Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2017-2018

06 octobre 2017
La campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière se déroule du 6 octobre 2017 au 31 janvier 2018. Le point sur la campagne, le dispositif mis en place et les modalités pratiques.

Comment s’organise la campagne ?

La campagne 2017 de vaccination contre la grippe saisonnière débute le 6 octobre 2017 et se poursuivra jusqu'au 31 janvier 2018 dans l'hémisphère Nord, en France métropolitaine, Martinique, Guadeloupe et Guyane*.

Un nouveau vaccin trivalent pour la campagne 2017-2018

Conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, le vaccin grippal 2017 contiendra les 3 virus suivants :

  • A/Michigan/45/2015 (H1N1) pdm09 (nouvelle souche) ;
  • A/Hong Kong/4801/2014 (H3N2) (sans changement) ;
  • B/Brisbane/60/2008 (sans changement).

Le choix a été guidé par l’observation des virus qui ont circulé pendant la précédente saison grippale et qui sont les plus susceptibles de circuler de nouveau cet hiver.

Les vaccins antigrippaux trivalents disponibles et pris en charge par l'Assurance Maladie pour la campagne 2017-2018 sont : IMMUGRIP, INFLUVAC, VAXIGRIP.

« Ne laissons pas la grippe nous gâcher l'hiver »

L'Assurance Maladie lance une nouvelle campagne de communication avec la signature « Ne laissons pas la grippe nous gâcher l'hiver ». Elle positionne la vaccination comme le premier geste de protection contre la grippe et souligne l’importance des mesures barrières, compléments indispensables à la vaccination. Une campagne spécifique est mise en place pour les établissements d’hébergement pour personnes âgées, attirant l’attention sur la vaccination du personnel soignant.

* Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2017 selon l'avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) publié en avril 2017. Pour le consulter, connectez-vous sur le site du ministère de la Santé.

Personnes pouvant bénéficier de la gratuité du vaccin

La stratégie vaccinale vise à protéger les populations les plus exposées aux risques de complications graves en cas de grippe, notamment les personnes à partir de 65 ans.

La vaccination est recommandée pour toutes les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d’hébergement, quel que soit leur âge.

Objectif : protéger les patients de la grippe

L’épidémie de grippe touche chaque hiver entre 2 et 6 millions de personnes en France.

Elle peut être grave, voire mortelle, en particulier chez les personnes fragiles, comme les personnes âgées ou atteintes de certaines maladies chroniques, les femmes enceintes, les personnes obèses ou les nourrissons. Des complications peuvent alors apparaître, telles que :

En 2016, la saison grippale a été caractérisée par :

  • la circulation quasi exclusive du virus grippal de type A (H3N2), connu pour être responsable de formes graves chez les sujets à risque, en particulier les personnes âgées ;
  • une épidémie précoce, d’intensité modérée en milieu ambulatoire mais avec un impact sévère chez les personnes âgées, avec un nombre important d’hospitalisations et de décès (14 400 décès attribuables à la grippe, dont 90 % ont touché les 75 ans et plus) ;
  • une couverture vaccinale insuffisante, avec moins d’1 personne sur 2 vaccinée.

Un bouclier sanitaire pour se protéger de la grippe

La vaccination antigrippale représente le moyen le plus efficace de prévention de la grippe saisonnière. Elle réduit incontestablement le risque de complications graves et de transmission du virus. Le rapport bénéfice/risque est très en faveur de l'acte vaccinal : peu, voire pas d'effets secondaires (le plus souvent des réactions locales légères et transitoires, plus rarement des effets systémiques bénins tels que de la fièvre, douleurs musculaires ou articulaires, céphalées, malaises). Alors que la diminution du nombre de décès grâce à la vaccination est conséquente (environ 2 000 décès évités en moyenne chaque année chez les personnes âgées).

Adopter des gestes barrières

La vaccination doit être complétée par l’adoption de gestes simples en période de circulation des virus grippaux comme :

  • appliquer strictement les précautions standard comme l’hygiène des mains et les autres mesures barrières (en particulier le port d’un masque chirurgical pour les personnes malades) ;
  • ne pas mettre des personnes fragiles en contact des personnes grippées.

