point sur la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière 2020-2021 : la stratégie vaccinale 2020, l’organisation de la campagne, les vaccins disponibles.

Quelle stratégie vaccinale en 2020 ?

La vaccination contre la grippe revêt cette saison une importance particulière pour la protection des personnes à risque de développer des formes graves de la grippe et celles des professionnels de santé. Il est possible d’avoir cette saison une co-circulation des virus grippaux et du SARS COV 2. La HAS dans son avis du 20 mai 2020 insiste sur la nécessité de vacciner en priorité les personnes éligibles telles que ciblées dans le calendrier des vaccinations 2020, qui sont également celles à risque d’infection grave du Covid-19.

Il s’agit :

  • des personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • des personnes de moins de 65 ans souffrant de certaines maladies chroniques ;
  • des femmes enceintes, des personnes souffrant d’obésité (IMC supérieur ou égal à 40) ;

La stratégie vaccinale vise aussi à assurer une protection indirecte en vaccinant :

  • les professionnels de santé et les professionnels des établissements médico-sociaux au contact des patients à risque car ils peuvent contribuer à propager l’infection ;
  • l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois à risque de grippe grave et des personnes immunodéprimées.

En pratique : le ministère de la Santé appelle à vacciner prioritairement les personnes ciblées par les recommandations jusqu’au 30 novembre 2020. Il s’agit de protéger les personnes les plus fragiles et d’améliorer leur couverture vaccinale car elles sont également à risque d’infection grave à la Covid-19.

La stratégie de prévention de la grippe repose sur 2 piliers :

  • pour tous, la prévention de la grippe passe par l’adoption des gestes barrières qui permettent de limiter la contamination et la dissémination des virus ;
  • pour les personnes à risque, la vaccination est essentielle.

La vaccination des professionnels des établissements de santé et des établissements médico sociaux

La vaccination est recommandée pour tout professionnel de santé et tout professionnel en contact régulier avec des personnes à risque de grippe grave.

Les soignants font partie des personnes à risque de contamination par le virus de la grippe. lls peuvent être à l’origine d’épisodes de grippe nosocomiale dans une proportion non négligeable. Or l’infection grippale chez des patients souvent âgés et/ou fragilisés par des pathologies chroniques expose ces derniers à un risque élevé de complications (1).

Le taux de couverture vaccinale de ces professionnels demeure cependant très insuffisant. Selon la dernière étude de Santé publique France publiée en 2019, elle est estimée globalement à 35 %. Cette couverture varie de manière importante selon la profession. Les marges de progression sont donc importantes.

En savoir plus sur la couverture vaccinale des personnels des établissements sur le site de santepublique.france.

Dans un contexte de lutte contre les infections à transmission nosocomiale et en vertu du caractère altruiste de la vaccination des professionnels de santé (2), il convient de rappeler l’importance de la vaccination antigrippale, qui représente le moyen le plus efficace de prévention de la grippe saisonnière.

Il relève de la responsabilité des établissements d’organiser la vaccination de leur personnel en s’appuyant, en fonction des caractéristiques de l’établissement, sur les services de médecine du travail, sur les services d’infectiologie ou encore sur les services d’hygiène. Les interventions de proximité permettant à l’ensemble du personnel de se faire vacciner en fonction de ses contraintes horaires et de travail sont à rechercher .

Quelques raisons de vacciner le personnel :

  • la vaccination présente un bénéfice individuel pour les soignants ;
  • l’efficacité vaccinale est meilleure chez les adultes jeunes et en bonne santé ;
  • les grippes nosocomiales sont une réalité ;
  • le risque de grippe nosocomiale induit par les soignants est majoré par le fait que les professionnels continuent à travailler alors qu’ils sont infectés ;
  • la vaccination antigrippale induit une immunité de groupe ;
  • la plupart des études sont en faveur d’une efficacité protectrice indirecte des soignés.

Recommandations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP)

La vaccination antigrippale des professionnels de santé doit s’intégrer dans un programme global de prévention de l’infection nosocomiale, en complément des mesures barrières. Les établissements de santé et médicosociaux doivent mettre en place des actions visant à promouvoir la vaccination ainsi que toutes les mesures permettant de faciliter son application et sa réalisation sur les lieux du travail.

