Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2019-2020

17 octobre 2019
La campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière se déroule du 15 octobre 2019 au 31 janvier 2020. Le point sur les nouveautés de la campagne, les vaccins disponibles, le dispositif mis en place et les modalités pratiques.

Comment s’organise la campagne ?

La campagne 2019 de vaccination contre la grippe saisonnière débute le 15 octobre 2019 et se poursuivra jusqu'au 31 janvier 2020 dans l'hémisphère nord, en France métropolitaine, Martinique, Guadeloupe et Guyane.

Les vaccins disponibles pour la campagne 2019-2020

Conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, le vaccin grippal 2018 est composé des souches virales suivantes :

  • A/Brisbane/02/2018 (H1N1)pdm09 ;
  • A/Kansas/14/2017 (H3N2) ;
  • B/Colorado/06/2017 (lignée Victoria/2/87) ;
  • B/Phuket/3073/2013 (lignée Yamagata/16/88).

Les 3 premières souches sont des souches virales recommandées pour entrer dans la composition des vaccins trivalents contre la grippe, et la dernière est une souche virale supplémentaire recommandée pour les vaccins antigrippaux tétravalents.

Cette année, 2 vaccins grippaux sont disponibles pour la campagne de vaccination 2019-2020 et pris en charge par l'Assurance Maladie : InfluvacTetra, VaxigripTetra. S’y ajoute le vaccin trivalent Influvac, qui est disponible en quantité limitée.

Consignes d'utilisation des vaccins antigrippaux
Vaccin Type Population ciblée
VaxigripTetra (Sanofi pasteur) Tétravalent (2 souches de virus type A et 2 souches de virus type B) Enfants à partir de 6 mois et adultes
InfluvacTetra (Mylan) Tétravalent (2 souches de virus type A et 2 souches de virus type B) Enfants à partir de 3 ans et adultes
Influvac (Mylan) Trivalent (2 souches de virus type A et 1 souche de virus type B) Enfants à partir de 6 mois et adultes

Un parcours de vaccination simplifié pour tous les adultes éligibles à la vaccination

Dans le cadre de l’élargissement de l’offre vaccinale et de la simplification du parcours, la Haute Autorité de santé (HAS) s’est prononcée, dans un avis du 25 juillet 2018, en faveur de l’harmonisation des compétences des différents professionnels de santé impliqués dans la vaccination contre la grippe (pharmaciens, infirmiers, sages-femmes).

Toutes les personnes majeures éligibles à la vaccination, qu’elles aient ou non déjà été vaccinées précédemment, peuvent retirer leur vaccin à la pharmacie sur présentation de leur bon de prise en charge et se faire vacciner par le professionnel de leur choix : médecin, sage-femme (pour les femmes enceintes et l’entourage du nourrisson), infirmier et pharmacien volontaire.

La vaccination des personnes majeures par les pharmaciens volontaires est généralisée sur tout le territoire à partir de cette campagne.

Jusqu’à 18 ans, la prescription médicale reste nécessaire pour être vacciné par un infirmier.

Les pharmaciens ne peuvent pas vacciner des personnes mineures.

« Cette année encore, la grippe va faire très mal »

L'Assurance Maladie lance une nouvelle campagne de communication sur la vaccination avec la signature « Cette année encore, la grippe va faire très mal », ainsi qu'une campagne de promotion des gestes barrières. Elle positionne la vaccination comme le premier geste de protection contre la grippe et souligne l’importance des gestes, compléments indispensables à la vaccination. Une campagne spécifique est mise en place pour les établissements d’hébergement pour personnes âgées, attirant l’attention sur la vaccination du personnel soignant.

Personnes pouvant bénéficier de la gratuité du vaccin

La stratégie vaccinale vise à protéger les populations les plus exposées aux risques de complications graves en cas de grippe, notamment les personnes à partir de 65 ans.

La vaccination est recommandée pour toutes les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d’hébergement, quel que soit leur âge.

Votre patient est-il concerné par la campagne de vaccination anti-grippale ?

Consultez la liste des personnes pour lesquelles la vaccination est recommandée. Cette liste figure dans le calendrier vaccinal 2019 publié par la ministère des Solidarités et de la santé.

Objectif : protéger les patients de la grippe

L’épidémie de grippe touche chaque hiver entre 2 et 6 millions de personnes en France.

