Les principales pathologies prises en charge par l’Assurance Maladie en 2017

26 juillet 2019

Début juillet, l’Assurance Maladie a publié son rapport Charges et produits pour l’année 2020. Ce document constitue une contribution de la Cnam à la réflexion sur la transformation du système de santé et alimente le travail d’élaboration du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Sa première partie expose la cartographie des dépenses, élaborée à partir du système national des données de santé (SNDS) (la métabase de données qui regroupe les données existantes en santé publique). Elle présente notamment les principales pathologies prises en charge en 2017, les dépenses remboursées affectées à leur prise en charge, et l’évolution que l’on observe sur la période 2012-2017.

Cette année, un focus particulier a été fait sur 3 pathologies.

  • Les cancers en phase active de traitement, et en particulier le cancer du poumon.

Ce dernier constitue un fort enjeu de santé publique, à la fois en raison du nombre important de personnes concernées (en 2017, 79 700 patients en phase active de traitement) et de la progression des cas de cancers féminins (+ 38 % entre 2012 et 2017, contre 12 % pour les hommes). Il constitue également un enjeu économique conséquent avec une dépense remboursée totale de 1,6 milliard d’euros en 2017. La prise en charge de ce cancer est caractérisée par une forte augmentation de la dépense, à la fois au global (+ 40,5 % entre 2012 et 2017) et en moyenne par patient entre 2016 et 2017 (+ 13 %). Cette hausse s’explique par l’arrivée de nouveaux traitements, essentiellement délivrés à des patients hospitalisés (médicaments facturés en sus du séjour).

  • Le VIH ou sida

La dépense moyenne par patient a baissé depuis 2012, où elle était en moyenne de 11 000 €. Ceci résulte notamment d’une baisse importante de la dépense du poste « médicament » (- 11 %) entre 2016 et 2017, à la suite de baisses des prix et de l’arrivée de génériques. Du fait de cette diminution de la dépense moyenne, on observe que la dépense totale a peu augmenté entre 2012 et 2017 (+ 9 millions d’euros) alors que le nombre de patients concernés a augmenté (+ 16 800).

  • Le diabète

Pour cette pathologie, on constate une double tendance.

D’un côté, on note une baisse continue des dépenses moyennes du poste médicament, et ce malgré l’arrivée de nouvelles générations de traitements, ce qui traduit l’impact des mesures de régulations mises en oeuvre (baisse de prix, actions de maîtrise médicalisée…).

D’un autre côté, on observe un poids croissant des postes « autres produits de santé » (en lien avec le développement de l’insulinothérapie et l’arrivée de nouveaux dispositifs médicaux, tels que les lecteurs de glycémie Freestyle Libre) et « soins infirmiers ».

La résultante de ces deux tendances est une dépense moyenne par patient qui, après avoir baissé de façon continue entre 2013 et 2016, augmente à nouveau entre 2016 et 2017.

À noter. La deuxième partie du rapport « Charges et produits » relaie les pistes de l’Assurance Maladie pour réaliser 2 milliards d’économies en 2020. Enfin, la troisième partie présente ses 33 propositions pour « améliorer la qualité du système de soins et maîtriser les dépenses ».

 

 

Infographie présentant la cartographie médicalisée des dépenses de santé 2017. Description complète ci-après.

 

Source : Rapport Charges et produits 2020 de l'Assurance Maladie.