Résultats de l’étude ComCor de l’Institut Pasteur sur les lieux de contamination au SARS-CoV-2

23 décembre 2020

L’Institut Pasteur, en partenariat avec Santé publique France, Ipsos et l’Assurance Maladie, présente les résultats d’une étude épidémiologique baptisée ComCor sur les circonstances et les lieux de contamination par le virus SARS-CoV-2. L’objectif de l’étude est d’identifier les lieux et les circonstances liés à l’infection par le SARS-CoV-2.

Voir l’étude complète ComCor sur le site de l’Institut Pasteur : présentation, principaux résultats et interprétation de l'étude ComCor.

Analyses des circonstances de contamination : origine, isolement…

Voici les résultats du premier volet de l’étude, qui décrit les circonstances de contamination, pendant la période du couvre-feu :

  • origine de la contamination : 44 % des personnes infectées connaissent la personne qui les a infectées, 21 % suspectent un évènement particulier sans connaître la personne source de l’infection, et 35 % ne savent pas comment elles ont été infectées ;
  • isolement : la très grande majorité (97 %) des répondants se sont mis en isolement, 54 % dès les premiers symptômes et 64 % dès la connaissance d’un contact avec une personne infectée ;
  • lors des contaminations au sein du foyer (35 % des contaminations quand la personne source est connue), il s’agit avant tout pour ces adultes d’une contamination par le conjoint (64 % des cas) ;
  • pour les contaminations hors foyer (65 % des contaminations quand la personne source est connue) : il s’agit avant tout de contaminations dans le cercle familial (33 %), puis dans le milieu professionnel (29 %), puis dans le milieu amical (21 %).

L’étude révèle que l’isolement vis-à-vis des personnes en dehors du foyer est largement pratiqué (97 %), mais débute tardivement : lors de la réalisation du test ou de son résultat. L’isolement est recommandé dès les premiers symptômes ou la connaissance d’un contact avec une personne infectée : selon l’étude, seulement un tiers des répondants a suivi cette recommandation.

L’isolement vis-à-vis des personnes au sein du foyer est pratiqué dans la moitié des cas et de façon incomplète (repas partagés dans un tiers des cas).

Facteurs associés à l’infection

Le second volet de l’étude compare les caractéristiques, les comportements et les pratiques des répondants à ceux d’une série de témoins, et ce pendant la période du couvre-feu et celle du confinement.

Selon l'étude, les facteurs qui augmentent le risque d’être infecté sont les suivants :

  • avoir des enfants (gardés chez une assistante maternelle ou en structure scolaire) ;
  • co-voiturer ;
  • se déplacer à l’étranger ;
  • participer à une réunion physique (professionnelle ou privée) ;
  • avoir fréquenté des bars, restaurants ou salles de sports.

Les facteurs de diminution du risque sont les suivants :

  • télétravailler ;
  • se déplacer en bus ou tramway ;
  • pratiquer un sport en extérieur ;
  • avoir fréquenté des commerces (alimentaires…).

« Cette étude montre le risque élevé d’infection par le SARS-CoV-2 à l’occasion des repas et des réunions privées. Il sera très important de minimiser ce risque à l’occasion des rassemblements qui accompagneront les fêtes de fin d’année », a indiqué Arnaud Fontanet, directeur de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur et professeur du Conservatoire national des arts et métiers.

L’étude signale que ces résultats sont à considérer avec prudence : ils ne concernent que la période du couvre-feu et celle du confinement et la sélection de la population d’étude ne représente qu’une fraction faible de toutes les infections.

Une étude réalisée grâce au contact tracing de l’Assurance Maladie

L’Assurance Maladie, qui pilote le dispositif de « contact tracing » et est amenée, dans ce cadre, à contacter l’ensemble des personnes contaminées, a invité ces personnes à participer à l’enquête.

Ainsi, sur les 370 000 mails envoyés avec invitation à participer à l’étude, 30 330 (8,2 %) questionnaires ont été retournés par des personnes ayant très vraisemblablement été infectées entre le 17 et le 30 octobre 2020, la période du couvre-feu.

Cette démarche est réalisée dans le plus grand respect de la protection des données recueillies pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.