Elle peut être grave, voire mortelle, en particulier chez les personnes fragiles, comme les personnes âgées ou atteintes de certaines maladies chroniques, les femmes enceintes, les personnes obèses ou les nourrissons. Des complications peuvent alors apparaître, telles que :

En 2018, la saison grippale a été caractérisée par :

  • 8 semaines d’épidémie,
  • 1,8 million de consultations pour syndrome grippal durant l’épidémie,
  • 65 % de virus A (H3N2) et 34 % de virus A (H1N1)pdm09 détectés en médecine ambulatoire durant la période de surveillance,
  • environ 65 600 passages aux urgences pour grippe, dont près de 11 000 hospitalisations (16 %) durant l’épidémie,
  • 1 877 cas graves admis en réanimation signalés, dont 289 décès durant la période de surveillance,
  • 13 100 décès toutes causes et tous âges confondus en excès, dont 9 900 attribuables à la grippe durant la période de surveillance
  • une couverture vaccinale de 47,2% chez les personnes à risque.

Source : bulletin hebdomadaire du 17/04/2019 - Santé publique France.

La surveillance épidémiologique de la grippe

L’épidémie de grippe fait l’objet d’une surveillance par Santé publique France. L’évolution de la situation est publiée chaque semaine sur son site Internet.

Un bouclier sanitaire pour se protéger de la grippe

La vaccination des personnes fragiles

La vaccination antigrippale représente le moyen le plus efficace de prévention de la grippe saisonnière. Elle réduit incontestablement le risque de complications graves et de transmission du virus. Le rapport bénéfice/risque est très en faveur de l'acte vaccinal : en effet, les effets indésirables sont le plus souvent bénins (réactions locales légères et transitoires). Les effets systémiques bénins tels que de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires, des céphalées, ou encore des malaises, sont rares, alors que la diminution du nombre de décès grâce à la vaccination est notable : ce sont environ 2 000 décès qui sont évités en moyenne chaque année chez les personnes âgées grâce à la vaccination.

Adopter des gestes barrières

La vaccination doit être complétée par l’adoption de gestes simples en période de circulation des virus grippaux comme :

  • appliquer strictement les précautions standards comme l’hygiène des mains et les autres mesures barrières (en particulier le port d’un masque chirurgical pour les personnes malades) ;
  • ne pas mettre des personnes fragiles en contact des personnes grippées.

L’efficacité de ces gestes est optimisée en les combinant. D’autre part, la promotion de la vaccination auprès du personnel soignant est essentielle.

Et quand la grippe est là : le point sur les Trod, les antiviraux et les antibiotiques

Les tests rapides d’orientation diagnostique de la grippe (Trod)

Les Trod sont des tests rapides réalisés à l’aide d’un écouvillonnage profond naso-pharyngé.

Ils sont intéressants en collectivité de personnes âgées. Ils sont très spécifiques mais leur sensibilité est de l’ordre de 60 %.

S'ils sont positifs chez plusieurs résidents symptomatiques, ils mettent en évidence une circulation active du virus de la grippe dans l’établissement. Des traitements antiviraux curatifs et/ou prophylactiques peuvent alors être mis en œuvre et ainsi réduire le risque de survenue de formes compliquées de grippe et interrompre la transmission au sein de l’établissement. Cependant, du fait de sa moindre sensibilité, un Trod négatif ne signifie pas absence de grippe. Ainsi, la répétition de ces tests chez plusieurs résidents améliore cette sensibilité. Ils sont disponibles directement en contactant le fabricant.

Une évaluation de ces tests a été récemment réalisée par le centre national de référence des virus des infections respiratoires.

Les antiviraux

Les antiviraux (inhibiteurs de la neuraminidase-INA) sont utilisés pour la prévention et le traitement précoce de la grippe.

  • Le traitement prophylactique en post-exposition par les INA doit être débuté au plus tard dans les 48 heures après contact étroit (1) avec une personne ayant la grippe cliniquement typique ou confirmée biologiquement. Il réduit le risque de contracter l’infection.

Il est recommandé :

- chez les personnes jugées à risque de complications (celles ciblées par la vaccination) âgées de 1 an et plus, y compris les femmes enceintes après un contact étroit (1) datant de moins de 48 heures avec un cas confirmé ou présentant une symptomatologie typique de grippe ;

- en collectivité de personnes à risque (par exemple les collectivités de personnes âgées), après la survenue des premiers cas de grippe (les modalités de prescription sont précisées dans l’instruction ministérielle du 8 janvier 2016).

  • Le traitement curatif atténue les symptômes, réduit la durée de la maladie et les risques de complications.

