Visuchir : visualiser ses données en chirurgie et mesurer son potentiel ambulatoire

18 décembre 2018

La Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam) et l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (Atih) ont conçu un outil de visualisation des pratiques chirurgicales des établissements de santé afin d’accompagner cliniques et hôpitaux dans le virage ambulatoire. Baptisée Visuchir, cette application, ergonomique et facile d’utilisation, est librement accessible en open data depuis le site ScanSanté de l’Atih.

Un outil au service du dialogue interne et externe

Visuchir permet aux professionnels de santé et directeurs d’établissement de lire leur taux actuel d’intervention en ambulatoire (spécialité par spécialité, acte par acte), de connaître les caractéristiques des patients hospitalisés (âge, terrain médical) et de se comparer à d’autres hôpitaux et cliniques sur la France entière.

En se référant aux pratiques des établissements les plus avancés dans le domaine de la chirurgie ambulatoire, l’outil permet d’entrevoir le potentiel de développement dont ils disposent. Les projets internes d’établissement et les actions externes de contractualisation menées avec l’Assurance Maladie et les ARS peuvent ainsi s’enrichir d’éléments chiffrés et facilement exploitables (cf. vidéo de présentation ci-dessous).

Une offre de services innovante de l’Assurance Maladie pour piloter les établissements de santé

Visuel et interactif, Visuchir est accessible depuis un ordinateur, une tablette et un téléphone portable. Visuchir a été pensé dans une démarche à la fois diagnostique, prospective et d’analyse stratégique. Avec 1 000 établissements de soins intégrés à sa base de données, qui couvrent 24 millions de séjours chirurgicaux sur 4 années (2014-2017), cet outil peut servir notamment à une équipe de direction pour :

  • préparer un projet d’établissement ou de groupement hospitalier de territoire (GHT) en adaptant l’offre aux besoins des populations ;
  • enclencher une dynamique ambulatoire au sein de l’établissement en l’amenant à se comparer à ses partenaires comme à ses concurrents chirurgicaux ;
  • réorganiser les plateaux techniques, en optimisant le fonctionnement des blocs opératoires ;
  • réorganiser la capacité des établissements, en faisant varier le nombre de lits traditionnels et de places ambulatoires en fonction de la situation actuelle et de celle projetée à moyen terme ;
  • communiquer et améliorer l’image de l’établissement : les mieux classés seront ainsi en mesure d’attirer plus facilement de nouveaux chirurgiens.

 

Visuel-visuchir_646x297.png

Identifier les leviers de progression de l’ambulatoire

Visuchir ambitionne d’aider les professionnels de santé et les directions d’établissements à développer l’ambulatoire : plus d’une intervention chirurgicale sur deux était réalisée ainsi en 2017. Alternative à l’hospitalisation traditionnelle, la chirurgie ambulatoire diminue le risque d’une infection nosocomiale (1). Elle permet également aux établissements de soins d’optimiser leur organisation et de proposer des prises en charge moins coûteuses, notamment du fait des économies réalisées grâce au moindre recours au personnel soignant la nuit et le week-end. Pour autant, la France accusait un certain retard dans ce domaine par rapport à la plupart des pays occidentaux. La ministre de la Santé a donc fixé en octobre 2017 un nouvel objectif à atteindre : 70 % des interventions à effectuer en ambulatoire en 2022.

(1) 5 % des patients hospitalisés en 2017 souffrent d’une infection nosocomiale. Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales et des traitements anti-infectieux en établissements de santé, Santé publique France, juin 2018.

 

La chirurgie ambulatoire et l’Assurance Maladie, une histoire déjà longue

L’Assurance Maladie s’implique depuis une vingtaine d’années dans le développement de la chirurgie ambulatoire en France. Elle a ainsi conduit, entre 2001 et 2004, une vaste enquête nationale auprès de 34 000 patients, avant de concevoir, en partenariat avec le ministère de la Santé, un abécédaire de la chirurgie ambulatoire (en appui à la compréhension des thématiques de chirurgie ambulatoire évoquées fréquemment entre les professionnels de santé). Puis un certain nombre de gestes chirurgicaux « requérant une mise sous accord préalable » (MSAP) ont été définis ; ce sont les actes pour lesquels la prise en charge ambulatoire est la règle tandis que le fait de garder le patient au moins une nuit à l’hôpital est une exception qui doit être motivée. La liste de ces gestes « MSAP » est passée de 5 en 2008 à 55 depuis 2015. Cela signifie concrètement que l’établissement hospitalier doit demander l’aval du service médical de l’Assurance Maladie de son ressort pour tout acte chirurgical en hospitalisation traditionnelle concerné par une MSAP.
D’autres actions ont accentué cet effort de développement, dont le plan Ondam 2015-2017. Il avait pour ambition de préparer l’hôpital de demain en réorganisant profondément l’offre de soin et en adaptant les prises en charge en établissement au virage ambulatoire.