En période de circulation virale, les services hospitaliers et médicosociaux sont fondés à demander à leur personnel non vacciné de porter un masque. Selon les termes du Haut Conseil de la santé publique, « il est éthiquement discutable de ne pas mettre en œuvre tous les moyens susceptibles de les (infections grippales nosocomiales) éviter ».

[Écran d’intro : Grippe saisonnière : Les enjeux de la vaccination du personnel soignant – La parole au professeur Bruno Lina, chef de service de virologie de l'hôpital de la Croix-rouge et directeur du Centre national de référence sur les virus respiratoires dont la grippe.]

Que sait-on sur la vaccination des soignants ?

« Dans le périmètre de la grippe au sein des hôpitaux et au sein des EHPAD, on sait que le personnel médical est un vecteur de la grippe. »

« C’est une réalité et cette réalité elle impacte particulièrement les patients fragiles entrainant une mortalité, une morbidité qui est très élevée. Je pense qu’il y a un certain nombre de points qui vaillent le coup de rappeler c’est que premièrement dans les causes d’entrée en dépendance, la grippe arrive avant la fracture de la hanche. La deuxième chose qui est très importante en particulier chez les personnes âgées aussi c’est que la mortalité liée à la grippe chez les personnes très âgées est de 5 à 7 %. Ce sont des chiffres qui sont considérables. »

[Écran : L’initiative de l’hôpital de la Croix-Rousse : une construction en plusieurs étapes.]

« On a monté une initiative à l’hôpital de la Croix-Rousse qui a été une construction qui s’est fait en plusieurs étapes. »

[Écran : Fournir des données propres à la structure.]

« La première chose qu’on a fait, tout simplement, c’est d’utiliser un bilan qui a été fait par le service d’hygiène, où on a regardé où est-ce qu’il y avait de la grippe nosocomiale et où est-ce qu’il n’y en avait pas. Lorsque fait une corrélation entre le taux de vaccinés des soignants et le nombre de cas de grippe nosocomiale on se rend compte que plus on a de vaccinés, moins on a de grippe nosocomiale et il semble qu’il y a un seuil aux alentours de 35 %. » 

[Écran : La proportion de cas de grippe est moindre dans les services où 35 % et plus du personnel est vacciné.]

[Écran : Résultats : analyse des contacts.]

« Dans un premier temps, l’analyse des contacts nous a montré que, pour faire très simple, l’essentiel des contacts se font entre personnels soignants au sein des mêmes groupes. »

[Le professeur Lina présente un graphique triangulaire illustrant un réseau d’interactions entre une infirmière et le reste du personnel médical. Le coin en bas à gauche représente les interactions entre l’infirmière et les patients, le coin en haut les interactions entre l’infirmière et les soignants et enfin le coin en bas à droite les interactions entre l’infirmière et les médecins].

« Lorsqu’on regarde un réseau d’interactions pris sur une journée pour une infirmière, on voit qu’une infirmière a pratiquement une interaction, sur la journée, avec tous les patients, avec toutes les infirmières et avec une très grande partie des médecins. Donc la transmission peut se faire très simplement. »

« On comprend que, le risque, à partir du moment où on a du personnel qui est potentiellement vecteur d’un agent infectieux et qui en même temps a des contacts aussi fréquents avec les patients, et bien il y a un risque de transmission élevé. »

« Si on fait une vaccination des soignants ça doit réduire ce risque. Donc cette vaccination des soignants, c’est un objectif qui est certes individuel, chaque soignant doit être vacciné, mais c’est aussi un objectif collectif de protection puisque c’est par le biais de la vaccination de tous les soignants qu’on évitera la grippe nosocomiale au sein d’une structure. »

[Écran de fin : Vous pouvez visionner l’interview complète du Professeur Bruno Lina sur les sites https://www.grippe-geig.com/ ou https://www.grippe-ofcours.fr/.]

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Objectif : protéger les patients de la grippe

La vaccination est recommandée pour toutes les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d’hébergement, quel que soit leur âge (voir le calendrier des vaccinations 2020 pour connaître les personnes ciblées).

La grippe est une maladie particulièrement grave pour les personnes à risque. Elle touche chaque hiver entre 2 et 6 millions de personnes.