Il doit être prescrit le plus tôt possible sans attendre les résultats des examens virologiques du cas :

- chez les personnes symptomatiques jugées à risque de complications, quel que soit leur âge, y compris les femmes enceintes ;

- chez les personnes présentant une grippe grave d’emblée ou dont l’état clinique s’aggrave même au-delà de 48 heures après le début des symptômes ;

- chez les personnes dont l’état justifie une hospitalisation pour grippe.

(1) Contact étroit : personnes partageant le même lieu de vie que le cas index ; contact direct face à face à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou d’une discussion.

Pour en savoir plus

Téléchargez :

Les antibiotiques

La prise d’antibiotiques n’est habituellement pas nécessaire dans le cadre d’une grippe puisqu’il s’agit d’une maladie virale. Les antibiotiques n'ont leur place qu'en cas de surinfection bactérienne.

Téléchargez la fiche d'information expliquant à vos patients pourquoi vous ne leur avez pas prescrit d'antibiotiques.

Zoom sur la vaccination en établissement d’hébergement pour personne âgée dépendante (Ephad)

Les modalités pratiques de vaccination des résidents

Si l’établissement d’hébergement pour personne âgée dépendante (Ehpad) ne possède pas de pharmacie à usage interne (PUI)

La prise en charge du vaccin intervient en plus des forfaits de soins, à titre individuel dans le cadre du dispositif mis en œuvre pour l’ensemble des assurés éligibles à la vaccination. Un bon de prise en charge est alors nécessaire pour que l’assuré bénéficie de la gratuité du vaccin.

Les bons de prise en charge des personnes hébergées en établissements médico-sociaux sont adressés au lieu de résidence de la personne. Si l’affiliation a bien été réalisée auprès de la caisse pivot, le bon est adressé au résident à l’Ehpad.

Si le résident n’a pas reçu son bon de prise en charge à son adresse de l’Ehpad :

  • son médecin traitant et le médecin coordonnateur de l’Ehpad ont accès à un bon de prise en charge vierge sur amelipro. Il leur suffit de le compléter pour le patient concerné. Ce bon permet au résident d’obtenir gratuitement le vaccin en officine ;
  • le pharmacien et l’infirmier disposent également d’un bon de prise en charge vierge sur amelipro qu’il peuvent remettre aux personnes éligibles à la vaccination qui n’auraient pas reçu leur bon.
Bon à savoir

Le médecin coordonnateur est habilité, par dérogation, à prescrire selon les termes du 13e alinéa de l’article D.312-158 du Code de l’action sociale et des familles. Il « réalise des prescriptions médicales pour les résidents de l'établissement au sein duquel il exerce ses fonctions de coordonnateur en cas de situation d'urgence ou de risques vitaux ainsi que lors de la survenue de risques exceptionnels ou collectifs nécessitant une organisation adaptée des soins. Les médecins traitants des résidents concernés sont, dans tous les cas, informés des prescriptions réalisées. »

Si l’établissement possède une pharmacie à usage interne (PUI)

Le produit vaccinal est couvert par le forfait de soins de l’Ehpad. Dans ce cas, le bon de prise en charge du patient n’est pas nécessaire.

À noter : quelle que soit l’option tarifaire choisie par les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (tarif global ou partiel), qu’ils aient ou non une PUI, l’acte infirmier d’injection du produit vaccinal est couvert par le forfait de soins à la charge de l’Assurance Maladie versé à l’Ehpad.

La vaccination des personnels soignants

La vaccination est fortement recommandée chez les professionnels de santé pour le bénéfice collectif qu’elle représente.

Les soignants en établissements représentent une population à risques majorés d’infection dans la mesure où ils peuvent être des vecteurs de transmission du virus dans les établissements de soins. Or l’infection grippale chez des patients souvent âgés et/ou fragilisés par des pathologies chroniques expose ces derniers à un risque élevé de complications (1).

Le taux de couverture vaccinale de ces professionnels demeure cependant très insuffisant puisqu’il se situe en dessous de 25 %.

Dans un contexte de lutte contre les infections à transmission nosocomiale et en vertu du caractère altruiste de la vaccination des professionnels de santé (2), il convient de rappeler l’importance de la vaccination antigrippale, qui représente le moyen le plus efficace de prévention de la grippe saisonnière.

Il relève de la responsabilité des établissements d’organiser la vaccination de leur personnel soignant en s’appuyant, en fonction des caractéristiques de l’établissement, sur les services de médecine du travail, sur les services d’infectiologie ou encore sur les services d’hygiène.

(1) Avis du Haut Conseil de la santé publique des 27 septembre et 7 octobre 2016 relatifs aux obligations vaccinales des professionnels de santé.

(2) Loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 modifiant l’article L. 3111-4 du Code de la santé publique.