L’efficacité de ces gestes est optimisée en les combinant. D’autre part, la promotion de la vaccination auprès du personnel soignant est essentielle.

La surveillance épidémiologique de la grippe

L’épidémie de grippe fait l’objet d’une surveillance par Santé publique France. L’évolution de la situation est publiée chaque semaine sur le site internet.

Zoom sur la vaccination en établissement d’hébergement pour personne âgée dépendante (Ephad)

Les modalités pratiques de vaccination des résidents

Si l’établissement d’hébergement pour personne âgée dépendante (Ephad) ne possède pas de pharmacie à usage interne (PUI)

La prise en charge du vaccin intervient en plus des forfaits de soins, à titre individuel dans le cadre du dispositif mis en œuvre pour l’ensemble des assurés éligibles à la vaccination. Un bon de prise en charge est alors nécessaire pour que l’assuré bénéficie de la gratuité du vaccin.

Les bons de prise en charge des personnes hébergées en établissements médico-sociaux sont adressés au lieu de résidence de la personne. Si l’affiliation a bien été réalisée auprès de la caisse pivot, le bon est adressé au résident à l’Ehpad.

Si le résident n’a pas reçu son bon de prise en charge à son adresse de l’Ehpad :

  • Le médecin coordonnateur de l’Ehpad a accès à un bon de prise en charge vierge sur l’Espace Pro d’ameli.fr. Il lui suffit de le compléter pour le patient concerné pour que cela tienne lieu de prescription. Ce bon permet au résident d’obtenir gratuitement le vaccin en officine.
  • Le médecin coordonnateur est habilité, par dérogation, à prescrire selon les termes du 13ème alinéa de l’article D.312-158 du code de l’action sociale et des familles. Il « réalise des prescriptions médicales pour les résidents de l'établissement au sein duquel il exerce ses fonctions de coordonnateur en cas de situation d'urgence ou de risques vitaux ainsi que lors de la survenue de risques exceptionnels ou collectifs nécessitant une organisation adaptée des soins. Les médecins traitants des résidents concernés sont, dans tous les cas, informés des prescriptions réalisées ».

En conséquence, le médecin coordonnateur peut prescrire le vaccin contre la grippe sur le bon de prise en charge.

Si l’établissement possède une pharmacie à usage interne (PUI)

Le produit vaccinal est couvert par le forfait de soins de l’Ehpad. Dans ce cas, le bon de prise en charge du patient n’est pas nécessaire.

À noter : quelle que soit l’option tarifaire choisie par les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (tarif global ou partiel), qu’ils aient ou non une PUI, l’acte infirmier d’injection du produit vaccinal est couvert par le forfait de soins à la charge de l’Assurance Maladie versé à l’Ehpad.

La vaccination des personnels soignants

La vaccination est fortement recommandée chez les professionnels de santé pour le bénéfice collectif qu’elle représente.

Les soignants en établissements représentent une population à risques majorés d’infection dans la mesure où ils peuvent être des vecteurs de transmission du virus dans les établissements de soins. Or, l’infection grippale chez des patients souvent âgés et/ou fragilisés par des pathologies chroniques expose ces derniers à un risque élevé de complications1.

Or, le taux de couverture vaccinale de ces professionnels demeure très insuffisant puisqu’il se situe en dessous de 25 %.

Dans un contexte de lutte contre les infections à transmission nosocomiale et en vertu du caractère altruiste de la vaccination des professionnels de santé², il convient de rappeler l’importance de la vaccination antigrippale qui représente le moyen le plus efficace de prévention de la grippe saisonnière.

Il relève de la responsabilité des établissements d’organiser la vaccination de leur personnel soignant en s’appuyant, en fonction des caractéristiques de l’établissement, sur les services de médecine du travail, sur les services d’infectiologie ou encore sur les services d’hygiène.

1 Avis du Haut conseil de la santé publique des 27 septembre et 7 octobre 2016 relatifs aux obligations vaccinales des professionnels de santé.
² Loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 modifiant l’article L. 3111-4 du code de la santé publique.