Elle peut être grave, voire mortelle, en particulier chez les personnes fragiles, comme :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • les personnes de moins de 65 ans souffrant de certaines maladies chroniques ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes souffrant d’obésité (indice de masse corporel (IMC) supérieur ou égal à 40) ;
  • les nourrissons.

Des complications peuvent apparaître telles que :

Chaque année, la grippe est responsable de nombreuses hospitalisations et de nombreux décès chez les personnes fragiles.

La surveillance épidémiologique de la grippe

L’épidémie de grippe fait l’objet d’une surveillance par Santé publique France. L’évolution de la situation est publiée chaque semaine sur son site santepubliquefrance.fr.

Comment s’organise la campagne ?

La campagne 2020 de vaccination contre la grippe saisonnière débute le 13 octobre 2020 et se poursuivra jusqu'au 31 janvier 2021 dans l'hémisphère nord, en France métropolitaine, Martinique, Guadeloupe et Guyane. Elle se déroule à Mayotte du 8 septembre au 31 janvier 2021.

Les vaccins disponibles pour la campagne 2020-2021

Conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, les vaccins grippaux 2020 sont composés des souches virales suivantes :

  • A/Guangdong-Maonan/SWL1536/2019/H1N1pdm09,
  • A/Hongkong/2671/2019/(H3N2),
  • B/Washington/02/2019,
  • B/Phuket/3073/2013.

Cette année, 2 vaccins grippaux tétravalents sont disponibles pour la campagne de vaccination 2020-2021 et pris en charge par l'Assurance Maladie pour les personnes à risque de grippe grave : InfluvacTetra, VaxigripTetra

Consignes d'utilisation du vaccin antigrippal InfluvacTetra
Âge Dose Nombre de doses
De 3 à 8 ans 0,5 ml 1 ou 2*
À partir de 9 ans 0,5 ml 1

 

Consignes d'utilisation du vaccin antigrippal VaxigripTetra
Âge Dose Nombre de doses
De 6 mois à 35 mois 0,5 ml ** 1 ou 2 *
De 3 à 8 ans 0,5 ml 1 ou 2*
À partir de 9 ans 0,5 ml 1

* 2 doses à un mois d'intervalle en primovaccination, 1 dose en rappel annuel.

** La vaccination avec les vaccins grippaux tétravalents est effectuée avec une dose entière dès l'âge de 6 mois.

Vaccination contre la grippe et Covid-19

En général, la présence, au moment de la vaccination, d’une maladie aiguë avec fièvre nécessite de reporter la vaccination contre la grippe.

Avoir eu la Covid-19 (y compris la forme grave) n’est pas une contre-indication à la vaccination antigrippale si au moment de la vaccination la personne ne présente pas de symptômes ni de fièvre.

Pour les personnes ayant eu une forme sévère avec des séquelles graves (insuffisance respiratoire sévère), la vaccination contre la grippe est recommandée.

Dans son avis du 20 mai 2020 la HAS recommande que les sujets identifiés comme contacts possibles d’un cas de Covid, et éligibles à la vaccination contre la grippe, voient leur vaccination reportée à l’issue de la période d’isolement recommandée en l’absence d’apparition de symptômes.

Un bouclier sanitaire pour se protéger de la grippe

La prévention de la grippe repose sur 2 piliers : la vaccination pour les personnes fragiles et les gestes barrières. L’efficacité de chacune de ces mesures (vaccination pour les plus fragiles et gestes barrières) est optimisée en les combinant. Ceci permet de constituer un bouclier sanitaire.

La vaccination

La vaccination antigrippale représente pour les personnes à risque de développer une forme grave de la grippe le moyen le plus efficace de prévention de la grippe saisonnière. Elle réduit incontestablement le risque de complications graves et de transmission du virus. Le rapport bénéfice/risque est très en faveur de l'acte vaccinal : en effet, les effets indésirables sont le plus souvent bénins (réactions locales légères et transitoires). Les effets systémiques bénins tels que de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires, des céphalées ou encore des malaises sont rares, alors que la diminution du nombre de décès grâce à la vaccination est notable. Ce sont environ 2 000 décès qui sont évités en moyenne chaque année chez les personnes âgées grâce à la vaccination.

Contrairement à certaines idées reçues, aucun des composants contenus dans le vaccin ne peut provoquer la grippe.

Les gestes barrières

Pour tous, l'adoption des gestes barrières et notamment le respect des recommandations sur le port du masque pour prévenir la Covid-19, permettent également de prévenir l'infection par le virus de la grippe. Pour les personnes fragiles, l’adoption des gestes barrières renforce la protection obtenue par la vaccination.

Les gestes barrières en milieu de soin

En milieu de soins, il est recommandé de rappeler l’utilisation des mesures barrières suivantes qui s’inscrivent plus largement dans la stratégie de lutte contre la Covid-19 :

  • l’hygiène des mains, mesure essentielle dans la limitation de la transmission croisée d’agents infectieux ; l’usage de solutés hydro-alcooliques (SHA) est à privilégier ;
  • le mouchoir à usage unique, pour se moucher et aussi lors de la toux ou d’éternuements ;
  • le respect de la distanciation physique ;
  • le port du masque selon les recommandations en vigueur pour le personnel, les visiteurs et les patients ;
  • la réduction des contacts entre la personne malade et son entourage : les patients malades doivent être isolés en chambre seule. Les visites seront limitées.
Infographie gestes barrières, description complète dans la transcription ci-après

7 vignettes représentent les gestes barrières recommandés

  • se laver régulièrement les mains ou utiliser une solution hydro-alcoolique ;
  • tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir ;
  • se moucher dans un mouchoir à usage unique puis le jeter ;
  • éviter de se toucher le visage ;
  • respecter une distance d'au moins un mètre avec les autres ;
  • saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades
  • porter un masque quand la distance d'un mètre ne peut pas être respectée et dans tous les lieux où cela est obligatoire.

Et quand la grippe est là : le point sur les Trod, les antiviraux et les antibiotiques

Les tests rapides d’orientation diagnostique de la grippe (Trod)

Les tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) grippe constituent une méthode de détection rapide de la protéine NP de la nucléocapside du virus par immuno-chromatographie. L’utilisation des Trod grippe a pour objectif de confirmer l’étiologie grippale afin de mettre en œuvre rapidement le traitement antiviral curatif et/ou prophylactique et ainsi réduire les risques de survenue de formes compliquées de grippe et d’interrompre la transmission.

Ces tests permettent le dépistage des virus grippaux A et B en moins de 30 mn. La spécificité de cet examen est excellente mais sa sensibilité est parfois faible (faible valeur prédictive négative).

Ils doivent être utilisés le plus rapidement possible (dans les 48 h) après le début des symptômes et sont à réaliser dès le 2ème cas suspect de grippe.

Ces tests ne sont indiqués qu’en collectivités (notamment de personnes âgées) ou en établissements de santé et en période épidémique ; ils ne présentent pas d’intérêt en dehors de ces indications (en médecine de ville par exemple) du fait de leur faible sensibilité. L’utilisation des Trod grippe n’est pas recommandée en dehors des périodes de circulation virale intense (période épidémique).

Il est essentiel de réaliser les tests dès les tous premiers symptômes. Ainsi, lors de cas groupés, il convient de réaliser ces examens diagnostiques sur les patients présentant les symptômes les plus récents.

En l’absence de disponibilité des Trod, les prélèvements (écouvillonnage) peuvent être adressés à un laboratoire spécialisé.

Les Trod recommandées par le CNR

Le centre de référence national (CNR) de la grippe évalue régulièrement les différents Trod disponibles sur le marché selon leurs performances (analytiques et pratiques) et recommande l’utilisation d’une dizaine d’entre eux. Les Trod recommandés sont téléchargeable sur le site pasteur.fr.

Les antiviraux

Pour certaines populations, la prescription d’antiviraux inhibiteurs de la neuraminidase (INA) est justifiée.

Situations relevant d’un traitement curatif par les INA

Le traitement curatif est administré afin de réduire les symptômes et/ou leur gravité chez les personnes symptomatiques suivantes quels que soit leur âge :

  • les personnes à risque de complications : malades éligibles à la vaccination en incluant les femmes enceintes et les jeunes enfants y compris les nouveau-nés à terme ;
  • les personnes présentant une grippe grave d’emblée ou dont l’état clinique s’aggrave même au-delà de 48 heures après le début des symptômes ;
  • les personnes dont l’état justifie une hospitalisation pour grippe.

Dans ces situations, le traitement est recommandé quel que soit le statut vaccinal des patients ; il doit être débuté le plus rapidement possible, dans les 48 h suivant le début des signes cliniques, sans attendre les résultats des examens virologiques du cas. Le traitement peut être arrêté lorsque le diagnostic est éliminé avant la fin de ce traitement.

Situations relevant d’un traitement préventif en post exposition, après contact avec un cas de grippe

Le traitement préventif est administré avant l’apparition des signes cliniques de grippe. Les doses journalières correspondent à des doses prophylactiques (demi-doses curatives).

Ce traitement est indiqué chez les personnes à risque de complications : femmes enceintes, personnes obèses, personnes âgées de 1 an et plus éligibles à la vaccination. Il suppose l’existence d’un contact étroit datant de moins de 48 h avec un cas de grippe cliniquement typique ou confirmé biologiquement.

Le contact étroit est défini comme suit : personnes partageant le même lieu de vie ; contact direct face à face à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou d’une discussion.

Pour en savoir plus

Téléchargez :

Les antibiotiques

La prise d’antibiotiques n’est habituellement pas nécessaire dans le cadre d’une grippe puisqu’il s’agit d’une maladie virale. Les antibiotiques n'ont leur place qu'en cas de surinfection bactérienne.

Téléchargez la fiche d'information expliquant à vos patients pourquoi vous ne leur avez pas prescrit d'antibiotiques.

Zoom sur la vaccination en établissement d’hébergement pour personne âgée dépendante (Ephad)

Les modalités pratiques de vaccination des résidents

Si l’établissement d’hébergement pour personne âgée dépendante (Ehpad) ne possède pas de pharmacie à usage interne (PUI)

La prise en charge du vaccin intervient en plus des forfaits de soins, à titre individuel dans le cadre du dispositif mis en œuvre pour l’ensemble des assurés éligibles à la vaccination. Un bon de prise en charge est alors nécessaire pour que l’assuré bénéficie de la gratuité du vaccin.

Les bons de prise en charge des personnes hébergées en établissements médico-sociaux sont adressés au lieu de résidence de la personne. Si l’affiliation a bien été réalisée auprès de la caisse pivot, le bon est adressé au résident à l’Ehpad.

Si le résident n’a pas reçu son bon de prise en charge à son adresse de l’Ehpad :

  • son médecin traitant et le médecin coordonnateur de l’Ehpad ont accès à un bon de prise en charge vierge sur amelipro. Il leur suffit de le compléter pour le patient concerné. Ce bon permet au résident d’obtenir gratuitement le vaccin en officine ;
  • le pharmacien et l’infirmier disposent également d’un bon de prise en charge vierge sur amelipro qu’il peuvent remettre aux personnes éligibles à la vaccination qui n’auraient pas reçu leur bon.
Bon à savoir

Le médecin coordonnateur est habilité, par dérogation, à prescrire selon les termes du 13e alinéa de l’article D.312-158 du Code de l’action sociale et des familles. Il « réalise des prescriptions médicales pour les résidents de l'établissement au sein duquel il exerce ses fonctions de coordonnateur en cas de situation d'urgence ou de risques vitaux ainsi que lors de la survenue de risques exceptionnels ou collectifs nécessitant une organisation adaptée des soins. Les médecins traitants des résidents concernés sont, dans tous les cas, informés des prescriptions réalisées. »

Si l’établissement possède une pharmacie à usage interne (PUI)

Le produit vaccinal est couvert par le forfait de soins de l’Ehpad. Dans ce cas, le bon de prise en charge du patient n’est pas nécessaire.

À noter : quelle que soit l’option tarifaire choisie par les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (tarif global ou partiel), qu’ils aient ou non une PUI, l’acte infirmier d’injection du produit vaccinal est couvert par le forfait de soins à la charge de l’Assurance Maladie versé à l’Ehpad.

(1) Avis du Haut Conseil de la santé publique des 27 septembre et 7 octobre 2016 relatifs aux obligations vaccinales des professionnels de santé.

(2) Loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 modifiant l’article L. 3111-4 du Code de la santé publique.